Vive 2016 - 30 décembre 2015

IMG_4711.JPG

2015 s’achève; Je pense que c’est une année qui marquera les mémoires par son aspect négatif; crise bien installée, attentats, météorologie déréglée, etc. Je pense aussi au monde de l’élevage qui a souffert de la sécheresse, de la FCO (fièvre catarrhale ovine) qui a désorganisé les marchés et fait chuter les cours.
J’espère que 2016 ne sera pas de même et je souhaite une bonne année, une meilleure année, dans tous les domaines, et une bonne santé à tous

Meilleurs vœux et à bientôt

la pêche à la main au Vernois - 22 septembre 2015

l'Arroux

De tout temps la rivière, l’Arroux, longeant les terrains de la ferme a été un pôle d’attraction pour ceux qui l’exploitaient et y vivaient. Pour les anciens, mes aînés, la pêche était un loisir, une occupation naturelle, un moyen de se nourrir. Je me demande s’ils savaient pêcher à la ligne, de façon conventionnelle. Je les ai vus pêcher au clou (voir le billet « tendre de cordes ») à la nasse, au carrelet, au filet, à l’épervier,( mon oncle Jean le lançait avec adresse). Je les ai vus aussi pêcher de la façon la plus simple qui soit, pêcher à la main. D’ailleurs je m’en suis largement inspiré plus tard.
Tous les étés,quand l’Arroux était basse et adoucie par la chaleur le rituel était le même: baignade et pêche à la main; cela faisait partie des distractions dominicales; ce pouvait être aussi par des après midi très chauds lorsque les travaux agricoles se faisaient moins urgents. Une distraction comme une autre
Parfois des oncles et tantes se donnaient rendez-vous à la ferme pour une partie de pêche à la main, bien sûr suivie d’ un pique-nique au bord de la rivière A peine arrivés les hommes se mettaient à l’eau et ils ne tardaient pas à lancer sur la berge ou sur le pré leurs prises qu’on se dépêchait de ramasser. Les poissons étaient écaillés, vidés, un foyer rudimentaire improvisé entre 4 ou 5 grosses pierres prises dans le lit de la rivière. Vers midi les femmes faisaient cuire la friture dans un grand poêlon plein d’huile que la braise faisait bouillonner. La « marande » était appréciée. Tout le monde était ravi.
J’ai un autre souvenir de pêche à la main qui m’amuse toujours quand je revois la scène. Au moment de la « paulée des foins ou des moissons on voyait arriver le Pîtot et le Guèguè, les deux « vieux gars » de la ferme voisine. A leur air mystérieux et leur sourire on se doutait qu’il allaient pêcher à la main; alors on les accompagnait. Ils se mettaient à l’eau tout habillés, tricot de peau, pantalon de bleu de travail, sabots aux pieds. Je n’ai jamais su si c’était par pudeur, pour ne pas s’exposer au soleil, se protéger des branchages des rives,ou ne pas se montrer en slip. (j’ai toujours supposé qu’ils n’en connaissaient pas l’usage). La partie de pêche terminée, il repartaient, tenant par la gueule leur grand sac en toile de jute chargé de poissons. C’était plusieurs repas d’assurés, toujours ça de pris! Ils ne pêchaient pas que pour le plaisir

Pour ma part c’est à partir du moment où les parents m’ont laissé partir seul ou accompagné de copains, vers la rivière et que j’ai su nager que je me suis initié à la pêche à la main. C’est vite devenu une addiction. Etait-ce le côté illicite de cette façon de pêcher, était-ce pour braver l’interdit ou surtout vivre avec la rivière, dénicher les poissons dans leur milieu naturel, les toucher, les capturer ?
La pêche à la main se pratique en été, lorsqu’il fait très chaud, voire lourd et orageux. A ce moment les poissons se « calent » dans les endroits frais et restent ainsi: sous les roches présentant une cavité, sous les racines des berges ombragées, sous les limons ou les embâcles.Je crois que j’ai fini par connaître toutes les repaires des poissons sur la partie de l’Arroux qui longe nos prés. J’ai appris à reconnaitre les poissons rien qu’au toucher: la truite fario méfiante et sauvage uniquement en eaux vives, la perche à la peau râpeuse, immobile se laissant manipuler comme un vulgaire morceau de bois jusqu’à ce qu’on la sorte de l’eau la lotte très glissante, très difficile à saisir, le chevesne aux écailles bien reconnaissables,le barbillon ( barbeau) gros et puissant poisson mais peu combatif, facile à prendre et de peu intérêt culinaire que je capturais juste pour le plaisir. Parfois il fallait plonger et rester en apnée pour prendre un poisson sous une roche. Quelle excitation si j’en touchais un gros. J’approchais doucement les mains, le caressais, passais une main sur le nez, l’autre vers la queue, évaluais la taille de l’animal. Au bon moment je refermais mes doigts comme un étau au niveau de ses ouïes . Il était pris. Parfois Le poisson se débattait furieusement, et sa peau glissante aidant , arrivait à se dégager. D’autrefois il fuyait au premier contact. Espoir déçu! mais quelle fierté lorsque je rentrais à la ferme avec des truites ou des perches pour toute la maisonnée. Souvenirs, souvenirs!
Encore aujourd’hui, si je vais me baigner je ne résiste pas à l’envie de chercher sous une roche où systématiquement se cachait une truite, ou sous une autre dont la cavité profonde, en cul de sac, abritait une lotte. C’est juste pour retrouver les sensations, je n’essaie même pas de les prendre. L’ambiance n’est plus là, le plaisir non plus. L’Arroux n’est plus tout à fait la même, les berges, la végétation ont changé. Le lit de la rivière aussi s’est un peu modifié. En fait, 40 ou 50 ans se sont écoulés

A bientôt

Marande: repas de midi, déjeuner
Vieux gars: célibataires
Paulée: dernier jour des récoltes (foins ou moissons)

jeudi de pays - 13 août 2015

jeudi.de pays

Photo JSL

Cette fois je veux vous parler d’un rassemblement à la fois festif et commercial qui a lieu chaque jeudi dans la région qui connait un grand succès si bien après de la population locale que des touristes.
Cela fait 11 ans, je crois, que l’idée a été lancée par un élu de notre commune qui voulait faire « bouger les choses »,créer une animation estivale, promouvoir notre canton dans le cadre de la communauté de commune Beuvray- Val d’Arroux . Le concept a bien plu. Le démarrage a bien sur été hésitant mais le succès fut vite au rendez-vous. Aujourd’hui les Jeudis de Pays sont devenus une sortie hebdomadaire incontournable attirant une foule considérable chaque semaine dans une commune différente.
Cette année nous nous sommes rendus à deux des neuf dates proposées. A chaque fois le principe reste le même. La commune qui reçoit fournit l’emplacement pour la fête, le parking, une salle, des barnums. Ce sont des associations communales comme le comité des fêtes, le foyer rural, un club sportif ou le club des ainés qui assurent l’intendance.
Cette fête qui commence en théorie vers 18 heures est composée d’un vide-grenier brocante. Lés étals y sont toujours très nombreux et il est facile de trouver son bonheur dans ce bric à brac géant. Les producteurs locaux viennent aussi nombreux présenter leurs spécialités Ce sont essentiellement des produits de bouche. Les amateurs s’y pressent toujours. La gastronomie locale plait beaucoup. En début de soirée on peut diner sur place.L’ association communale fournit un plat unique. Cela peut être du jambon à la broche gratin dauphinois, de l’andouillette, une entrecôte – frites un magret de canard légumes etc..; pour 8 à 12 euros. Cependant on peut se composer un repas plus conséquent en achetant des spécialités chez les producteurs locaux qui ont ce qu’il faut à consommer sur place. Si on se retrouve à plusieurs, un achète l’entrée, un autre pain et vin, un autre le fromage, un autre le dessert et on s’installe sous le chapiteau. A chaque fois ce sont plusieurs centaines de personnes qui participent à ce repas, parfois à l’extérieur si le temps s’y prête. La file d’attente est parfois longue pour obtenir son repas et les places assises sont chères. La plupart du temps un petit orchestre local ou folklorique assure l’ambiance musicale. Le repas se poursuit jusque tard dans la nuit dans une grande convivialité.

A bientôt

les photos des jeudis de pays à Saint Didier sur Arroux 71

les foins dans la vallée de l’Arroux - 9 juin 2015

Il a fait très beau la semaine dernière et tous les éleveurs en ont profité pour récolter les foins. En témoignent les photos que j’ai prises depuis la voiture sur la D 994 dans la vallée de l’Arroux Ce n’est pas chose facile quand on roule à 90 km à l’heure

P1030325

P1030324

P1030328

beaucoup d’enrubannage

P1030324

P1030332

des balles de foin

P1030334

encore du foin

P1030338

P1030340

Au travail

P1030350

P1030347

P1030346

du foin fraichement coupé

P1030344

On a travaillé dur dans la région

A bientôt

Marche des pierres qui croulent - 31 mai 2015

Début mai nous avons participé à la randonnée des « pierres qui croulent », une marche organisée par 5 communes limitrophes dans les collines morvandelles. Cette fois c’était la commune de Dettey qui recevait et organisait; trois parcours étaient proposés, 5,5 km, 11 et 20 km. Nous avons opté pour la marche de 11 km et nous sommes passés à l’inscription
P1030193

Nous voilà partis sur le sentier balisé
P1030194

A un détour du sentier on se trouve face à un amas de roches granitiques baptisé « le profil de Napoléon

P1030196

Un peu plus loin on arrive devant la pierre la pierre qui croule . On dit qu’elle pèse 47 tonnes mais qu’en exerçant une poussée à un endroit précis on peut la faire bouger légèrement

P1030199

Dettey,le Balcon du Morvan est situé en haut d’une colline et les sentiers de randonnée sont une succession se descentes qui fatiguent les genoux et de montées qui « cassent les pattes » On marche dans les sous-bois on découvre une mini cascade, des ruines abandonnées, ou des maisons bien entretenues

P1030195P1030203P1030205
P1030223

Après une montée harassante, Chantal est un peu à la traîne
P1030212

Mais bientôt notre sentier pentu débouche sur un plateau dégagé et nous trouvons le stand de ravtaillement tenu par le foyer rural de la Tagnière. On peut prendre un petit en-cas et faire tamponner nos cartes pour attester de notre passage

P1030215

P1030219

Puis on reprend le chemin, le décor change un peu ,un vue sur les collines morvandelles, P1030209

des prés ou se reposent des charolaises
P1030221

des prairies fleuries
P1030236

La route parait longue les jambes semblent plus lourdes. Heureusement on arrive au second stand de ravitaillement tenu par les gars de Saint Eugène. On se restaure légèrement et on peut prendre une boisson fraîche

P1030231

On attaque alors le dernier tronçon. Mais on a fait beaucoup de descente et maintenant il faut remonter au village en haut de la colline. Il fait chaud et les derniers km sont difficiles. Nous ne sommes pas fâchés d’en terminer; on fait enregistrer notre arrivée. Les marcheurs peuvent prendre un repas complet qui remporte un bon succès mais auquel nous ne participerons pas.

P1030239

Nous n’avons pas été les plus rapides mais nous avons passé un bon après-midi, sportif

A bientôt

Le palefrenier - 4 avril 2015

Etalon

On ne peut pas dire que c’est un métier disparu mais plutôt une activité saisonnière que j’ai connu et qui n’a plus cours aujourd’hui. C’est celle de palefrenier (palefournier en patois) ou d’étalonnier pour d’autres
Jusque dans les années soixante les travaux agricoles se faisaient exclusivement avec les chevaux qui avaient supplanté les boeufs. Toutes les fermes possédaient plusieurs chevaux de trait « adroits » (qui pouvaient être attelés et savaient travailler) principalement des juments. Il y avait parfois un mâle castré plus puissant que les femelles. On ne se contentait pas de faire travailler les juments; On les faisait pouliner tous les ans, ce qui procurait un revenu complémentaire. Les produits étaient vendus pour la viande. Les boucheries chevalines étaient encore en vogue. On gardait parfois une pouliche pour remplacer une jument vieillissante ou une qui ne faisait plus l’affaire.

Il n’y avait pas un étalon dans chaque exploitation. On avait recours à celui qu’on appelait le palefrenier. C’ était souvent un employé saisonnier d’une personne qui possédait plusieurs étalons de race et qui tirait un revenu de l’activité de ses animaux. Le palefrenier parcourait la campagne à pied, de ferme en ferme, avec son étalon énorme et puissant, là où il était attendu. Je me souviens, et ça m’amusait beaucoup, de l’avoir vu arriver assis en travers du dos de sa monture. Je suppose que la position normale de cavalier était malaisée vue la largeur du dos de l’animal.

Quand on avait fait appel au palefrenier il venait 9 jours après que la jument ait pouliné. L’étalon faisait son oeuvre. Puis il revenait 10 à 12 jours après . La jument était présentée au reproducteur. Je me souviens des ronflements du mâle excité, des hennissements bruyants et nerveux de la jument. Les parents nous empêchaient d’assister à la scène mais on arrivait parfois à contourner l’interdit; saine éducation sexuelle, en fait. Si à son comportement le palefrenier voyait que la jument était revenue en chaleur, il la faisait couvrir à nouveau. Il faut dire que les chaleurs ne sont pas détectables sans la présence du mâle. Il repassait à nouveau 10 à 12 jours après pour une nouvelle présentation. Si la jument était présumée pleine il ne revenait qu’au bout de 3 semaines pour s’assurer qu’elle était bien en gestation. C’était ainsi pour chaque jument de la ferme. Toutes ne poulinaient pas le même jour ce qui occasionnait beaucoup de passages de l’étalon. Le coût de la saillie était établi quelque soit le nombre de passages. D’après ce qu’on m’a dit la campagne durait de mars à la Saint Jean.Pour ce paragraphe j’ai demandé des renseignements à un ancien.

Le palefrenier avait ses habitudes, ses maisons. Il savait où il était bien accueilli, où il pouvait prendre ses repas, et même dormir. Il n’était pas question de rentrer chaque jour chez lui à pied. Il montait dans le grenier chercher une bonne ration d’avoine, le picotin, pour son animal. C’était pour lui apporter de l’énergie, du « nerf », pour honorer plusieurs femelles le même jour. ( je crois que certains vont penser avoine = aphrodisiaque !!)
Puis avec la mécanisation, fin des années 50, début 60,( chez nous le 1er tracteur est arrivé en 1955), on eut de moins en moins recours aux chevaux de trait pour les travaux agricoles. Le nombre de juments régressa rapidement dans les fermes. C’est en camion que le palefrenier déplaçait son étalon. Il restait encore quelques juments conservées par affection, par habitude, pour effectuer de menus travaux comme la culture des pommes de terre et des betteraves et pour pouliner.Puis, les années passant il cessa son activité faute de juments en nombre suffisant

Depuis quelques années, on assiste à un retour en force du cheval de trait, un engouement pour le cheval lourd. Même des jeunes se sont laissés séduire. Preuve en est le nombre de juments présentes au concours annuel dans notre commune. Mais c’est vraiment pour le plaisir. Pour la plupart, les juments ne travaillent plus du tout et le poulain qu’elles élèvent est très peu valorisé. Plus besoin d’étalon ni de son palefrenier, on a recours à l’insémination artificielle pour la majeure partie des juments. Moins drôle pour l’étalon !

Quelques noms courants pour les juments. Margot, Comtesse, Ponette, Baronne, Marquise, Riquita

A bientôt

carousel

C’est parti pour 2015 - 4 janvier 2015

coq

Le coq réveille la « Ferme en Bourgogne » pour ce début d’année 2015
Bonne année et bonne santé à tous

A bientôt

Page suivante »

    Dernières photos



    Voir toutes les photos sur Flickr

Vidéos


Voir toutes les vidéos sur Dailymotion


Sondage

  • Les éléveurs de bovins

    View Results

    Loading ... Loading ...

Sites amis

Contact