les foins dans la vallée de l’Arroux - 9 juin 2015

Il a fait très beau la semaine dernière et tous les éleveurs en ont profité pour récolter les foins. En témoignent les photos que j’ai prises depuis la voiture sur la D 994 dans la vallée de l’Arroux Ce n’est pas chose facile quand on roule à 90 km à l’heure

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beaucoup d’enrubannage

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des balles de foin

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encore du foin

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Au travail

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du foin fraichement coupé

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On a travaillé dur dans la région

A bientôt

Un si joli printemps,pourtant - 22 mai 2011

Pour la majorité des gens un tel printemps est un vrai bonheur. on ne peut rêver mieux. Il faut bien être paysan pour demander la pluie. Moi aussi, au début je trouvais ce temps plutôt agréable et même très favorable pour mon travail. Je n’avais jamais remis les animaux au pré si tôt. Les bêtes avaient regagné les prés dès la fin février pour les premières puis progressivement en mars pour les autres. Au 1er avril les étables étaient pratiquement vides alors qu’ habituellement le gros de la troupe ne sort guère qu’au 10, voire 15 avril.
Mais cette joie printanière a doucement fait place à l’inquiétude puis tourné au cauchemar. On ne parle plus que du manque d’eau, de l’absence de pluie depuis mars. Heureusement qu’il avait beaucoup plu fin décembre pour recharger les sources. Les crues que je maudissais alors, ont été en fait bien bénéfiques.
D’autres éléments climatiques à prendre en compte nous ont amenés à cette situation de disette. Les gelées ont été très fréquentes en avril et même début mai, les dernières datant du 14 mai. Même s’il y avait encore de l’humidité dans le sol,le froid a arrêté net la pousse de l’herbe. Les vents de nord, nord-est, est, (le vent des Rameaux) conjugués à ce froid ont fait beaucoup de mal aux pâturages. Ensuite le soleil, les chaleurs inhabituelles à cette saison, ont pris le relais et achevé le travail. L’herbe se flétrit, jaunit, crève sur pied dans les terres plus sablonneuses de bord de rivière. Je ne vais plus dans les prés les après-midi tellement c’est déprimant. Le soleil que j’apprécie tant d’habitude est devenu mon ennemi.
Même si j’ai déjà connu des années de sécheresse remarquables, difficiles, je me retrouve devant une situation inédite. Je n’ai plus ou presque de fourrage engrangé. Les animaux n’ont pas encore trop souffert, il reste encore un peu d’herbe semi-sèche. Rien à voir avec un mois de mai normal. C’est pendant ce mois, mois de la « pousse »que le stock d’herbe à paître et de futur foin se constitue et cette année c’est bien maigre. Je ne vois aucun foin pousser. Comme d’habitude j’ai fait pâturer mes prés de fauche et enlevé les animaux début mai. Et depuis,rien. L’engrais destiné à faire foisonner le foin est resté dans les sacs sous le hangar.. Sans pluie il n’est d’aucune efficacité.
Les céréales, je n’ose en parler. Elles sont à Croix de Roche, en haut de la colline où les terres sont séchantes ,convenant bien mieux en années humides. L’avoine de printemps est d’ores et déjà fichue et le triticale ne vaut guère mieux. J’envisage fortement de le faucher et de le mettre en balles sous plastique. Cela pourra toujours faire un aliment de secours.
En résumé: l’herbe, plus guère. Le foin, pas ou très peu; peut-être quelques balles dans 3,5 hectares qui n’ont pas été broutés. Les céréales, il faut oublier. Les stocks,au plus bas, 50 balles foin et paille confondus.
Voyez que la situation n’est pas brillante, décourageante. Je n’ai jamais été confronté à un tel problème et le pire c’est que je n’ai pas de solution. A cette époque de l’année le fourrage grossier pourtant indispensable aux ruminants est introuvable. Si on en trouve, le prix prohibitif est très dissuasif. La solidarité paysanne, un mythe, je crois. Il faut attendre l’été, la moisson; Encore faut-il que les animaux tiennent jusque là! après on verra.
Pour l’instant la première mesure que j’ai prise est d’avoir vendu un maximum d’animaux. J’ai même anticipé les ventes sur certaines catégories. Je n’ai gardé que les vaches suitées, les taureaux et des génisses de remplacement. Le chargement à l’hectare est allégé au maximum.
Il me reste un faible espoir. Nous ne sommes qu’en mai. Si des pluies conséquentes arrivaient bientôt je pense que je pourrais limiter les dégâts, peut-être pas pour les céréales mais pour l’herbe et le foin. De toute façon c’est une année qui va coûter très cher.
Les anciens disent que « la Pentecôte met les foins ou bien les ôte » J’espère qu’elle les mettra en inversant cette tendance météorologique et nous procurant un temps plus favorable. En attendant il m’arrive de rêver de pluie.
A ceux qui détestent la pluie et que j’énerve en la réclamant je leur dis « n’oubliez pas que l’eau c’est la vie »

A bientôt

Journée de battoir à Vernois - 26 septembre 2010

Cela faisait un bon moment que je l’attendais. Pour moi la journée de battage est synonyme de fête, de curiosité, de jeux.
Le « battoir », il est arrivé hier soir, un important convoi composé de la batteuse, une Breloux, la presse, et une remorque chargée de tuyaux, de cales en bois de tailles diverses, de courroies, et diverses choses, le tout tiré par un tracteur Soméca. Les « mécaniciens » (c’est ainsi qu’on appelle l’entrepreneur de battage et son ouvrier) ont « calé » dans la nuit. La batteuse,stationnée devant la grange doit être parfaitement d’aplomb. Pour cela les mécaniciens la soulèvent au cric jusqu’à décoller les roues et la posent sur des cales en bois tout en contrôlant que l’horizontalité soit parfaite dans tous les sens. La presse installée devant est calée également, parfaitement alignée avec la batteuse et le tracteur placé plus loin. Les courroies d’entraînement doivent parfaitement tomber sur les poulies. Leur travail terminé, les mécaniciens ,restent souper et couchent à la ferme.
Il est très tôt, cinq heures peut-être. Une certaine activité règne déjà dans la maison. L’excitation que procure une telle journée ne m’incite guère à dormir et je guette tous les bruits. Le battoir va bientôt commencer
Le jour n’est pas encore levé que les premiers participants arrivent et entrent prendre le café. Je les entends parler. Si je veux profiter pleinement de la journée je crois qu’il est temps de me lever au grand dam de ma mère qui aurait préféré que je reste au lit plus longtemps. Il faut être une quinzaine de personnes pour faire tourner le battoir: les 2 mécaniciens, les 2 hommes de la ferme,et les paysans des fermes voisines qui pour une grande partie sont des gens de la famille.
Il faut compter 4 personnes dans la grange pour dépiler les maillettes ( les gerbes) ,faire la chaîne pour les amener sur le monte-gerbes (genre de tapis roulant) qui va les convoyer en haut de la batteuse. Là, le mécanicien délie la gerbe et l’introduit dans le batteur.
Trois gars costauds,les porteurs de sacs,sont chargés d’emporter le grain qui va sortir de la batteuse. Tout la journée ils vont transporter les sacs sur l’épaule, gravir deux étages jusqu’au grenier pour y vider leur fardeau.
La paille va occuper pas moins de 4 personnes. La presse crache régulièrement les « bouchons » qu’il faut empiler en une meule de paille qu’on appelle «  le plongeon ». Là il faut un spécialiste capable de monter son plongeon tel un bâtiment ,le terminer façon toit de chaume, imperméable à la pluie. Ce sera la seule protection contre les intempéries pour attendre l’hiver, que la paille soit consommée.
Aux premières lueurs de l’aube, le tracteur démarre et lance la machine. Poulies et courroies se mettent en mouvement. La batteuse et la presse atteignent rapidement leur rythme de fonctionnement dans un bourdonnement caractéristique,régulier et monotone qui va accompagner toute la journée. C’est le signal du départ ,tout le monde va prendre son poste. Le gerbier est entamé, la batteuse avale les maillettes,les premiers sacs se remplissent de grains. les faiseurs de plongeon n’ont même pas besoin de mètre ou d’équerre pour commencer une meule parfaitement rectangulaire. La balle (enveloppe du grain dans l’épi) qu’on appelle la « bouffe » est récupérée. C’est un puissant ventilateur ,le « chasse-bouffe » qui la propulse par des tuyaux à l’endroit désiré. La balle de blé est soufflée dans un local, l’écurie de la bouffe. Mélangée à des betteraves broyées elle servira de nourriture aux animaux pendant l’hiver.
Vers huit heures, le battoir s’arrête. C’est l’heure du casse-croûte. Tous les travailleurs se retrouvent autour de la table de battoir, un plateau de quatre mètres posé sur des tréteaux, installée pour l’occasion. Ma mère, levée depuis les quatre heures du matin a préparé un pot au feu. Menu: soupe de pot au feu,viande avec les légumes de cuisson,fromage ,tarte, café. J’ai ma place,et même si la soupe ne m’inspire guère j’en prends quand même pour faire comme les hommes. Ce repas bienvenu,vite englouti, les mécaniciens toujours pressés remettent en route. Pas question de traîner à table,tous repartent au travail.
Et la journée se déroule ainsi, dans le bruit et la poussière. Ni la chaleur ni la pluie ne peuvent arrêter le chantier. Moi je passe mon temps à courir un peu partout, rire avec les uns, taquiner un autre,ce qui me vaut parfois une maillette dans les jambes si je gène ou une poignée de blé dans le cou. Parfois je peux rendre un petit service ou tout simplement m’asseoir et contempler le spectacle pour ne pas en perdre une miette. Il faut parfois modifier la trajectoire du chasse-bouffe, installer un monte-charge, « le déchargeur » pour élever les bouchons de paille sur le plongeon lorsque celui-ci a bien monté. Parfois une courroie peut sauter accidentellement ;il faut alors arrêter le battoir quelques instants et les hommes en profitent pour se désaltérer. Je me fais un plaisir de porter la cruche d’eau fraîche et le litre de vin.
Pour la réussite d’une telle journée le rôle de la maîtresse de maison est très important. Pour elle cela commence la veille, voire l’avant-veille. Il faut prévoir une sacrée quantité de nourriture. Ma mère a préparé des poulets, confectionné beaucoup de tartes, (c’est la période des pommes, des poires,des prunes ) et bien sûr à la semoule. Elle a demandé l’aide de « tante Dédée ». Il faut assurer quatre repas copieux; viande ,charcuterie,fromage, rien n’est omis. Il fait dire que cette journée marque la fin des récoltes, l’engrangement pour l’hiver. Comme dans chaque ferme c’est un peu la fête.
Le crépuscule arrive,la grange est vide, le plongeon terminé. Le battoir s’arrête et le silence retombe sur la cour de la ferme. Aussitôt les mécaniciens « décalent » rangent leur matériel dans la remorque et reforment leur attelage qui me parait gigantesque. Ils s’en vont dans une ferme voisine où une nouvelle journée les attend.
Les hommes, pas fâchés de voir la journée terminée reviennent à la maison où un bon souper les attend. Le blé a bien rendu, les parents leur offrent l’apéritif. L’atmosphère est nettement plus détendue. Cette fois ils peuvent prendre le temps. Les discussions vont bon train. Les blagues déclenchent les rires. Coli, fais la bourrique! lance un convive; Et Coli (surnom d’un commis) prend son sabot et hurle à l’intérieur ce qui a pour effet d’imiter parfaitement le cri d’un âne qui brait. C’est très surprenant et tout le monde rigole bien.
Cette fois c’est bien fini, pourtant j’aimerais bien que ça dure plus longtemps. Chacun s’en retourne chez lui.Je sais bien que certains ont la même journée qui les attend pour le lendemain. D’ailleurs mon père ou Jules , le commis vont devoir rendre les journées à chaque participant. La campagne de battage va bien s’étaler sur une quinzaine de jours. Avec un peu de chance je pourrai peut-être les accompagner chez nos voisins les plus proches

A bientôt

Pour illustrer ce récit j’ai utilisé des photos d’époque (années 40 et 60) et des photos prises à Mesvres (71) lors d’une démonstration de battage à l’ancienne

Foins 2010 - 18 juillet 2010

Quand on raconte la vie d’une ferme on ne peut pas passer sous silence la période de la fenaison même si cela a été fait chaque année. Pour ceux qui ne savent pas, c’est en général sur juin et début juillet qu’il faut récolter et engranger dans les meilleures conditions possibles le fourrage qui servira à nourrir les animaux l’hiver à venir. Pour la plupart des gens habitant la campagne « faire les foins » évoque toujours un travail important pour la vie de la ferme, long, pénible qui demande beaucoup de main d’oeuvre. Il faut dire qu’avant la mécanisation que l’on connaît aujourd’hui et l’apparition des grosses balles rondes ou carrées, de l’enrubannage, les foins représentaient un sacré boulot dont une grande partie se faisait manuellement. (voir les foins année 80) Cette année les conditions météo ont été très favorables même si cela s’annonçait plutôt mal début juin. La récolte est maintenant finie dans toutes les exploitations ,toutefois il reste encore des balles rondes dans les prés.


NB les photos sont cliquables pour agrandir

L’avantage, avec ces grosse balles, c’est qu’elles ne craignent pas trop la pluie ( leur forme fait effet toit de chaume) et peuvent rester sur le terrain un certain temps; cela permet d’étaler le travail dans le temps.
Les surfaces à faucher sont de plus en plus importantes chez chacun mais le matériel a évolué. Depuis quelques années c’est la course au gigantisme et les machines énormes et performantes permettent de réduire énormément le temps de travail. Si le beau temps et la chaleur sont de la partie, comme cette année, pour beaucoup la fenaison n’est qu’une question de jours. Aujourd’hui beaucoup voudraient « avoir fini avant d’avoir commencé ». Enfin, il faut voir le prix de revient.
Pour ma part, les foins se sont déroulés bien calmement; 17 hectares,ce n’est pas la mer à boire.J’ai été surpris par la quantité car fin mai l’herbe ne semblait pas vouloir pousser malgré l’ épandage d’engrais.Tout est terminé depuis une semaine. Des petites pannes m’ont un peu retardé mais rien de grave. J’ai quand même dû emprunter une faneuse à un voisin sympa pour terminer. J’ai juste eu un peu d’aide le dernier jour. Mon beau-frère Alain est venu « mettre en roules » (andainer).


C’est pour stocker les balles dans les fenils des vieux bâtiments que j’ai le plus de mal. Mais là aussi j’ai eu de l’aide de gars costauds et en deux matinées et les greniers ont été rapidement comblés.
Je peux donc attendre sereinement l’hiver.

A bientôt.

Fin de vacances - 27 août 2009

fleurs

Nous voilà déjà fin août et les vacances vont bientôt se terminer pour tout le monde. Comme d’habitude nous ne sommes pas partis. C’est compliqué d’abandonner une ferme d’élevage Même si les gros travaux peuvent être mis entre parenthèses, il faut bien visiter chaque jour les animaux,intervenir si besoin,abreuver certains lots,traire les chèvres matin et soir, s’occuper de la basse-cour ou arroser le potager. Ces seules activités qui prennent pourtant peu de temps dans la journée sont incontournables et obligent à être présent. Et ce n’est pas évident de trouver un remplaçant connaisseur en bovins, capable de traire les chèvres, conditionner le lait et être présent à la tombée de la nuit pour enfermer les volailles. En outre il ne faut pas oublier qu’un remplacement à un coût.
Pourtant ce mois d’août a été pour moi synonyme de congé. Cette fois j’ai vraiment ressenti la diminution de la charge de travail.
Bien sûr, il a fallu faire les moissons, triticale, orge, avoine, stocker la paille, le grain. Cette année la récolte a été plutôt bonne. J’ai pu déchaumer aussitôt car la pluie est arrivée à point nommé, pour attendrir le terrain en surface. J’ai enfin pu faire abattre un arbre mort, un gros chêne au tronc d’ 1,20 m de diamètre. Faire du bois à cette saison n’est pas habituel pour moi, c’est plutôt un travail hivernal. Mais le chêne était situé près de l’Arroux; Attendre l’hiver aurait été risqué; à cette saison le mauvais temps peut arrêter les travaux de débitage et une crue subite peut emporter les stères.
La semaine dernière j’ai fait une deuxième coupe d’herbe, le regain, sur environ 2,5 ha. La canicule m’ a bien facilité le travail et j’ai fait du fourrage de très bonne qualité.
Malgré tout le mois d’août a été bien calme. Les enfants et petits-enfants sont venus à tour de rôle retrouver la vie à la ferme. Cette année j’ai pu passer du temps avec eux. J’ai remis le vieux four à pain en chauffe pour cuire du pain et des repas appréciés. On a pu faire quelques promenades,quelques sorties comme à la journée « ferme gourmande » chez 2 jeunes éleveurs de chèvres dans le massif d’Uchon. Enfin j’ai même pris le temps de ne rien faire du tout.
Mais toutes les bonnes choses ont une fin . Il va bien falloir reprendre le collier ,les travaux d’automne se présentent déjà. Je ne sais pas si le temps automnal se manifestera plus tôt, mais hier matin les fils étaient couverts d’hirondelles en migration vers le sud et celles qui ont passé printemps et été à Vernois ont pris le « train en marche » et ont déserté les bâtiments et le ciel pourtant encore bien bleu. Je trouve ce départ le 26 août bien hâtif. Certains y verront sûrement un présage.

A Bientôt

Les foins: cru 2009 - 11 juillet 2009

balle

‘ Les foins? ils sont terminés, comme dans toute la région d’ailleurs, à quelques exceptions près. Il faut dire que j’ en ai beaucoup moins récolté. La superficie fauchée a été réduite de plus de moitié par rapport aux années précédentes et la quantité n’a pas été au rendez-vous. Les gelées tardives en mai et la période de vent de nord ont bloqué la pousse de l’herbe. Le proverbe qui dit que « la Pentecôte met les foins ou bien les ôte » s’est révélé juste cette année, dans le mauvais sens. La pluie était pourtant tombée début mai juste après l’apport de fumure mais cela n’a pas eu l’effet escompté.
N ’empêche que ma fenaison m’a pris pas mal de temps. Ne pouvant compter sur aucune aide cette année, je crois que j’ai été un peu trop prudent , voire timide pour faucher. Il faut dire que le temps n’était pas génial pour ce genre de travail. A partir du moment où l’herbe est coupée il lui faut 2 à 3 jours de soleil pour devenir un foin très sec, apte à bien se conserver. Nos prévisions météo ne sont pas très performantes ni fiables à 100%. Du fait j’ai parfois hésité à faucher et le lendemain, sous le grand soleil non annoncé je pestais contre nos spécialistes. A l’inverse, j’ai coupé et le foin est resté au sol 1 ou 2 jours de plus faute de la chaleur prévue. Du coup je trouve que j’ai mis longtemps pour faire peu de choses.
Je me demande comment on faisait autrefois sans tous ces sites de prévision météo qui foisonnent de partout: télé, radio, journaux, internet, téléphone, etc….On avait différents repères qui restent valables aujourd’hui. Pour prévoir la pluie c’est l’hirondelle qui vole au ras du sol, des champignons gris qui poussent en grand nombre sur le tas de fumier, ou la pierre à lécher de sel gemme très humide voire ruisselante. Pour le beau temps, c’est le vent qui tourne au Nord, Les collines morvandelles dans le « serein », ou la pierre de sel, encore elle, très sèche, blanchie par les cristaux brillants. Et la liste est exhaustive. Ce n’est pas une science exacte et il n’ était pas rare de se tromper et de faire mouiller du foin plusieurs jours. Et du foin qui prend la pluie, surtout plusieurs jours, perd énormément de qualités nutritionnelles et d’appétence. Mieux vaut éviter.

Dans ce billet je ne vais pas raconter en détail ma façon de travailler qui en fin de compte est la même que j’ai décrite les années précédentes. Je vais plutôt vous parler des hôtes des prés dans des situations insolites.
Alors que je fauchais le « champ de l’étang » des milliers de sauterelles fuyaient devant la lame. Tout à coup une buse venue de nulle part se met à tourner autour du tracteur, piquer vers le sol, foncer sur la faucheuse, changer brusquement de direction. D’abord surpris par son manège, j’ai eu vite fait de comprendre qu’elle essayait d’attraper au vol les grosses sauterelles vertes. Elle fut rapidement rejointe par une autre puis par un autre couple et un moment après ce furent six buses qui donnaient inlassablement la chasse aux gros insectes verts. Elles passaient si près que je pouvais distinguer leur oeil perçant, la sauterelle dans les serres, et la façon de la déguster en vol en avançant les pattes vers l’avant tout en baissant la tête pour prendre l’insecte dans le bec crochu. Malheur à un corbeau qui s’était aventuré dans leur « espace aérien »; il fut vite découragé par un rapide duel dans les airs. Puis d’un seul coup, les oiseaux de proie, sans doute repus disparurent rapidement.

Dans les Aiguillères j’ai du faire un sauvetage. Alors que j’avais déjà fait plusieurs tours mon attention est attirée par un oiseau qui marche dans le passage dégagé par la faucheuse entre l’andain fauché et l’herbe encore debout juste à l’endroit où passe la roue du tracteur. En fait c’est une caille suivie de 2 poussins minuscules pas plus gros que mon pouce. Je stoppe net et descends de la cabine. La mère se tapit dans un creux laissé par un pied de bovin et les 2 petits ont bien du mal à se dépêtrer de l’herbe.Il est facile de les capturer et la mère se laisse faire aussi. Je la prends délicatement, un peu trop peut-être, elle se débat et s’enfuit à quelques mètres. je dépose les petits plus loin,où le foin est a été récolté. Ils piaillent, alors je pars faucher plus loin le temps que la mère les récupère. Les cailles ont échappé à la lame mais sont maintenant à découvert et les prédateurs rodent…..
En entamant une nouvelle coupe, un lièvre, énorme s’enfuit au passage de la faucheuse. Alors que je le regarde, il faut dire que j’en vois peu, un deuxième tapi à quelques mètres démarre en trombe et s’enfuit au bois. Au tour suivant, je vois un des 2 lièvres, le gros, sur l’andain. Il semble se déplacer difficilement, s’éloigne doucement en rampant à travers les balles rondes. Il semble ne plus avoir d’oreilles, ça ne ressemble même plus à un lièvre. La faucheuse l’a sûrement touché. Je stoppe et cours dans sa direction, pensant déjà au civet qu’il pourrait faire. Et la il se dresse sur ses pattes arrières relève les oreilles, et détale, retrouvant toute sa puissance et son élégance.
Ce n’est pas si souvent que je vois autant de gibier et c’est tant mieux.

A bientôt

Quand part l’hirondelle - 8 octobre 2008

Oui les les hirondelles sont reparties, nombreuses. Il en est né beaucoup cette année et elles ont quitté la ferme début septembre. Une couvée tardive est restée jusqu’à la fin du mois. Je me demande si les jeunes auront assez de force pour faire le grand voyage vers les pays chauds. A la Saint Michel (29-09) il n’y a plu d’hirondelles, dit on. ( St Michel,St patron d’Etang sur Arroux)
Cela veut dire que l’automne est là avec ses travaux saisonniers habituels. Le mois de septembre a été particulièrement beau et sec . La tâche en a été d’autant facilitée.
J’ai épandu le fumier produit l’hiver dernier. Pour le premier tas,  cela a été vite fait; je l’ai emmené dans le Champ de la Grange, situé à quelques centaines de mètres de la ferme. Rien de tel que du fumier bien pourri pour régénérer un pré. Le reste je l’ai transporté à Corfeuil sur la terre déchaumée. Là c’est beaucoup plus loin; Une rotation me prenait 40-45 minutes. Mais je crois que cela valait le coup car le fumier est très bénéfique pour des terres pauvres en matière organique comme celles-là. Il  m’a fallu 3 jours pour tout débarrasser.
Pendant une semaine complète j’ai fait l‘entretien habituel des haies: élagage, étêtage, et nettoyage au sol. Cette année il y avait de quoi faire. La végétation était très développée du fait de l’année particulièrement humide. Au début tout va bien, je redonne aux haies un aspect plus « entretenu »et mon travail se voit. Mais au fil de la semaine l’engin pourtant très pratique de la cuma me sort par les yeux et c’est sans regret que je le ramène à son port d’attache quand tout est terminé.
J’ai fait faucher le sarrasin. Il était mûr à point et on a pu le battre par le soleil. Mais la récolte est décevante. Il était clairsemé par endroits et bon nombre de fleurs avaient coulé et sont restées stériles. Le rendement n’a pas été fameux. Le grain est beau et toute la famille réclame de la farine pour faire des crêpes. Seulement il faudrait que je trouve quelqu’un qui possède un moulin qui pourrait moudre une petite quantité. L’appel est lancé.
Comme je l’ai dit plus haut, on a eu très beau temps en septembre et les animaux n’ont pas posé de problème. Ce n’est pas moi qui m’en plaindrai. Jusqu’ à présent la nourriture était abondante mais les gelées de fin septembre ont bien arrêté la pousse et l’herbe diminue à vue d’oeil. Toutefois ce n’est pas encore un souci pour l’instant.
Qui dit gelées dit refroidissement de l’atmosphère et de la maison d’habitation. Il faut penser au bois de chauffage. J’en ai ramené une dizaine de stères à l’abri sous le hangar. Je le scierai plus tard en bûches pour la chaudière.

A bientot.

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