Voyage en ballon - 19 juillet 2009

Noël n’est pourtant pas en juillet mais c’est jeudi 16 que j’ai profité du cadeau qui était sous le sapin, c’est à dire d’ un billet pour un vol en montgolfière. La société France-Montgolfière dispose de 2 sites d’envol en Bourgogne, et en bon Morvandiau, j’ai choisi la région de Vézelay, histoire de voir à quoi ressemble le Nord-Morvan dont 110 km nous séparent. Jeudi, il fait très beau,trop chaud même. A 13 heures j’appelle le pilote pour confirmation du vol en soirée. Je lui fais part du bulletin météo à la télé qui annonce une vague d’orages, mais pour lui, la station qu’il consulte avant de prendre l’air est formelle: orages prévus en 2ème partie de nuit. Le vol aura bien lieu.
L’après-midi le temps est de plus en plus lourd. le temps va à coup sûr tourner à l’orage. Et là, je suis pris d’un doute; est-ce que ce n’est pas aller au devant des ennuis? est-ce bien raisonnable? En fin de compte on peut contrôler la montée et la descente, mais une fois en l’air la montgolfière est à la merci des éléments. C’est sûrement mon esprit paysan qui prend le dessus, mais je me rassure car on n’entend jamais parler d’accident.
Accompagné de Chantal et Caroline nous avons le temps de visiter la célèbre basilique et nous nous rendons sur le lieu d’envol. Nous sommes 12 passagers et tout de suite dans l’ambiance « montgolfière » L équipe est affairée à préparer le ballon et la nacelle,donne des instructions, répond aux questions de chacun. Vers 20 heures quand le calme du soir est là, l’enveloppe est gonflée, d’abord avec de puissants ventilateurs. Puis le pilote met le brûleur en action et le ballon se redresse rapidement et nous pouvons prendre place à bord du panier.
Dès que le ballon est libéré, la terre s‘éloigne rapidement et le vol commence. C’est très agréable,très sécurisant, la vue est splendide. Dommage qu’i faille actionner souvent le brûleur à gaz,bruyant et dégageant beaucoup de chaleur, ce qui vient troubler le calme et le silence du voyage. Poussé par un vent de 15 noeuds (environ 30 km/h) à 250 – 300 m d’altitude le paysage défile sous nos pieds: Vézelay d’abord,puis alternent forêts, champs, hameaux mais peu de pâturages et de troupeaux. Du sol montent les bruits de la vie, les aboiements de chiens énervés par l’aéronef, des hou-hou, le ronflement d’une moissonneuse batteuse, etc. On vole au-dessus des oiseaux, on affole les chevreuils.
Plus on avance, plus la menace orageuse se précise et certains voyageurs commencent à s’inquiéter quand les premiers éclairs piquent suivis de grondements lointains. Une fois de plus la météo pourtant formelle s’est encore trompée. il n’est pas 21 heures que l’orage est déjà là.
Le pilote décide d’écourter un peu le vol et amorce la descente. C’est très spectaculaire de voler juste au-dessus des arbres. Il dit vouloir se poser à la première opportunité,en l’occurrence une jachère au bord d’une petite route. L’atterrissage est assez sportif. La nacelle touche le sol, se couche, se redresse tirée par le ballon, se couche à nouveau,et se redresse encore, mais cette fois le ballon s’affale, dégonflé et elle finit sur le flanc. On se retrouve à l’horizontale et on s’extirpe comme on peut.
Ensuite il nous faut attendre au moins 45 minutes pour que l’équipe d’assistance au sol n’arrive. Elle nous avait bien suivi au début mais nous avait perdu de vue pendant le survol d’une forêt. Le pilote essaie bien de donner des indications pour la guider et même de donner des coups de brûleur pour nous faire repérer. L’attente a paru bien longue surtout que le temps devenait de plus en plus menaçant. Les voitures arrivent enfin. On aide à plier, charger le matériel et l’aventure se termine autour d’un pot. Les premières gouttes nous pressent à monter dans les voitures et nous rentrons à Vézelay sous la pluie et le tonnerre.
Une bonne expérience. Merci Père Noël !
A bientôt
Les foins: cru 2009 - 11 juillet 2009

‘ Les foins? ils sont terminés, comme dans toute la région d’ailleurs, à quelques exceptions près. Il faut dire que j’ en ai beaucoup moins récolté. La superficie fauchée a été réduite de plus de moitié par rapport aux années précédentes et la quantité n’a pas été au rendez-vous. Les gelées tardives en mai et la période de vent de nord ont bloqué la pousse de l’herbe. Le proverbe qui dit que « la Pentecôte met les foins ou bien les ôte » s’est révélé juste cette année, dans le mauvais sens. La pluie était pourtant tombée début mai juste après l’apport de fumure mais cela n’a pas eu l’effet escompté.
N ‘empêche que ma fenaison m’a pris pas mal de temps. Ne pouvant compter sur aucune aide cette année, je crois que j’ai été un peu trop prudent , voire timide pour faucher. Il faut dire que le temps n’était pas génial pour ce genre de travail. A partir du moment où l’herbe est coupée il lui faut 2 à 3 jours de soleil pour devenir un foin très sec, apte à bien se conserver. Nos prévisions météo ne sont pas très performantes ni fiables à 100%. Du fait j’ai parfois hésité à faucher et le lendemain, sous le grand soleil non annoncé je pestais contre nos spécialistes. A l’inverse, j’ai coupé et le foin est resté au sol 1 ou 2 jours de plus faute de la chaleur prévue. Du coup je trouve que j’ai mis longtemps pour faire peu de choses.
Je me demande comment on faisait autrefois sans tous ces sites de prévision météo qui foisonnent de partout: télé, radio, journaux, internet, téléphone, etc….On avait différents repères qui restent valables aujourd’hui. Pour prévoir la pluie c’est l’hirondelle qui vole au ras du sol, des champignons gris qui poussent en grand nombre sur le tas de fumier, ou la pierre à lécher de sel gemme très humide voire ruisselante. Pour le beau temps, c’est le vent qui tourne au Nord, Les collines morvandelles dans le « serein », ou la pierre de sel, encore elle, très sèche, blanchie par les cristaux brillants. Et la liste est exhaustive. Ce n’est pas une science exacte et il n’ était pas rare de se tromper et de faire mouiller du foin plusieurs jours. Et du foin qui prend la pluie, surtout plusieurs jours, perd énormément de qualités nutritionnelles et d’appétence. Mieux vaut éviter.
Dans ce billet je ne vais pas raconter en détail ma façon de travailler qui en fin de compte est la même que j’ai décrite les années précédentes. Je vais plutôt vous parler des hôtes des prés dans des situations insolites.
Alors que je fauchais le « champ de l’étang » des milliers de sauterelles fuyaient devant la lame. Tout à coup une buse venue de nulle part se met à tourner autour du tracteur, piquer vers le sol, foncer sur la faucheuse, changer brusquement de direction. D’abord surpris par son manège, j’ai eu vite fait de comprendre qu’elle essayait d’attraper au vol les grosses sauterelles vertes. Elle fut rapidement rejointe par une autre puis par un autre couple et un moment après ce furent six buses qui donnaient inlassablement la chasse aux gros insectes verts. Elles passaient si près que je pouvais distinguer leur oeil perçant, la sauterelle dans les serres, et la façon de la déguster en vol en avançant les pattes vers l’avant tout en baissant la tête pour prendre l’insecte dans le bec crochu. Malheur à un corbeau qui s’était aventuré dans leur « espace aérien »; il fut vite découragé par un rapide duel dans les airs. Puis d’un seul coup, les oiseaux de proie, sans doute repus disparurent rapidement.
Dans les Aiguillères j’ai du faire un sauvetage. Alors que j’avais déjà fait plusieurs tours mon attention est attirée par un oiseau qui marche dans le passage dégagé par la faucheuse entre l’andain fauché et l’herbe encore debout juste à l’endroit où passe la roue du tracteur. En fait c’est une caille suivie de 2 poussins minuscules pas plus gros que mon pouce. Je stoppe net et descends de la cabine. La mère se tapit dans un creux laissé par un pied de bovin et les 2 petits ont bien du mal à se dépêtrer de l’herbe.Il est facile de les capturer et la mère se laisse faire aussi. Je la prends délicatement, un peu trop peut-être, elle se débat et s’enfuit à quelques mètres. je dépose les petits plus loin,où le foin est a été récolté. Ils piaillent, alors je pars faucher plus loin le temps que la mère les récupère. Les cailles ont échappé à la lame mais sont maintenant à découvert et les prédateurs rodent…..
En entamant une nouvelle coupe, un lièvre, énorme s’enfuit au passage de la faucheuse. Alors que je le regarde, il faut dire que j’en vois peu, un deuxième tapi à quelques mètres démarre en trombe et s’enfuit au bois. Au tour suivant, je vois un des 2 lièvres, le gros, sur l’andain. Il semble se déplacer difficilement, s’éloigne doucement en rampant à travers les balles rondes. Il semble ne plus avoir d’oreilles, ça ne ressemble même plus à un lièvre. La faucheuse l’a sûrement touché. Je stoppe et cours dans sa direction, pensant déjà au civet qu’il pourrait faire. Et la il se dresse sur ses pattes arrières relève les oreilles, et détale, retrouvant toute sa puissance et son élégance.
Ce n’est pas si souvent que je vois autant de gibier et c’est tant mieux.
A bientôt