Les foins: cru 2009 - 11 juillet 2009

balle

‘ Les foins? ils sont terminés, comme dans toute la région d’ailleurs, à quelques exceptions près. Il faut dire que j’ en ai beaucoup moins récolté. La superficie fauchée a été réduite de plus de moitié par rapport aux années précédentes et la quantité n’a pas été au rendez-vous. Les gelées tardives en mai et la période de vent de nord ont bloqué la pousse de l’herbe. Le proverbe qui dit que « la Pentecôte met les foins ou bien les ôte » s’est révélé juste cette année, dans le mauvais sens. La pluie était pourtant tombée début mai juste après l’apport de fumure mais cela n’a pas eu l’effet escompté.
N ’empêche que ma fenaison m’a pris pas mal de temps. Ne pouvant compter sur aucune aide cette année, je crois que j’ai été un peu trop prudent , voire timide pour faucher. Il faut dire que le temps n’était pas génial pour ce genre de travail. A partir du moment où l’herbe est coupée il lui faut 2 à 3 jours de soleil pour devenir un foin très sec, apte à bien se conserver. Nos prévisions météo ne sont pas très performantes ni fiables à 100%. Du fait j’ai parfois hésité à faucher et le lendemain, sous le grand soleil non annoncé je pestais contre nos spécialistes. A l’inverse, j’ai coupé et le foin est resté au sol 1 ou 2 jours de plus faute de la chaleur prévue. Du coup je trouve que j’ai mis longtemps pour faire peu de choses.
Je me demande comment on faisait autrefois sans tous ces sites de prévision météo qui foisonnent de partout: télé, radio, journaux, internet, téléphone, etc….On avait différents repères qui restent valables aujourd’hui. Pour prévoir la pluie c’est l’hirondelle qui vole au ras du sol, des champignons gris qui poussent en grand nombre sur le tas de fumier, ou la pierre à lécher de sel gemme très humide voire ruisselante. Pour le beau temps, c’est le vent qui tourne au Nord, Les collines morvandelles dans le « serein », ou la pierre de sel, encore elle, très sèche, blanchie par les cristaux brillants. Et la liste est exhaustive. Ce n’est pas une science exacte et il n’ était pas rare de se tromper et de faire mouiller du foin plusieurs jours. Et du foin qui prend la pluie, surtout plusieurs jours, perd énormément de qualités nutritionnelles et d’appétence. Mieux vaut éviter.

Dans ce billet je ne vais pas raconter en détail ma façon de travailler qui en fin de compte est la même que j’ai décrite les années précédentes. Je vais plutôt vous parler des hôtes des prés dans des situations insolites.
Alors que je fauchais le « champ de l’étang » des milliers de sauterelles fuyaient devant la lame. Tout à coup une buse venue de nulle part se met à tourner autour du tracteur, piquer vers le sol, foncer sur la faucheuse, changer brusquement de direction. D’abord surpris par son manège, j’ai eu vite fait de comprendre qu’elle essayait d’attraper au vol les grosses sauterelles vertes. Elle fut rapidement rejointe par une autre puis par un autre couple et un moment après ce furent six buses qui donnaient inlassablement la chasse aux gros insectes verts. Elles passaient si près que je pouvais distinguer leur oeil perçant, la sauterelle dans les serres, et la façon de la déguster en vol en avançant les pattes vers l’avant tout en baissant la tête pour prendre l’insecte dans le bec crochu. Malheur à un corbeau qui s’était aventuré dans leur « espace aérien »; il fut vite découragé par un rapide duel dans les airs. Puis d’un seul coup, les oiseaux de proie, sans doute repus disparurent rapidement.

Dans les Aiguillères j’ai du faire un sauvetage. Alors que j’avais déjà fait plusieurs tours mon attention est attirée par un oiseau qui marche dans le passage dégagé par la faucheuse entre l’andain fauché et l’herbe encore debout juste à l’endroit où passe la roue du tracteur. En fait c’est une caille suivie de 2 poussins minuscules pas plus gros que mon pouce. Je stoppe net et descends de la cabine. La mère se tapit dans un creux laissé par un pied de bovin et les 2 petits ont bien du mal à se dépêtrer de l’herbe.Il est facile de les capturer et la mère se laisse faire aussi. Je la prends délicatement, un peu trop peut-être, elle se débat et s’enfuit à quelques mètres. je dépose les petits plus loin,où le foin est a été récolté. Ils piaillent, alors je pars faucher plus loin le temps que la mère les récupère. Les cailles ont échappé à la lame mais sont maintenant à découvert et les prédateurs rodent…..
En entamant une nouvelle coupe, un lièvre, énorme s’enfuit au passage de la faucheuse. Alors que je le regarde, il faut dire que j’en vois peu, un deuxième tapi à quelques mètres démarre en trombe et s’enfuit au bois. Au tour suivant, je vois un des 2 lièvres, le gros, sur l’andain. Il semble se déplacer difficilement, s’éloigne doucement en rampant à travers les balles rondes. Il semble ne plus avoir d’oreilles, ça ne ressemble même plus à un lièvre. La faucheuse l’a sûrement touché. Je stoppe et cours dans sa direction, pensant déjà au civet qu’il pourrait faire. Et la il se dresse sur ses pattes arrières relève les oreilles, et détale, retrouvant toute sa puissance et son élégance.
Ce n’est pas si souvent que je vois autant de gibier et c’est tant mieux.

A bientôt

Commentaires

8 réponses à “Les foins: cru 2009”   Laissez un commentaire !

  1. yves le 12 juillet 2009 à 0:21

    Bonsoir Bernard,

    Chez nous (Hainaut Belgique) aussi le rendement est moindre cette année mais la qualité est bonne. Nous avons eu un mois de juin relativement propice à la fenaison. Dans notre région il nous faut au moins 4 jours avant de pouvoir balloter et parfois 5. L’humidité de l’air est rarement descendu en dessous des 70%. Les rosées matinales et l’évaporation de l’humidité venant du sol ralentissent le séchage. Le troisième jour en fin de journée je mets généralement en andain afin que le foin reprenne moins l’humidité la nuit et que les intervalles entre les andains ainsi découverts bénéficient du soleil dès le lendemain matin; ainsi fin de matinée je peux déplacer les andains sur un sol plus sec et mettre en petites bottes dans l’après-midi. Il faut donc toujours de la chance pour réussir du foin sec. Par chez nous la majorité des foins sont récoltés en préfanés soit ensilage ou en gros ballots emballés sous plastique. Les faucheuses conditionneuses réduisent également le temps de séchage mais en cas de pluie les pertes sont beaucoup plus conséquentes.
    Rien n’est jamais gagné d’avance mais quelle satisfaction de pouvoir rentrer une remorque de bon foin vert qui diffuse une agréable odeur. C’est le gage d’une bonne appétence au moment de la distribution et croyez moi bien que mes moutons sont de fins connaisseurs!

    Bonne chance pour la moisson et à bientôt,

    Yves

  2. Latil le 12 juillet 2009 à 6:37

    Dans le village ou j habite il y a une benne pour les déchets verts, elle est constament remplie par du foin (certainement des éleveurs de chevaux qui se débarassent de marchandise de mauvaise qualité.) J ai bien regardé ta lame de faucheuse, c est ingénieux comme systéme,je connaissais les faucheuses a tambour.
    Pour la météo, c est lamentable ils se trompent souvent, pour moi cela n a pas de conséquence, mais chez les agriculteur……
    Amicalement Latil

  3. danny le 12 juillet 2009 à 11:48

    bonjour,

    Chez nous(en alsace) c’est le contraire la récolte de foin a été très bonne,sauf là où il n’y a pas eu de fumure.Pour la météo c’est une vraie catastrophe en ce qui concerne les prévisions.

    bonne journée à tous

  4. nicole le 13 juillet 2009 à 10:20

    Bonjour Bernard
    C’est toujours avec plaisir que nous lisons tes billets . Très joli le passage sur tes rencontres, une plongée en pleine nature , on en oublierait presque que tu travaillais!
    Bises à Chantal . Elle fait des confitures cette année?
    A bientôt!

  5. marie-paule le 16 juillet 2009 à 8:43

    Bonjour à vous,
    Ces prévisions météo à la lecture de ce qui nous entoure qui connait de nos jours ?
    J’ai encore beaucoup aimé ce compte rendu de fenaison. Merci.

  6. mamienne le 18 juillet 2009 à 16:03

    Bonjour Bernard !
    Bonjour Chantal !!

    Et oui ici aussi les foins sont terminés mais les moissons trainent et les rendements sont très moyens !

    Pour les foins , chez nous aussi ça a été moins bon , il a vraiment manqué d’eau cet hiver … les secondes coupes sont terminées et rentrées nous attendons maintenant les vélages en passant le gyro sur les chardons et les orties ou les ronces .

    Pour moi c’est le boulot au jardin potager avec les haricots verts , les courgettes , quelques confitures de rhubarbe et bientôt celles de sureau , la semaine prochaine surement .

    Et chantal ? Elle aussi doit avoir de l’occupation surtout si vous avez des petits vacanciers !!

    A très bientôt !!

  7. lola le 21 juillet 2009 à 13:18

    coucou Bernard !Coucou Chantal!
    Merci beaucoup pour ce sejour super!
    la vie de la ferme est super interessnte et ma bien remise en forme! merci encore pour tout…!

    lola

  8. Thomas le 31 juillet 2009 à 14:42

    Avant , les gens avez leurs dictons pour faire leur foin pas besoin des sites météo !

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