Derniers vêlages laborieux - 23 mai 2010

Alors que côté vêlage ça ne s’était pas trop mal passé pendant l’hiver, les dernières naissances m’ont donné bien du souci.
Déjà il faut surveiller étroitement les vaches au pré; ce n’est pas si facile qu’à l’écurie où on les a en permanence sous les yeux et qu’on peut les toucher.
Il faut les ramener à l’écurie dès que l’on pense que la mise-bas approche. Pour cela j’ai une technique imparable; Tous les jours, matin et soir je distribue une toute petite quantité de farine dans une auge à l’intérieur du parc. Même pas la peine d’appeler les gourmandes, le bruit du moulin suffit à les faire venir manger leur friandise. Elle ne se méfient pas lorsque je ferme la barrière sur elles.
25 avril : Césarienne. Le veau n’est pas exceptionnel mais trop gros pour la vache. Même avec le véto on n’a pas pu le sortir naturellement. La césarienne est un acte courant mais qui coûte 210 euros quand même.Tout a bien marché jusqu’au jusqu’au 13 mai où j’ai trouvé le veau crevé, juste après avoir tété,certainement d’un crise cardiaque
26 avril: j’aide une vache à mettre-bas, aide facile comme on dit. Seulement le veau est légèrement handicapé des pattes avant. Il marche sur les boulets (voir photo), pieds repliés. Cela a duré plusieurs jours. D’abord un pied est revenu normal. J’étais prêt à faire plâtrer l’autre mais j’ai mis le veau au pré et tout est rentré dans l’ordre.
27 avril/ Nouveau vêlage. Le veau, une femelle s’engage bien, avec une légère traction, mais reste bloquée aux hanches. Bloquée pour de bon. Après avoir tout essayé je décide de tirer, fort ,très fort., conjuguant mes tractions avec les efforts de poussée de la vache qui met pourtant du sien. Le veau finit par sortir mais le lendemain je ne peux que constater que le veau, une mulotte, a la cuisse démolie. Je lui fais une attèle qu’un rebouteux m’avait enseigné il y a bien longtemps: un collier autour du cou, un petit collier au pied, un sandow qui relie les deux. Ce dernier empêche la patte de partir en arrière et la ramène automatiquement vers l’avant si le veau veut marcher. Ce dispositif m’ a sauvé bien des veaux mais celle ci est trop atteinte. Elle va finir en veau de boucherie. J’ai pourtant eu un sacré boulot pour la faire téter jusqu’à temps qu’elle puisse se mettre debout.
5 mai: en fin de soirée une génisse attardée commence à avoir des contractions. Elle va me tenir éveillé une bonne partie de la nuit car ce n’est que vers 4 h du matin que je peux la fouiller. Le veau de taille normale se présente le « cul le premier » en fait les pattes arrière les les premières, et sur une génisse, ça ne pardonne pas,je suis bon pour la césarienne. D’ailleurs je n’attends pas le véto pour tout préparer.Je n’avais encore jamais vu un veau sortir de cette manière. C’est très spectaculaire. Quand il est léché et sec j’essaie de le faire téter mais il ne se tient pas debout. Ses jarrets en position étendue dans le ventre de la vache sont droits, voire pliés en sens contraire. C’est du travail pour le faire téter pendant plusieurs jours. En général les pattes reprennent un forme normale au bout de quelque temps. Là encore c’est au pré que tout va s’arranger.
16 mai- 21 mai. La, c’est une autre histoire. On devait partir dans le midi chez les enfants pendant le week-end de l’ascension. Mais quelques jours avant 2 vaches commencent à présenter les symptômes d’un vêlage imminent. Je décide d’annuler le voyage. Pour rien en fait car la 1ère va vêler 2 jours après la date de retour prévue et l’autre 6 jours . C’est rageant mais ce n’est pas une science exacte et je ne voulais pas prendre le risque. Le voyage aurait pu me coûter cher. Surtout qu’il fallait être là; une s’est relevée alors que le veau était à moitié sorti. Pas facile d’installer la vêleuse avec le veau hurlant pendu au cul de la vache qui remue dans tout les sens cherchant le veau qu’elle croit né. La seconde n’a pas voulu se coucher. Quand j’ai vu qu’elle allait expulser le veau en position debout, que la tête sortait, j’ai vite mis la vêleuse pour aider et heureusement car ce n’était pas un petit et j’ai du tirer fort. Pour couronner le tout,ces 2 derniers faits ne sont pas très futés et n’arrivent pas encore à se nourrir seuls
Aujourd’hui, dimanche de Pentecôte après midi, devinez quoi? encore une césarienne Après-midi foutu pour la sortie prévue
Quand je vous dis qu’on ne fait pas un métier facile!
A bientôt.

Retour au pré - 2 mai 2010


Avril ne te découvre pas d’un fil,mai va comme il te plaît. A part que cette année avril a ressemblé plus à un mois d’été qu’à une fin d’hiver. Cela m’a permis de réaliser une mise au pré idéale pour tous les animaux qui étaient encore à l’étable.
Les vaches avec leurs jeunes veaux ont trouvé des conditions exceptionnelles à leur sortie, sur des prés bien ressuyés où l’herbe commençait à pousser. Des gelées blanches ont cependant persisté jusqu’ à la dernière semaine, pas trop gênantes mais limitant la pousse. Pour moi ce n’est pas plus mal. Les vaches ne trouvant pas une herbe abondante n’ont pas beaucoup de lait. Ainsi les jeunes veaux ( les 1ers ne sont nés qu’en février ) ne se trouvent pas confrontés à des pis gorgés de lait très riche, trop abondant pour eux, juste bon à déclencher des diarrhées et des problèmes digestifs. Malgré la fraîcheur matinale et le vent du nord les petits veaux ont bien débuté leur vie à l’extérieur. Pas de congestion intestinale,ballonnement, coliques, coup de froid, etc comme je l’ai souvent connu lors de mauvais printemps.
Avec ce beau temps persistant j’ai bien pu prendre mon temps pour lâcher, une petite semaine. Avant de les dispatcher sur les prés qui donnent sur la cour de la ferme, j’ai pu prendre le temps de passer chaque « paquet » par les parcs. J’ai pu employer le temps qu’il fallait pour que chaque veau s’accoutume à l’ambiance extérieure, reconnaisse sa mère, retrouve le pis . Quand tout semblait ok j’ ouvrais la barrière et le résultat a été assez positif . Un seul veau est resté bloqué à la barrière mais sa mère est revenue le chercher le soir. Procéder ainsi évite bien de la fatigue et de l’énervement.
Pour aller dans les prés plus éloignés, c’est en remorque que les animaux ont fait le voyage: 3 veaux dans le compartiment avant, les vaches à l‘arrière. Pour les faire monter dans la bétaillère j’ai eu besoin de l’aide de Chantal. Arrivé dans le pré j’ouvre les portes, tous descendent et là, la reconnaissance vache-veau est parfois plus délicate. En général cela s’arrange dans la journée.
Parfois un veau craintif et désorienté ne retrouve pas sa mère et lors de ma visite du soir je le retrouve affamé, gueulant à la recherche de sa mère. Souvent il vient à mon devant chercher du secours auprès de moi. Alors je tente de le conduire vers sa vache et si celle-ci ne me fuit pas, j’essaie de le guider vers la zone du pis. Il reconnaît les odeurs qui lui sont familières et c’est gagné; il se met tout de suite à téter. Si un plus dégourdi est passé avant il boit ce qui reste et ne quitte plus sa mère. Désormais il va faire attention, c’est l’apprentissage de la vie.
Je n’ai eu que 2 retours à l’étable. Un veau que j’avais mis au pré plus tôt, début avril a été atteint de coccidiose. Des bactéries détruisent l’intérieur des intestins ce qui se traduit par une diarrhée très sanguinolente, mortelle si elle n’est pas soignée à temps. Après soins adaptés, le veau ,costaud, a été vite remis. Du coup j’ai fait un traitement préventif à tous les autres en plus du déparasitage habituel d’avant mise au pré: poux et vers de toute sorte
j’ai du ramener une vache qui souffrait terriblement du pis. Sous l’action conjuguée du soleil, du vent, et de la bave du veau, deux des quatre trayons déjà très gros d’avance se sont enflammés, craquelés. Ils lui faisaient tellement mal qu’elle se couchait pour empêcher le veau de téter. Même à l’écurie j’ai du me fâcher, l’ attacher fermement et lui mettre la « mouchette » (instrument de contention que l’on met dans les naseaux) pour permettre au veau de téter et dégonfler les tétines Une semaine d’écurie, d’application de pommade et tout est rentré dans l’ordre.
A l’heure actuelle il ne reste plus que 3 vaches qui viennent de vêler et je ne vais pas tarder à les sortir, mais 4 autres vont venir les remplacer car le moment du vêlage s’approche.Je préfère les avoir sous la main pour les surveiller et intervenir au besoin.

A bientôt.

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