L’ arbre à cuire - 25 juillet 2015

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Dernièrement mon épouse a été invitée à une sortie surprenante, pour le moins très originale. Il s’agit d’un repas organisé autour autour de « l’arbre « et cuisiné à même le tronc, d’où le nom d’arbre à cuire
L’instigateur de cette journée, créateur du concept, qui se définit comme artiste plasticien, a fait coupé et travaillé un chêne de plus de 20 mètres de long. Des plans de cuisson, des planchas et foyers genre barbecue y ont été incorporés.

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C’est à un chef étoilé de la région que l’élaboration du repas a été confiée. Après l’apéritif on a servi des truites du morvan, réchauffées au barbecue, du cochon de lait farci avec légumes,fromage et dessert. Bien entendu le repas a été bien arrosé de vins blancs et rouges de la proche région viticole de la côte chalonnaise. Les assiettes étaient en bois brut, en fait des rondelles de bois découpées dans des branches de « l’arbre »

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Le cadre avait de quoi émerveillé les quelques 180 personnes présentes au repas. Celui-ci se déroulait dans une clairière où on avait déposé « l’arbre » dans la magnifique forêt qui recouvre le Mont Beuvray, colline du Morvan. En plus c’est un lieu chargé d’histoire car en son sommet se dressait le vaste oppidum gaulois de Bibracte qui abritait une importante population d’Eduens. D’ailleurs, des fouilles archéologiques s’y déroulent depuis de nombreuses années.

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Il y avait de quoi en mettre plein la vue. Pour moi c’est le côté clinquant C’est une opération bien montée qui a démarré depuis plusieurs mois. La presse en a parlé. Pour financer un appel aux dons a été lancé, et une coquette somme, (30000 euros d’après le journal de Saone et Loire) a été engrangée. comme quoi c’est plus facile de récupérer de l’argent pour l’amusement que pour une cause humanitaire ou autre. Côté repas, ce n’était pas tout à fait ça non plus. Un arbre n’obéit pas, même à un chef étoilé comme son « piano » le ferait. La truite servie à ma femme n’était pas assez cuite et froide. Un autre convive m’a avoué avoir jeté discrètement la sienne dans la forêt. En plus il a fallu rester debout durant toute la durée du repas qui s’est prolongé jusqu’en fin d’après-midi. Alors à 50 euros le repas…….
Que penser de tout cela? Expression d’un art contemporain, délire d’artiste , façon de se faire de l’argent facilement, attrape-nigauds ? J’ai bien ma petite idée

Les articles du JSL

A bientôt

Tendre des cordes ou tendre des clous - 5 juillet 2015

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Dernièrement en faisant du rangement j’ai retrouvé la vieille musette contenant les clous de fond ou « cordes » que l’on a utilisés jusque dans les années 70 -80 avec mon frère et beau-frère. A cette époque il ne se passait pas un été sans que nous ne « tendions des cordes » 3 ou 4 fois, voire plus. C’était une façon de pêcher un peu particulière, pratiquée par les anciens quand ils voulaient manger du poisson, autorisée pour ceux qui avaient un permis de pêcher.

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Déjà, c’est une technique de pêche de nuit; nul besoin de canne ni de fil nylon fin et invisible. Une cordelette tressée très résistante et des bas de ligne eux-aussi en cordelette juste un peu plus fine suffisent; Les hameçons se doivent d’être suffisamment forts pour résister aux gros poissons et aux anguilles de rivière très combatives. En plus les gros hameçons sélectionnent la taille des prises. La corde n’est pas faite pour pêcher le menu fretin.
Nos clous faisaient une dizaine de mètres de long généralement pourvus de 4 hameçons montés sur des bas de ligne d’environ 40 cm fixés à la cordelette principale tous les 1,50 m — 2 m . il faut un lest à une extrémité. On avait opté pour des plaquettes de plomb peu encombrantes, suffisamment lourdes et faciles à lancer. On aurait pu aussi se servir d’un caillou trouvé sur place dans le lit de la rivière

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Quand on avait décidé de pêcher, c’était tout un travail qui s’en suivait mais cela faisait partie de nos loisirs préférés de l’été; Il fallait déjà préparer le matériel. Pour la vérifier chaque corde était étendue pour remettre ou changer les hameçons manquants ou abimés. Ensuite on l’enroulait soigneusement sur une palette de bois tendre dans lequel on pouvait planter les hameçons. Ceci évitait tout risque d’ emmêlage synonyme de perte de temps au moment de tendre nos lignes

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Ensuite il fallait trouver les appâts vivants. Pour cette technique de pêche le roi des appâts, c’est la chatouille ou lamproie de Planer. on ne la trouve que dans la boue des ruisseaux ou des gros fossés. Elle ne vit pas en eau claire et vive. Le problème est qu’il faut pelleter cette boue pour les débusquer. Et là il ne faut pas craindre ses peines car parfois il faut en pelleter en grande quantité pour capturer suffisamment d’appâts.Il faut la gagner cette partie de pêche, mais cela fait partie du jeu. Quand on ne trouvait pas assez de chatouilles on se rabattait sur de gros lombrics. Mais ceux-ci pouvaient être attaqués par les poissons de petite taille qui ne se prenaient pas à l’hameçon; on employait aussi des poissons « vifs » mais on n’a jamais obtenu des résultats mémorables

On attend le crépuscule pour se rendre au bord de la rivière. Arrivés sur place, chacun connait son rôle: un qui déroule la corde , un qui prépare les appâts, un qui les fixe au hameçons sans les tuer. On attache une extrémité à une branche basse de la rive et l’autre au lest en plomb. On lance celui-ci de façon que la ligne soit tendue, bien perpendiculaire au cours de la rivière. Puis on va un peu plus loin dans un endroit que l’ on sait propice à cette pêche.Quand on a fini de tendre nos engins, parfois une dizaine, ce qui représente 40 hameçons, il fait nuit noire. Il faut dire qu’on préfère pêcher par temps couvert ou par nuit sans lune; le poisson distingue moins bien le piège grossier qui lui est tendu. En retournant à la maison on se remémore chaque endroit où une ligne est tendue, et on fait des pronostics sur les résultats.

Le lendemain matin il faut se lever très tôt, avant l’aube. Il faut être sur place au point du jour. C’est important car attendre plus tard est prendre le risque de voir le poisson se décrocher ou une corde relevée par un « concurrent »plus matinal. Pour accéder à la rivière on traverse le pré dans la quiétude de la campagne qui s’éveille. L’est s’éclaire doucement. L’air est frais, chargé par un doux parfum de chlorophylle. Instant privilégié. Une légère brume semble suspendue au-dessus de la rivière. Surpris par notre arrivée si matinale, un héron semblant terrorisé s’envole en poussant un cri. Chaque fois c’est l’exaltation quand une corde n’est plus comme on l’a laissée la veille ou qu’ une branche est secouée par les soubresauts d’une grosse prise. On relève les cordes chacun à notre tour pour avoir le plaisir de sentir le poisson se débattre et l’amener sur la rive. chaque corde est enroulée sur sa planchette. On refait le même trajet que la veille pour n’oublier aucun emplacement de ligne. Une nichée de colverts décolle bruyamment.

Nous rentrions rarement bredouilles, on ramenait des kilos de poissons. Nos prises se résumaient à de gros chevesnes , des gros barbeaux, (nous, on les appelle barbillons) mais aussi des anguilles. Les plus gros spécimen trainent la corde, la vrillent, l’emmêlent dans des embâcles. Il faut parfois se mettre à l’eau pour tout récupérer. C’était un plaisir supplémentaire à ce type de pêche.

Quand on parle de ruralité ………

A bientôt

Le barbillon est un poisson de moindre qualité et sa chair renferme des arêtes en grand nombre. Mais c’est agréable à pêcher car ils pèsent souvent plus du kilo.

les foins dans la vallée de l’Arroux - 9 juin 2015

Il a fait très beau la semaine dernière et tous les éleveurs en ont profité pour récolter les foins. En témoignent les photos que j’ai prises depuis la voiture sur la D 994 dans la vallée de l’Arroux Ce n’est pas chose facile quand on roule à 90 km à l’heure

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beaucoup d’enrubannage

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des balles de foin

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encore du foin

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Au travail

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du foin fraichement coupé

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On a travaillé dur dans la région

A bientôt

Marche des pierres qui croulent - 31 mai 2015

Début mai nous avons participé à la randonnée des « pierres qui croulent », une marche organisée par 5 communes limitrophes dans les collines morvandelles. Cette fois c’était la commune de Dettey qui recevait et organisait; trois parcours étaient proposés, 5,5 km, 11 et 20 km. Nous avons opté pour la marche de 11 km et nous sommes passés à l’inscription
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Nous voilà partis sur le sentier balisé
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A un détour du sentier on se trouve face à un amas de roches granitiques baptisé « le profil de Napoléon

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Un peu plus loin on arrive devant la pierre la pierre qui croule . On dit qu’elle pèse 47 tonnes mais qu’en exerçant une poussée à un endroit précis on peut la faire bouger légèrement

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Dettey,le Balcon du Morvan est situé en haut d’une colline et les sentiers de randonnée sont une succession se descentes qui fatiguent les genoux et de montées qui « cassent les pattes » On marche dans les sous-bois on découvre une mini cascade, des ruines abandonnées, ou des maisons bien entretenues

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Après une montée harassante, Chantal est un peu à la traîne
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Mais bientôt notre sentier pentu débouche sur un plateau dégagé et nous trouvons le stand de ravtaillement tenu par le foyer rural de la Tagnière. On peut prendre un petit en-cas et faire tamponner nos cartes pour attester de notre passage

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Puis on reprend le chemin, le décor change un peu ,un vue sur les collines morvandelles, P1030209

des prés ou se reposent des charolaises
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des prairies fleuries
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La route parait longue les jambes semblent plus lourdes. Heureusement on arrive au second stand de ravitaillement tenu par les gars de Saint Eugène. On se restaure légèrement et on peut prendre une boisson fraîche

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On attaque alors le dernier tronçon. Mais on a fait beaucoup de descente et maintenant il faut remonter au village en haut de la colline. Il fait chaud et les derniers km sont difficiles. Nous ne sommes pas fâchés d’en terminer; on fait enregistrer notre arrivée. Les marcheurs peuvent prendre un repas complet qui remporte un bon succès mais auquel nous ne participerons pas.

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Nous n’avons pas été les plus rapides mais nous avons passé un bon après-midi, sportif

A bientôt

Le palefrenier - 4 avril 2015

Etalon

On ne peut pas dire que c’est un métier disparu mais plutôt une activité saisonnière que j’ai connu et qui n’a plus cours aujourd’hui. C’est celle de palefrenier (palefournier en patois) ou d’étalonnier pour d’autres
Jusque dans les années soixante les travaux agricoles se faisaient exclusivement avec les chevaux qui avaient supplanté les boeufs. Toutes les fermes possédaient plusieurs chevaux de trait « adroits » (qui pouvaient être attelés et savaient travailler) principalement des juments. Il y avait parfois un mâle castré plus puissant que les femelles. On ne se contentait pas de faire travailler les juments; On les faisait pouliner tous les ans, ce qui procurait un revenu complémentaire. Les produits étaient vendus pour la viande. Les boucheries chevalines étaient encore en vogue. On gardait parfois une pouliche pour remplacer une jument vieillissante ou une qui ne faisait plus l’affaire.

Il n’y avait pas un étalon dans chaque exploitation. On avait recours à celui qu’on appelait le palefrenier. C’ était souvent un employé saisonnier d’une personne qui possédait plusieurs étalons de race et qui tirait un revenu de l’activité de ses animaux. Le palefrenier parcourait la campagne à pied, de ferme en ferme, avec son étalon énorme et puissant, là où il était attendu. Je me souviens, et ça m’amusait beaucoup, de l’avoir vu arriver assis en travers du dos de sa monture. Je suppose que la position normale de cavalier était malaisée vue la largeur du dos de l’animal.

Quand on avait fait appel au palefrenier il venait 9 jours après que la jument ait pouliné. L’étalon faisait son oeuvre. Puis il revenait 10 à 12 jours après . La jument était présentée au reproducteur. Je me souviens des ronflements du mâle excité, des hennissements bruyants et nerveux de la jument. Les parents nous empêchaient d’assister à la scène mais on arrivait parfois à contourner l’interdit; saine éducation sexuelle, en fait. Si à son comportement le palefrenier voyait que la jument était revenue en chaleur, il la faisait couvrir à nouveau. Il faut dire que les chaleurs ne sont pas détectables sans la présence du mâle. Il repassait à nouveau 10 à 12 jours après pour une nouvelle présentation. Si la jument était présumée pleine il ne revenait qu’au bout de 3 semaines pour s’assurer qu’elle était bien en gestation. C’était ainsi pour chaque jument de la ferme. Toutes ne poulinaient pas le même jour ce qui occasionnait beaucoup de passages de l’étalon. Le coût de la saillie était établi quelque soit le nombre de passages. D’après ce qu’on m’a dit la campagne durait de mars à la Saint Jean.Pour ce paragraphe j’ai demandé des renseignements à un ancien.

Le palefrenier avait ses habitudes, ses maisons. Il savait où il était bien accueilli, où il pouvait prendre ses repas, et même dormir. Il n’était pas question de rentrer chaque jour chez lui à pied. Il montait dans le grenier chercher une bonne ration d’avoine, le picotin, pour son animal. C’était pour lui apporter de l’énergie, du « nerf », pour honorer plusieurs femelles le même jour. ( je crois que certains vont penser avoine = aphrodisiaque !!)
Puis avec la mécanisation, fin des années 50, début 60,( chez nous le 1er tracteur est arrivé en 1955), on eut de moins en moins recours aux chevaux de trait pour les travaux agricoles. Le nombre de juments régressa rapidement dans les fermes. C’est en camion que le palefrenier déplaçait son étalon. Il restait encore quelques juments conservées par affection, par habitude, pour effectuer de menus travaux comme la culture des pommes de terre et des betteraves et pour pouliner.Puis, les années passant il cessa son activité faute de juments en nombre suffisant

Depuis quelques années, on assiste à un retour en force du cheval de trait, un engouement pour le cheval lourd. Même des jeunes se sont laissés séduire. Preuve en est le nombre de juments présentes au concours annuel dans notre commune. Mais c’est vraiment pour le plaisir. Pour la plupart, les juments ne travaillent plus du tout et le poulain qu’elles élèvent est très peu valorisé. Plus besoin d’étalon ni de son palefrenier, on a recours à l’insémination artificielle pour la majeure partie des juments. Moins drôle pour l’étalon !

Quelques noms courants pour les juments. Margot, Comtesse, Ponette, Baronne, Marquise, Riquita

A bientôt

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A propos des vêlages - 21 mars 2015

que d'herbe

Dans la région, en élevage charolais, février et mars sont le gros moment des vêlages. C’est une période très importante pour l’ éleveur car de la réussite de ceux-ci dépend l’avenir de son troupeau et du coup de sa rémunération. Aussi à cette saison, quand je retrouve des voisins ou des amis, la mise-bas est un sujet qui revient souvent dans la conversation. Chacun parle du déroulement de ses vêlages, du surcroit de travail, des difficultés qu’il rencontre ou de ses déboires et de ses pertes ou de sa réussite insolente . A chaque fois je me dis que j’ai connu tout ça. En effet, en 40 ans (en gros) d’activité je pense avoir vu naître entre 2400 et 2600 veaux et avoir connu tous les cas de figure que l’on peut rencontrer au cours des campagnes de vêlages. Je veux, aujourd’hui tenter d’en dresser une liste.

mise bas normale : c’est la plupart des cas; la vache vêle seule, elle expulse le veau, se relève, le lèche. Le veau est dégourdi, il cherche à téter rapidement

naissance gémellaire : J’en ai eu beaucoup. en général cela se passe bien; les jumeaux sont de petite taille, la vache les expulse facilement l’un après l’autre. Mais ils peuvent mal se présenter à la sortie, « être emmêlés »; il faut bien distinguer les pattes de chacun, les mettre en bonne position pour les sortir en bonnes conditions. Il arrive aussi, je l’ai connu plusieurs fois, de trouver un ou les deux veaux morts avant la naissance, suite à un part trop long ou le cordon ombilical coupé dans le ventre de la vache

veau mal tourné (dans notre jargon) En fait le veau se présente dans une position qui l’empêche de sortir. Normalement il se présente les 2 pattes avant les premières la tête posée dessus légèrement en retrait. Mais le veau se présenter les pattes arrières les premières; il est préférable d’accoucher la vache debout . J’en ai vu se présenter par le siège, le cul le premier comme on dit, pas facile à sortir. Il peut arriver sur le dos, ou bien avec une patte avant repliée au lieu d’être étendue à côté de l’autre, ou bien la tête en bas. A chaque fois il faut remettre le veau en place, et si il est gros ce n’est pas toujours facile; c’est un travail d’éleveur qui demande force et savoir faire . On peut avoir à faire à une torsion de matrice. Celle ci a fait une rotation avec le foetus et le col se trouve étranglé. C’est au vétérinaire d’y remédier

– veau trop gros par rapport à la vache, assez courant en élevage charolais. Si à la fouille le veau parait très gros et qu’il ne s’engage pas du tout, la solution est vite trouvée, c’st la césarienne. Si on voit qu’il y’a une progression à chaque contraction de la vache on aide à l’extraction en utilisant une vêleuse.Il faut parfois tirer très fort. J’ai toujours été surpris par la résistance à la traction des veaux naissants. Ce que l’on redoute le plus c’est que le veau ne se coince dans le bassin de la vache. Cela arrive si le veau n’est pas trop large d’épaule, qu’il s’engage facilement mais que son train arrière soit très gros. C’est irréversible, l’épisiotomie est inutile et c’est trop tard pour pratiquer une césarienne. Il faut l’extraire coûte que coûte C’est très stressant car cela peut avoir de graves conséquences, veau abimé, ou paralysé du train arrière voire mort dans la vêleuse. J’ai vu une fois pour le sortir, le vétérinaire découper le veau en morceaux à l’intérieur du ventre de la mère l’aide d’une scie-fil. La vache est souvent touchée elle aussi, elle peut rester au sol plusieurs jours, voire ne jamais se relever et crever.

– veau coelosomien, un dans ma carrière. C’est un veau « monstre » à la colonne vertébrale courbée à l’inverse de la normale et les boyaux à l’extérieur de la cavité abdominale. Il n’a vécu que quelques minutes

– veau momifié, un également. Le foetus, mort à l’intérieur de la matrice, est devenu une masse noire, informe. la vache n’est aucunement gênée. La vache avait dû le porter très longtemps. C’est le retour en chaleur qui a déclenché l’expulsion de la « momie »

– veau hydropique : C’est un veau mort que l’on sort. il est œdémateux, comme gonflé d’eau. La mère souvent amaigrie, au ventre énorme perd une quantité impressionnante d’eau (liquide amniotique) au moment de la naissance. J’en ai connu quelques cas et à chaque fois la vache a frôlé la mort

– veau mort dans le ventre de la vache, cordon ombilical rompu sans qu’on ne sache pourquoi

veau anoxié , il a été trop longtemps en naissance, la tête coincée à la sortie ,dans la vulve, le cerveau privé d’oxygène. Il a un comportement anormal, n’a pas toutes ses facultés, ne se tient pas debout n’arrive pas à téter. C’est souvent la mort qui l’attend.

– accident de vêlage : Je viens de parler du vêlage proprement dit mais j’ai connu ce que j’appellerai l’accident de vêlage sur la vache

avortement Suite à une pathologie, à une glissade sur le béton de l’étable, ou à un coup de corne d’une congénère la vache peut s’avorter, mettre bas plus ou moins loin de son terme. j’ai vu quelques fois sauver le veau lors d’avortements tardifs

– matrice perforée: une fois Lorsque le veau est gros et que la vache pousse très fort, une patte arrière du veau peut transpercer la matrice. Mortel pour la vache. J’en ai vu une abattue d’urgence à la porte de l’étable. Maintenant c’est interdit. Aujourd’hui si c’est possible la chirurgie peut y remédier

– prolapsus utérin ou renversement de matrice J’ai vu cela de nombreuses fois. Dès le veau sorti ou quelques heures après la naissance la vache se remet à pousser comme pour accoucher et la matrice sort (comme une chaussette qu’on retourne à l’envers) J’appelais toujours le véto pour tout remettre en place et en général c’est sans séquelles Le principal danger est qu’une artère ou veine ne se rompe ou qu’une autre vache ne pose un pied dessus causant une hémorragie interne provoquant la mort de la vache. Je l’ai vu 2 fois

– vache qui se couche pendant la césarienne, le flanc béant, le veau encore à l’intérieur. ( 1 fois) On a contenu les viscères comme on a pu, surtout la panse qui sortait comme un gros ballon de baudruche par la plaie à chaque poussée de la vache; très spectaculaire et affolant. Je n’aime pas voir une vache crever. Mais tout s’est bien terminé grâce à un deuxième vétérinaire et à des voisins venus en renfort; Cela faisait beaucoup de monde dans l’écurie. Contre toute attente vache et veau s’en sont bien tirés.

– vache déchirée. (quelques fois) Cela arrive parfois sur des primipares. La vulve insuffisamment dilatée se déchire au passage de la tête du veau. Si elle est trop abimée le vétérinaire » recoud » à l’intérieur. Laisser pousser la vache plus longtemps ou une épisiotomie auraient peut-être évité d’en arriver là

– Rétention de placenta, 1ou 2 cas par an . La vache ne se délivre pas ou mal, surtout en cas de jumeaux; Il faut enlever le mieux possible le placenta qui reste accroché, à la main et mettre des oblets d’antibiotiques pour éviter toute infection.

– Vache qui reste au sol. quelques cas. Après un vêlage difficile, si le veau est resté un bon moment coincé dans le bassin j’ai vu des vaches ne pas se relever juste après le vêlage; Ce n’est pas bon signe. Si dans les 24 heures elles ne sont pas debout on les aide comme on peut avec des sangles,un palan pour les soulever tout en apportant des soins vétérinaires adaptés.

Je crois que j’ai fait le tour de ce que j’ai connu en 40 ans en matière de vêlage mais je pense que la liste n’est pas exhaustive, j’ai bien du faire quelques oublis; En tout cas cela reflète bien la vie de l’éleveur naisseur en race charolaise. Tous les ans c’était bien du souci et de la fatigue même si ça ne se passait pas trop mal. Je suis bien content d’en avoir terminé

A bientôt

Deux morvandiaux à Paris - 23 février 2015

Paris

Depuis quelque temps il avait été décidé que nous irions passer quelques jours à Paris auprès de nos petits-enfants, leurs parents partant à l’étranger. Avant, nous n’aurions jamais imaginé, même en rêve de quitter la ferme en février, plein moment des vêlages. La retraite a du bon. Nous n’avons pas hésité une seconde à répondre présent pour aller assurer l’intendance et tenir la maison durant une petite semaine.
Mardi dernier le TGV à bord duquel nous avons pris place à la gare du Creusot TGV nous dépose au coeur de Paris après 1h20 de trajet. Dès que je mets le pied en hors du wagon je me sens happé par la mégapole parisienne. Le quai grouille de gens, marchant tous dans la même direction, tirant leur valise à roulettes. On se fond dans la foule. C’est juste si Seb nous repère. Nous sortons de la gare gigantesque je retrouve l’odeur caractéristique pas désagréable mais, indéfinissable qui me rappelle que je suis bien à Paris. Seb conduit avec dextérité la petite Autolib dans un flux de voitures auquel nous ne sommes pas habitués. Je n’aimerais vraiment pas tenir le voulant. Les 2 roues se faufilent, slaloment, il faut faire attention aux piétons, au bus, bien prévoir les changements de direction, savoir où on va … La circulation est plutôt fluide, nous avons le temps d’apercevoir quelques grands édifices parisiens, la Seine, la tour Eiffel bien sûr.
L’appartement est clair, ensoleillé presque aussi calme qu’à Vernois. C’est surprenant; seuls quelques klaxons et sirènes de pompiers viennent troubler la tranquillité. Le problème c’est que l’appartement est au cinquième sans ascenseur, dur pour les mollets et le souffle. On ne peut pas tout avoir. Nous avons vite fait de prendre nos marques. Quand les enfants rentrent de l’école ils disent retrouver l’ambiance de Vernois surtout en ce qui concerne les menus.
Pendant notre séjour parisien nous avions prévu des sorties. La première est pour Montmartre, le Sacré Coeur, la place du Tertre avec ces peintres. Sous le soleil l’endroit est magnifique. La bise glaciale a chassé toute forme de pollution et la vue sur Paris est d’une netteté inhabituelle. Les touristes sont innombrables mais on n’ entend guère parler français.
Le lendemain nous sommes allés au Louvre que nous connaissions ni l’un ni l’autre. Là on en prend pleins les yeux, si bien à l’extérieur, magnifique et gigantesque architecture qu’à l’intérieur. On peut admirer, voir en vrai les tableaux très célèbres qu’on ne connait que par les livres, les revues ou la télé. Là on peut se faire une idée de la beauté des peintures, de la taille des tableaux gigantesques comme « le sacre de Napoléon » aux plus petits comme l’incontournable « Joconde » inapprochable tant la foule se presse dans la salle qui lui est réservée.
Un autre jour a été consacré au Musée d’Orsay. Là encore nous avons pu côtoyer des oeuvres de sculpteurs et de peintres célèbres. La visite est très agréable; les espaces dédiés à chaque artiste est plus confidentiel, on prend plus le temps de les apprécier.
Tout cela est le côté agréable mais pour nous la vie parisienne n’est pas toute rose. Dès qu’on a quitté l’appartement c’est la « rue », du monde, des immeubles,des autos ….. On doit chercher son chemin, consulter les plans des lignes de bus, des rue et des lignes de métro. On a peur de se tromper, on se trompe. Il faut faire attention en permanence aux voitures, aux feux de circulation, aux obstacles divers sur le trottoir, aux crottes de chiens. Les piétons, nombreux, pressés, souvent l’oreille collée au smartphone marchent d’un pas assuré. Il faut suivre le mouvement, ne pas « lever le nez » sinon on gène. On a bien recommandé à Chantal de faire attention à son sac qu’elle porte en bandoulière et à moi de me méfier des pickpockets nombreux dans les lieux touristiques. Dès que l’on veut se déplacer on ne peut éviter les transports en commun, payer chaque déplacement; à 1,5 euro environ le billet ça finit par couter cher à la fin de la journée. Dans le métro, les bus, c’est la promiscuité; A chaque arrêt je vois plein de gens monter et j’ai l’impression que peu descendent . On se serre, on finit par être entassé comme des boeufs dans une bétaillère, tout cela dans l’indifférence de chacun. Souvent isolés par un casque ou des écouteurs sur les oreilles ou bien le nez plongé dans un livre personne ne se parle. La convivialité n’est pas de mise. Pourtant Chantal arrive à engager des conversations. Pour nous c’est fatigant, on est bien loin de notre vie campagnarde, de notre monde rural.
Mais c’est une bonne expérience, je ne regrette pas notre escapade parisienne. J’espère même recommencer, Paris est une tellement belle ville et il y a tellement de belles choses à voir. Je crois cependant que j’aurais beaucoup de mal à m’adapter à cette vie urbaine s’il fallait que j’aille y vivre en permanence. L’espace, l’air pur, les arbres et les prés auraient vite fait de me manquer. Je plains les gens obligés de vivre dans cet univers urbain.

A Bientôt

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  • Bernard
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    en Bourgogne

    Je voudrais à travers ce blog vous faire partager simplement la vie dans une ferme d’élevage charollais traditionnel dans notre belle région du Sud Morvan.

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