Marche des pierres qui croulent 2016 - 18 mai 2016

Ce dimanche 15 mai c’était la 25ème édition de la marche des pierres qui croulent . Cette année elle se déroulait sur la commune d’Uchon, « perle du Morvan » Trois parcours étaient proposés, 7km, 11km, et pour les plus aguerris 20 km. Nous avons opté pour le parcours de 11 km J’en ai rapporté quelques photos

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Bureau d’inscription Les bénévoles n’ont pas trop chaud,il ne fait guère que 8°

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la griffe du diable On distingue nettement de profonds sillons. Une légende dit que c’est le diable qui les a faits en saisissant le bloc de pierre

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Des empilements rocheux

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panorama

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premier ravitaillement

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2ème ravitaillement qui est le bienvenu. Il fait froid dans la bise. On peut même déguster un vin chaud

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un grand hêtre

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nous avons rencontré de nombreux étangs

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Arrivée en musique folklorique.

Nous ne sommes pas mécontents d’avoir terminé. Sur la colline d’Uchon il ne faut pas s’attendre à une randonnée facile et on a été servis. Ce n’est que succession de montées usantes et de descentes qui fatiguent les genoux. Mais nous avons l’habitude et nous avons bien aimé. Comme d’habitude un repas attendait les randonneurs mais nous n’avons pas pu y participer, n’ayant pas commandé au moment de l’inscription. du coup nous avons terminé notre escapade à l’auberge d’Uchon

A bientôt

Le boulanger - 11 mars 2016

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Aujourd’hui je veux encore parler d’un métier qui tend à disparaitre, c’est celui de boulanger, boulanger rural, s’entend. Auparavant toutes les communes possédaient une boulangerie, voire deux. C’était un travail pénible. Le boulanger passait une bonne partie de la nuit dans le fournil pour pétrir, façonner, cuire le pain. Tout se faisait à la main. Durant la journée il partait faire sa « tournée » vendre le pain dans les fermes, les hameaux éloignés de la commune et des environs.
Comme je dis souvent, j’ai été élevé au pain de « Tabet » Badet de son vrai nom, boulanger à La Tagnière. Il passait 2 fois par semaine livrer couronnes et gros pains longs. Nous étions nombreux à la maison et il se consommait beaucoup de pain. En fait c’était la base de notre alimentation. Il ne proposait pas plusieurs variétés de pain, comme on trouve maintenant dans les boulangeries; c’était un pain au levain tout simple (farine,eau, sel, levain) mais très bon et qui se conservait facilement plusieurs jours. Avant de repartir il n’oubliait jamais de donner le « bon poids »: c’était un morceau de pain d’environ 150 – 200 grammes qu’il découpait dans une couronne pour compenser un éventuel manque de poids sur la commande. La pesée de la pâte était approximative car il ne disposait pas du matériel sophistiqué utilisés aujourd’hui dans les fournils. C’était aussi un petit geste commercial.
Après son départ à la retraite sa boulangerie ferma. C’est Camille, boulanger à La Tagnière lui aussi, qui reprit sa tournée. Il faisait également un pain qu’on appréciait beaucoup. Camille était un bon vivant, parfois très drôle qui prenait le temps de rouler et fumer une cigarette avec mon père ou d’entrer à la maison boire un canon. Alors, un longue discussion pouvait s’engager, il nous rapportait les potins de la campagne proche ou refaisait le monde avec une philosophie bien à lui. Ce n’était pas triste !
Lorsqu’il cessa, des jeunes boulangers se succédèrent mais aucun ne put faire fonctionner la boulangerie correctement: pénibilité du travail, mauvaise gestion, manque de motivation….Alors ce fut la fermeture définitive.
Et c’est ce qui s’est passé dans toutes les petites communes qui se sont retrouvées sans boulangerie. Souvent elles ont été remplacées par des dépôts de pain alimentés par des boulangers bien équipés en matériel, capables de fabriquer et fournir du pain en quantité importante. Certains assurent encore des tournées et nous nous sommes adaptés.

A suivre L’échange blé – pain

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L’ arbre à cuire - 25 juillet 2015

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Dernièrement mon épouse a été invitée à une sortie surprenante, pour le moins très originale. Il s’agit d’un repas organisé autour autour de « l’arbre « et cuisiné à même le tronc, d’où le nom d’arbre à cuire
L’instigateur de cette journée, créateur du concept, qui se définit comme artiste plasticien, a fait coupé et travaillé un chêne de plus de 20 mètres de long. Des plans de cuisson, des planchas et foyers genre barbecue y ont été incorporés.

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C’est à un chef étoilé de la région que l’élaboration du repas a été confiée. Après l’apéritif on a servi des truites du morvan, réchauffées au barbecue, du cochon de lait farci avec légumes,fromage et dessert. Bien entendu le repas a été bien arrosé de vins blancs et rouges de la proche région viticole de la côte chalonnaise. Les assiettes étaient en bois brut, en fait des rondelles de bois découpées dans des branches de « l’arbre »

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Le cadre avait de quoi émerveillé les quelques 180 personnes présentes au repas. Celui-ci se déroulait dans une clairière où on avait déposé « l’arbre » dans la magnifique forêt qui recouvre le Mont Beuvray, colline du Morvan. En plus c’est un lieu chargé d’histoire car en son sommet se dressait le vaste oppidum gaulois de Bibracte qui abritait une importante population d’Eduens. D’ailleurs, des fouilles archéologiques s’y déroulent depuis de nombreuses années.

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Il y avait de quoi en mettre plein la vue. Pour moi c’est le côté clinquant C’est une opération bien montée qui a démarré depuis plusieurs mois. La presse en a parlé. Pour financer un appel aux dons a été lancé, et une coquette somme, (30000 euros d’après le journal de Saone et Loire) a été engrangée. comme quoi c’est plus facile de récupérer de l’argent pour l’amusement que pour une cause humanitaire ou autre. Côté repas, ce n’était pas tout à fait ça non plus. Un arbre n’obéit pas, même à un chef étoilé comme son « piano » le ferait. La truite servie à ma femme n’était pas assez cuite et froide. Un autre convive m’a avoué avoir jeté discrètement la sienne dans la forêt. En plus il a fallu rester debout durant toute la durée du repas qui s’est prolongé jusqu’en fin d’après-midi. Alors à 50 euros le repas…….
Que penser de tout cela? Expression d’un art contemporain, délire d’artiste , façon de se faire de l’argent facilement, attrape-nigauds ? J’ai bien ma petite idée

Les articles du JSL

A bientôt

Deux morvandiaux à Paris - 23 février 2015

Paris

Depuis quelque temps il avait été décidé que nous irions passer quelques jours à Paris auprès de nos petits-enfants, leurs parents partant à l’étranger. Avant, nous n’aurions jamais imaginé, même en rêve de quitter la ferme en février, plein moment des vêlages. La retraite a du bon. Nous n’avons pas hésité une seconde à répondre présent pour aller assurer l’intendance et tenir la maison durant une petite semaine.
Mardi dernier le TGV à bord duquel nous avons pris place à la gare du Creusot TGV nous dépose au coeur de Paris après 1h20 de trajet. Dès que je mets le pied en hors du wagon je me sens happé par la mégapole parisienne. Le quai grouille de gens, marchant tous dans la même direction, tirant leur valise à roulettes. On se fond dans la foule. C’est juste si Seb nous repère. Nous sortons de la gare gigantesque je retrouve l’odeur caractéristique pas désagréable mais, indéfinissable qui me rappelle que je suis bien à Paris. Seb conduit avec dextérité la petite Autolib dans un flux de voitures auquel nous ne sommes pas habitués. Je n’aimerais vraiment pas tenir le voulant. Les 2 roues se faufilent, slaloment, il faut faire attention aux piétons, au bus, bien prévoir les changements de direction, savoir où on va … La circulation est plutôt fluide, nous avons le temps d’apercevoir quelques grands édifices parisiens, la Seine, la tour Eiffel bien sûr.
L’appartement est clair, ensoleillé presque aussi calme qu’à Vernois. C’est surprenant; seuls quelques klaxons et sirènes de pompiers viennent troubler la tranquillité. Le problème c’est que l’appartement est au cinquième sans ascenseur, dur pour les mollets et le souffle. On ne peut pas tout avoir. Nous avons vite fait de prendre nos marques. Quand les enfants rentrent de l’école ils disent retrouver l’ambiance de Vernois surtout en ce qui concerne les menus.
Pendant notre séjour parisien nous avions prévu des sorties. La première est pour Montmartre, le Sacré Coeur, la place du Tertre avec ces peintres. Sous le soleil l’endroit est magnifique. La bise glaciale a chassé toute forme de pollution et la vue sur Paris est d’une netteté inhabituelle. Les touristes sont innombrables mais on n’ entend guère parler français.
Le lendemain nous sommes allés au Louvre que nous connaissions ni l’un ni l’autre. Là on en prend pleins les yeux, si bien à l’extérieur, magnifique et gigantesque architecture qu’à l’intérieur. On peut admirer, voir en vrai les tableaux très célèbres qu’on ne connait que par les livres, les revues ou la télé. Là on peut se faire une idée de la beauté des peintures, de la taille des tableaux gigantesques comme « le sacre de Napoléon » aux plus petits comme l’incontournable « Joconde » inapprochable tant la foule se presse dans la salle qui lui est réservée.
Un autre jour a été consacré au Musée d’Orsay. Là encore nous avons pu côtoyer des oeuvres de sculpteurs et de peintres célèbres. La visite est très agréable; les espaces dédiés à chaque artiste est plus confidentiel, on prend plus le temps de les apprécier.
Tout cela est le côté agréable mais pour nous la vie parisienne n’est pas toute rose. Dès qu’on a quitté l’appartement c’est la « rue », du monde, des immeubles,des autos ….. On doit chercher son chemin, consulter les plans des lignes de bus, des rue et des lignes de métro. On a peur de se tromper, on se trompe. Il faut faire attention en permanence aux voitures, aux feux de circulation, aux obstacles divers sur le trottoir, aux crottes de chiens. Les piétons, nombreux, pressés, souvent l’oreille collée au smartphone marchent d’un pas assuré. Il faut suivre le mouvement, ne pas « lever le nez » sinon on gène. On a bien recommandé à Chantal de faire attention à son sac qu’elle porte en bandoulière et à moi de me méfier des pickpockets nombreux dans les lieux touristiques. Dès que l’on veut se déplacer on ne peut éviter les transports en commun, payer chaque déplacement; à 1,5 euro environ le billet ça finit par couter cher à la fin de la journée. Dans le métro, les bus, c’est la promiscuité; A chaque arrêt je vois plein de gens monter et j’ai l’impression que peu descendent . On se serre, on finit par être entassé comme des boeufs dans une bétaillère, tout cela dans l’indifférence de chacun. Souvent isolés par un casque ou des écouteurs sur les oreilles ou bien le nez plongé dans un livre personne ne se parle. La convivialité n’est pas de mise. Pourtant Chantal arrive à engager des conversations. Pour nous c’est fatigant, on est bien loin de notre vie campagnarde, de notre monde rural.
Mais c’est une bonne expérience, je ne regrette pas notre escapade parisienne. J’espère même recommencer, Paris est une tellement belle ville et il y a tellement de belles choses à voir. Je crois cependant que j’aurais beaucoup de mal à m’adapter à cette vie urbaine s’il fallait que j’aille y vivre en permanence. L’espace, l’air pur, les arbres et les prés auraient vite fait de me manquer. Je plains les gens obligés de vivre dans cet univers urbain.

A Bientôt

Souvenir d’un marchand ambulant - 21 décembre 2014

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Aujourd’hui je voudrais parler d’un métier pratiquement disparu, celui de marchand ambulant. Il parcourait la campagne de hameau en hameau, de ferme en ferme où il avait une clientèle fidèle, qui comptait sur lui et n’hésitait pas à dépenser. Il faut dire qu’à cette époque, dans la campagne profonde les moyens de déplacement étaient limités. Chacun n’allait pas à la ville pour un oui un non. D’ailleurs son commerce en était bien facilité. Je veux parler d’un commerçant d’origine italienne qui vendait tout ce qui concernait le textile, utile dans la vie de tous les jours aux ménagères campagnardes.
Quand on voyait arriver le petit camion orange, nous les enfants savions qu’on allait passer un bon moment. Cela nous faisait une distraction qui peut paraître bien désuète aujourd’hui. Le personnage était atypique. L’air bonhomme,il était coiffé de son éternel béret, portait des lunettes à grosses montures. Il parlait doucement; ses phrases étaient toujours ponctuées d’un petit bruit de gorge, indéfinissable, entre miaulement et couinement. Ce tic nous amusait beaucoup et il nous suffisait d’échanger un regard pour partir en fou-rire
Le petit fourgon était une véritable caverne d’Ali Baba. Après s’être assuré que la maîtresse de maison était présente le marchand soulevait les panneaux latéraux, sortait à demi un tiroir qui lui servait d’étal. Nous étions toujours impressionnés par la quantité d’articles proposés, par l’incroyable occupation du volume de la camionnette. Pas la moindre place n’était perdue; c’était un empilement parfait de boites en carton aux angles et coins abîmés voire déchirés par les frottements dus aux multiples manutentions. Les plus abîmés étaient entourés de ficelle que notre marchand enlevait et remettait avec adresse. Ailleurs c’était des piles de vêtements divers. Il y avait même un tiroir géant qui faisait la longueur du camion et qu’on adorait lui voir tirer par l’arrière pour admirer le bric à brac …….. organisé. Même dans la cabine le rangement était optimisé. Il ne restait qu’un minimum de place pour le chauffeur, à tel point qu’aujourd’hui encore je me demande comment il faisait pour conduire et surveiller son rétroviseur extérieur droit !
Il faut dire qu’il vendait de tout, dont voici un petit aperçu: des bleus de travail, du linge de corps,des chaussettes, chaussons, pantoufles, des serviettes et gants de toilettes, mouchoirs et serviettes de table, des sous-vêtements, chemises, maillots, les blouses pour femmes ( celles qui font prendre dix ans d’un coup à celles qui s’en revêtent ) etc… etc. Il connaissait l’emplacement exact de chaque article . Quand il était d’humeur badine, pour amuser les personnes présentes, il pouvait déballer une « petite » culotte de très, très, très grande taille ou bien un pantalon de travail pour monsieur dans lequel on aurait pu tenir à plusieurs
Et puis il y avait un endroit qui nous intéressait particulièrement, celui qu’on voit sur la photo. Dans les tiroirs il y avait la mercerie, fil, aiguilles, boutons de toutes sortes, ciseaux mais aussi des canifs. Alors là! quand on les avait vus on tannait la mère ou la grand-mère pour qu’elles nous en achètent un. En général l’une ou l’autre finissait bien par céder. Dommage qu’il ne vendait pas de pansements car le soir on avait un doigt entaillé. Quelque temps après, catastrophe, le couteau était perdu. On n’avait plus qu’à attendre le prochain passage.
Quand le commerce était terminé, il remballait méticuleusement.Tout en marmonnant il faisait l’article histoire de voir si les clientes n’avaient rien oublié. Alors il griffonnait sa note sur un petit morceau de papier et refermait le fourgon. ll montait à la maison prendre un café ou un rafraîchissement et bien sur se faire payer. Si la commande valait le coup il avait toujours un petit cadeau pour la maîtresse de maison.Tout se passait dans le calme,la confiance, la bonne humeur. C’était quand même une autre vie

A bientôt.

pêche à la rasse - 2 octobre 2014

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Il est une activité de vacances, d’été essentiellement, dont je n’ai jamais fait part, c’est la pêche à la rasse. Dans la campagne tous les riverains de ruisseaux, rivières, ou petits plans d’eau connaissaient cette façon de pêcher et l’ont plus ou moins pratiquée. Si aujourd’hui elle a disparu ou presque, c’est faute de rasse et de gens qui savent ou veulent encore en faire.
Une rasse, c’est une sorte de panier, oblong, de taille variable avec des poignées aux extrémités. ( voir photo) Dans les fermes, les hommes les fabriquaient durant les soirées d’hiver avec du jeune châtaignier pour monter la carcasse qui était ensuite garnie d’osier (saule de vannier) deux essences courantes dans le Morvan. Elles étaient très utilisées au moment de la récolte des patates et des betteraves qui se cultivaient en quantités dans la région. Elles servaient tout l’hiver à distribuer aux vaches un aliment composé de betteraves hachées, mélangées à de la balle et de la farine. Elles pouvaient même servir de nid où la fermière mettait à couver une dinde! On a eu vite fait de détourner son utilisation pour en faire un engin de pêche efficace.
Allez les gars, on prend une friture? Le mot est lancé. Par ce chaud après-midi la proposition fait l’unanimité auprès des ados un peu désoeuvrés. L’équipement est facile à trouver. Des bottes, même usagées et un vieux pantalon vont nous protéger les jambes et les pieds de toute la végétation qui encombre le ruisseau étroit et des cailloux pointus. Il nous faut un sac en toile de jute pour mettre les poissons et bien sûr une rasse. On en choisit une solide, en bon état, à l’osier encore serré pour éviter toute fuite des petits poissons, pas trop grande pour plus de facilité à la manoeuvrer dans l’eau. On en tapisse le fond avec des branchages de verne bien feuillus.Ils sont fixés en insérant la tige entre deux rangées d’osier. La pêche peut commencer. Seuls les grands, Nono et moi ont le droit de pêcher; les petits, mon frère et ma soeur suivront sur la berge.Ils sont chargés de faire le guet, ils ronchonnent. Nous sommes vite à pied d’oeuvre car le ruisseau coule au fond de la cour,point de départ de notre partie de pêche. L’eau y est peu profonde, claire et très fraîche, même en été. On trouve le poisson en quantité sous les berges érodées par le courant rapide, dans les « trous » au détour d’un méandre, où on peut avoir de l’eau jusqu’à mi-cuisse, sous les souches de vernes, de saules et de noisetiers dont la base a été largement sapée; leurs racines ainsi dégagées fournissent un bon habitat aux poissons.
Pour pêcher, la technique est simple. Je pose la rasse verticalement, sur son côté le plus long sur le lit du ruisseau, tout en la tenant fermement perpendiculaire à la berge. Allez Nono, « boule »! Il donne de bons et rapides coups de pieds sous la berge en remuant le plus d’eau possible tout en avançant dans ma direction. Le poisson,dérangé, effrayé par le bruit, égaré dans l’eau troublée, se réfugie dans le feuillage du fond de la rasse qui empêche sa fuite Quand Nono arrive à ma hauteur je la mets rapidement à l’horizontale et la sors de l’eau. A chaque fois c’est le suspense, qui fait vite place à la joie de voir goujons, vairons, chevesnes, gardons ,moutelles et parfois perches arc-en-ciel frétiller sur le fond d’osier. Les guetteurs, sur la berge veulent voir, toucher le poisson. Ce n’est pas toujours facile pour eux de s’approcher de l’eau à cause des ronciers et des orties qui leur barrent la route. Dès qu’ils le peuvent, ils viennent nous aider à récolter la friture et la mettre dans le sac. La toile de jute imbibée d’eau la gardera bien au frais. Si une truitelle ou un sifflet se sont faits piégés on les remet à l’eau. Ce sont exclamations et congratulations si un gros chevesne ou une belle truite se débattent dans le piège improvisé. C’est parfois la déception si un gros poisson, dans un soubresaut retombe à l’eau. C’est parfois une bonne frayeur si en relevant la rasse je découvre un gros rat ou une couleuvre. Je lâche tout et laisse ces animaux plus effrayés que nous s’enfuir. La pêche peut reprendre. C’est tout cela qui fait l’intérêt de notre équipée.
On sait bien que cette pratique est interdite. C’est ce qui la rend encore plus exaltante. On se prend pour des braconniers, bien dissimulés par l’épaisse végétation qui borde le ruisseau. En fait, on ne fait pas grand mal. Dès que l’on juge que la quantité de poissons capturés est suffisante pour régaler la maisonnée, on arrête la pêche, toujours à regret. On se promet de recommencer dans quelque temps,sur une autre partie du ruisseau.
Au retour, on lave la rasse et elle est mise à sécher, pour éviter que le bois ne pourisse.On en aura encore besoin. Puis vient le fastidieux travail de préparation du poisson. Là, on est un peu moins empressé. Les parents sont les bienvenus et tout le monde met la main à la pâte.
Le soir, c’est la récompense. On déguste « notre friture », délicieuse. Je n’ai jamais retrouvé la saveur de ces poissons fraichement capturés, provenant d’une eau vive qui vient de la colline d’Uchon dont le débit est augmenté par de nombreuses sources.
Aujourd’hui je pense qu’il me serait difficile de rééditer nos exploits de jeunesse pour perpétuer cette tradition et faire connaître cette pratique à mes petits-enfants. Le ruisseau a beaucoup changé. Même si l’eau est toujours très claire,des travaux d’hydraulique ont causé un ensablement du lit. Les trous se sont bouchés et l’eau n’est plus assez profonde pour permettre à la faune aquatique de se développer. Le poisson se fait très rare.

moutelle : loche
balle : enveloppe du grain de blé dans l’épi
sifflet : jeune brochet

A bientôt

Hébergement insolite - 10 août 2014


Début juillet, nous nous sommes retrouvés avec trois autres couples pour passer quelques jours ensemble. Pourtant rien ne prédestinait à cette rencontre, les exploitations étant situées en Isère, Dordogne, Charentes et Saône et Loire. Mais grâce à Internet, ses blogs, ses forums, il est facile de se faire des connaissances, de tisser des liens. Le virtuel, c’est bien mais les quatre épouses ont pensé qu’une rencontre réelle serait bien plu sympa et plus enrichissante. C’est la représentante de la Dordogne qui s’est proposée de nous rassembler. Nous nous sommes donc retrouvés dans sa ferme du Périgord vert. Au programme, faire connaissance, visiter le pays environnant, l‘exploitation, une grotte, la ville de Brantome,etc….Bien sûr les discussions ont été bien animées.
Notre hôte périgourdine nous avait réservé une surprise pour ce qui est de l’hébergement que je qualifierai d’insolite.. C’est un ancien séchoir à tabac rénové, à flanc de colline, adossé à l’orée d’une forêt où il pousse des cèpes. De grandes baies vitrées éclairent l’unique grande pièce et offrent la vue sur la campagne environnante. Le gîte est équipé pour tout ce qui est cuisine, vaisselle, repas, etc… Des canapés incitent au repos ou à la lecture car l’immense bibliothèque est bien fournie. Le décor y est éclectique, une machine à coudre,un vannoir ancien,une carriole pendue au plafond…… Dans le séchoir, pas besoin de se déchausser: les pantoufles, chaussons,talons aiguille sont inutiles, on est à même le sol. pas de radio, pas de télé, pas de wifi !
Pour dormir, il faut se rendre, à une centaine de mètres, à la petite cabane (photo du haut) en passant par la forêt. On peut coucher à 10 personnes, sur 2 étages. il n’y a pas d’électricité. Il ne faut pas oublier sa lampe de poche, qui peut être bien utile pour se rendre, de nuit, aux toilettes sèches un peu plus loin dans la forêt.. Le coin salle d’eau est très agréable et bien équipé, mais celui ou celle qui veut rester plus « nature » peut utiliser la douche solaire. Il faut quand même un bon soleil pour profiter d’une douche à température désirée, avec vue imprenable sur les collines de Dordogne
Les propriétaire du gîte sont très sympa, et François est spécialiste en botanique, sur quoi il est intarissable
Un séjour très agréable que je conseille aux amoureux de la nature. Dépaysement total surtout pour les citadins

sur internet : gite refuge des croquants d’herbes folles
croquant-herbes-folles.fr

A bientôt

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