Dernière Saint Martin - 29 novembre 2014

Le 11 novembre, la Saint Martin ! Comme j’ai dû déjà le dire, c’est la date d’échéance, de renouvellement ou de cessation des baux ruraux. C’est la date d’un éventuel changement d’exploitation. Je n’ai jamais connu cette situation car la famille exploite la ferme de Vernois, la ferme en Bourgogne pour le blog, depuis 1899. Je suis né dans la maison de la ferme et y suis toujours resté. Pour nous ce 11 novembre 2014 est un tournant important dans notre vie car il marque la fin de notre activité agricole. Nous voilà retraités tous les deux. Adieu veaux, vaches, cochons …..tracteur…faucheuse ! Tout est vendu ou presque. Il reste encore un peu de matériel. J’ai commencé à vendre les bêtes depuis fin septembre, avant la forte baisse de fin d’année. Le plus dur a été de voir partir les vaches. Il faut dire que je côtoyais chacune d’elles depuis des années, 10 ans voire 12 pour les plus âgées. On finit par s’attacher. Je ne sais pas où elles sont et je n’ai pas envie de le savoir pour le moment. J’espère juste qu’elles seront bien, qu’elles ne seront pas tombées chez des éleveurs sans scrupules envers les animaux. Cependant il en reste quelques une dans les prés, celles que mes successeurs ,mes locataires m’ont acheté.Je les ai sous les yeux en permanence, pour elles ça ne change pas grand-chose.

C’est bien sûr un grand changement. N’avoir plus rien à faire, n’avoir plus de décision, grande ou petite à prendre, plus d’initiative, ne plus se soucier du temps qu’il fait et de ses conséquences sur les animaux et les cultures, ne plus avoir à subir la pression administrative avec ses contrôles suivis de potentielles pénalités, ne plus être tributaire des aléas de la vie de son troupeau, ne plus être pris en permanence par le travail. En un mot la tranquillité.

Mais d’un autre côté, qui dit retraite dit soixante ans et plus. La jeunesse a foutu le camp. La forme physique n’est plus ce qu’elle a été. Je suis bien obligé de reconnaître que les anciens avaient raison, même si ça me faisait sourire lorsqu’ils disaient qu’au-delà de 60 ans l’âge devient vite un handicap irréversible. Je crois que pour le mental, c’est pareil. Un petit problème devient vite une « montagne » insurmontable même si on finit par la surmonter. De nos jours conduire une exploitation agricole d’élevage et y gagner sa vie n’est pas chose facile. J’admire les jeunes qui se lancent dans cette aventure et je leur souhaite de faire le bon choix,de prendre la bonne orientation et de réussir dans ce contexte défavorable pour le monde agricole, et le monde tout court d’ailleurs
Même si en mon for intérieur je pense qu’il vaut mieux « s’installer » que s’en aller, je suis content d’avoir cessé. Il est bien temps à 63 ans. J’apprends mon métier de retraité. Je suis novice mais je pense m’adapter rapidement. Ah! qu’il est doux de ne rien faire quand tout s’agite autour de nous ( M Carré). Je suis d’accord avec cette citation et pour l’instant je ne fais rien et n’ai rien envie de faire. Service minimum ! Je me sens un peu désœuvré. Je prends le temps comme il vient. Par ces courtes journées d’automne cela me convient très bien.

A bientôt

Commentaires

10 réponses à “Dernière Saint Martin”   Laissez un commentaire !

  1. Yves le 29 novembre 2014 à 1:31

    Bonsoir Bernard et Chantal,

    Bonne retraite à vous deux; je vous souhaite de bien pouvoir profiter de votre liberté retrouvée ou trouvée si je peux me permettre l’expression. C’est une page de vie qui se tourne et une autre qui s’ouvre!

    Bonne continuation,
    Yves

  2. marief le 1 décembre 2014 à 0:23

    Alors, c’est fini? Vraiment?

  3. doudoune le 1 décembre 2014 à 10:05

    N’aie crainte, cher cousin !
    Tu vas vite trouver ton « rythme de croisière » : fraternel comme tu l’es , les occasions ne te manqueront pas de rendre service ici ou là !
    Et puis les visites à la parentèle éloignée : je veux bien commencer la liste……….
    Biz’ de Bresse

  4. Olivier Bailleux le 2 décembre 2014 à 21:47

    Mais vous restez sur place, ou bien vous déménagez à coté de la ferme, ou plus loin ?

    Après le Journal d’une ferme en Bourgogne, vous pourriez écrire les Mémoires d’une ferme en bourgogne, ou de la ferme Vernois. Ce ne sera peut être pas un best seller, mais ce sera un témoignage précieux de la vie dans une ferme sur plusieurs générations, de ce qui a changé, de ce qui a perduré. Un livre à transmettre aux générations futures.

  5. Bernard le 3 décembre 2014 à 19:49

    Oui Marief c’est fini . Il faut bien s’arrêter une fois. Je pense que j’en ai assez fait

    Olivier, je reste dans la maison de la ferme, mon jeune locataire n’étant intéressé que par les terres. Du coup je garde les bâtiments anciens aussi. Avec la cour, le jardin, j’ai de l’espace et se quoi m’occuper
    Écrire des billets sur un blog, c’est facile, mais un livre c’est autre chose. J’y pense un peu mais ça me parait bien compliqué et mes ainés ne sont plus là pour une mémoire plus ancienne
    Il reste la possibilité de faire éditer le blog , c’est possible d’ailleurs une partie est publiée par Blurb on peut le voir et l’acheter à cette adresse http://www.blurb.fr/b/61013-journal-d-une-ferme-en-bourgogne

  6. Olivier Bailleux le 4 décembre 2014 à 22:57

    Oui, les ainées disparaissent et avec eux une mémoire précieuse. On ne sait plus qui sont les personnes sur les anciennes photos de famille, on perd un peu nos racines, et on réalise trop tard qu’on aurait dû conserver des notes, des archives.

    Dans chaque bateau, il y a un livre de bord. Je pense que ce serait bien s’il y avait dans chaque maison un journal qui relate tous les évènements qui s’y sont déroulés, le quotidien des gens qui y ont vécu, leur regard sur les changements auxquels ils ont assisté…

    En tout cas, je suis content pour vous que vous puissiez rester à le ferme et continuer d’y recevoir vos enfants et petits enfants.

  7. sylvie le 5 décembre 2014 à 10:00

    Bonjour à vous !
    je ne sait pas comment commenté , c’est difficile….d’un côté il y a la tristesse que tu dois avoir a voir partir tes animaux , dispersé un peu partout …et en même tant on ressent aussi très nettement le  » ouf » de soulagement .
    Thierry et moi même vous souhaitons le meilleur pour les années à venir 😉
    du temps enfin POUR VOUS , pour vos enfants et petits enfants .
    Prendre son temps, voila le fin mot de l’histoire finalement 🙂

  8. uxeautois le 17 décembre 2014 à 17:11

    Bien lu votre commentaire ( avisé ) sur le départ en retraite .
    C’est une étape difficile ( très ) qu’il faut avoir passée pour en parler en connaissance de cause .
    Chez nous ; pas facile non plus ; à 60 Balais j’ai arrété ; afin de mettre l’exploitation au nom de Petite Mémé quelques temps ( pour essayerd’arrondir sa retraite ) c’était la période ( courte ) ou on pouvait avoir une prè-retraite à partir de 55 Ans ;
    Nôtre Fils ( Ingénieur à la Chambre d’Agriculture de Saône-et- Loire) a réussi à faire passer le dossier de sa Mère ( on se demande comment )si bien qu’on a été avertis le 12 Mars 1993 qu’elle serait en Préretraite le 1er Avril ; à la condition impérative que tout soit débarrassé pour cette date .
    Cà a été une agitation au-dessus de tout ; pour exemple le 14 Avril ; il y avait 4 camions à Bovins dans la cour ; une folie ( finalement réussie ).
    Mais çà a été très ( trop ) vite ; et quand la date a été passée ; il restait le Chien ; çà a été un choc terrible .
    Et comme vous Bernard ; c’était pas simple les premières semaines .
    Et puis on s’y fait petit à petit ; et puis arrive un moment ou on est complètement débordé ( à nouveau ).
    Le temps qu’on a la santé çà va bien ; la vie révée ; ensuite ; c’est moins bien .
    Profitez-en au <> car vous êtes jeunes et en pleine force .
    Mes amitiés sincères à vous deux .
    ( si un jour vous êtes vraiment désoeuvrés ; venez me voir ; vous ne saurez jamais comme le plaisir de vous revoir est excitant pour moi ) .

  9. Vassincourt le 14 février 2015 à 10:06

    Bravo pour ce blog !
    Je le découvre et je suis sous le charme. Je l’ai mis dans mes favoris et je vais devenir un lecteur assidu.
    Au plaisir de vous lire bientôt
    Philippe

  10. dorigord le 2 mai 2015 à 17:25

    Et 6 mois après, où en es-tu? as-tu trouvé qq occupations pour essayer de faire qqchose de tes journées. J’ai vu que vous étiez allés faire un petit tour à Paris, qq promenades. Ce que tu écris sur tous ces métiers disparus est très intéressant. Il faudrait interviewer les plus âgés.
    Dans le village natal de mon père, ils ont commencé à compiler des vieux métiers. Ils sont venus voir mon père pour qu’il raconte le métier de son père, né dans les années 1880 : il était tonnelier avec la forge dans la cour.
    Bonne continuation et , peut-être, à bientôt. Bises à tous deux

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