Un avant-gout de rentrée - 28 août 2008
La ferme a retrouvé son calme. Tout le monde est reparti, chacun à son travail, et la rentrée scolaire n’est plus très loin. Pour moi les travaux des quinze derniers jours ont souvent été interrompus par des activités, disons de détente, des semi-vacances. En plus, grâce aux pluies et au temps de cet été en demi-teinte l’herbe pousse en abondance. Les animaux sont bien et ne causent pas de souci.
Le fameux championnat de toutin’k m’ a pris un après-midi. J’étais bien crevé. On s’est classé 3 ème, mais mon partenaire était très déçu. ( forcément, il n’y avait que 3 équipes ).
Un autre jour j’ai « réveillé » le four, tondu et nettoyé autour du fournil. On a fait une fournée de pain et cuit un repas de fin de vacances pour la petite famille qui est repartie dans le Sud.
Quelques jours plus tard, le four était rallumé pour un repas cuit à la braise en l’ honneur des parisiens, cette fois. Un four comme ça peut fonctionner comme un barbecue géant et fait des merveilles.
J’ai profité de ce demi-repos pour faire du jardinage. J’ai emmené Chantal à la cueillette de girolles,et on en a trouvé! J’ai pu passer un moment au concours de juments de trait à Etang / Arroux; toujours très beau mais malheureusement bien arrosé.
Mais il ne faut pas croire que je suis resté sans rien faire. Pendant 3 jours j’ai nettoyé les prés avec le broyeur de refus ( les refus sont les herbes que les animaux ont refusé de manger et les mauvaises herbes ). Cette année les chardons, les joncs ont été très prolifiques et il y en avait énormément à détruire. J’ai pu déchaumer toutes les terres cultivées. Les pluies ont bien attendri la surface du sol mais ont favorisé la pousse de plantes indésirables. J’ai utilisé ce qu’on appelle un canadienne. C’est un outil de travail du sol. Les dents puissantes munies d’un fer à l’extrémité ont bien déraciné les adventices et remué le terrain. J’ai également nettoyé du matériel qui ne servira pas avant l’an prochain.
De toute façon il y a toujours de quoi faire à la ferme en Bourgogne.
A bientôt

Du jamais vu !!!
J’avais complètement oublié deux balles rondes qui n’avaient pas tenu sur la remorque au moment de les ramener à la ferme. Quelle ne fut pas ma surprise quand je suis arrivé dans le champ pour déchaumer de voir qu’elles étaient retournées à l’état sauvage et qu’elles s’étaient même reproduites. Le temps de descendre du tracteur elles avaient disparu au détour d’une haie.
Etonnant, non? A suivre en tout cas.
Eté à Vernois - 12 août 2008
Coté travail, j’ai été un peu au ralenti. Fin juillet, le 28, j’ai terminé la moisson, Corfeuil et Vernois. On aurait pu tout faucher tranquillement dans l’après-midi mais une panne nous a retardé. Il faut dire que les moissonneuses-bateuses de l’entrepreneur ne sont plus de première jeunesse. Le temps de revenir à Vernois et il était trop tard pour couper le blé, la fraîcheur et la rosée étant tombées de bonne heure. Un orage nocturne a repoussé ce travail au surlendemain soir. Après deux jours de soleil et avoir retourné les andains pour activer le séchage j’ai pu faire les balles rondes. Samedi tout était ramené et empilé sous les hangars. Ainsi j’ai pu allier récolte et vie de famille.
La semaine dernière j’ai attelé le broyeur au tracteur pour élaguer toutes les haies des prés de fauche pour dégager piquets et fils des clôtures électriques disparues dans la végétation. Le temps humide de cette année a favorisé une pousse spectaculaire des ronces et arbustes de toutes sortes. Ensuite j’ai suivi les clôtures avec le quad,remplaçant un piquet par-ci, un isolateur par-là retendant les fils et j’ai pu remettre le courant.
Une fois ce travail terminé j’ai pu changer un partie des troupeaux de pâturage. Les vaches et les génisses
étaient contentes de brouter la nouvelle herbe fraîchement repoussée depuis la récolte du foin. J’ai transporté 12 génisses, passé par le parc pour déparasitage et vaccination. Celles-ci n’étaient pas vaccinées FCO et apparemment invendables.
Changer 15 paquets (15 vaches et leurs veaux) de pré demandant trop de voyages en remorque, j’ai fait appel à Laurent et Sylvain, 2 jeunes voisins et à Jean-Charles le vacancier pour les conduire à pied. Il faut être assez nombreux pour guider 30 animaux sur le chemin et surtout sur la route avec la circulation estivale. Bien sur les veaux ont reçu leur dose de vermifuge au passage. Tout s’est déroulé comme prévu.
Jeudi, nouvel épisode télé. Julie, une journaliste de FR3 Bourgogne a eu connaissance de mon site et voulu absolument en faire un sujet de reportage pour les infos régionales. J’avais repoussé l’interview plusieurs fois étant trop occupé. Mais cette fois j’ai donné mon accord et une équipe a débarqué jeudi matin. Julie bien-sur, un cameraman et un preneur de son. Deux heures de questions, de prises de vue, à la maison, devant l’ordinateur, dehors,etc…et même pendant la vaccination des 12 dernières génisses. Tout le monde était ravi, les jeunes vacanciers surtout et même le véto. Une dernière prise de vues autour d’un apéro bien mérité et j’étais libéré. Le soir on était tous devant la télé mais on est un peu resté sur notre faim. Des 2 heures de tournage un peu moins de 1mn 30 ont été diffusées. C’est comme ça la télé.
Je suis toujours surpris du succès de ce blog dans les médias. Lundi un article dans La Croix, (après un interview téléphonique), jeudi passage sur FR3. A quand le journal de Claire Chazal.
A bientôt.
PS Camille annonce le championnat annuel de toutin’k mercredi 13 août.
Vaccination - 3 août 2008
La FCO, fièvre catarrhale ovine, ou maladie de la langue bleue qui sévit en France est un sacré problème qui dure depuis des mois dans les élevages de la région. Problème au niveau du travail mais aussi d’ordre économique.
Pour moi ça a commencé à l’automne dernier. Il a fallu desinsectiser. La maladie est transmise d’un animal à l’autre par un moustique, et pour le combattre il faut verser sur le dos de chaque animal quelques cc d’un insecticide rémanent. Mon élevage avait été désigné comme » élevage sentinelle » . Il fallait faire des prises de sang sur 10 animaux tous les 15 jours pour analyses.
Puis le département est passé en zone infestée. Là plus question de vendre pour l’exportation ou vers des zones saines sans analyses sanguines. Dès que j’ai eu vendu les premiers taurillons j’ai appelé le véto pour les prélèvements et du attendre le résultat. Heureusement négatif.
L’hiver se passe tranquillement coté maladie. Plus de moustique, plus de risque de transmission. Mais le gouvernement décide de lancer une campagne de vaccination au niveau national. Mais le temps que la machine se « mette en branle » les premiers vaccins arrivent au compte goutte,seulement pour les broutards mâles destinés à l’Italie. Malheureusement les animaux sont déjà partis au pré; ç’aurait été pourtant si facile à l’écurie. Je n’ai droit qu’à 7 vaccins. 1 mois après il faut faire les rappels et je peux en vacciner 10 autres…..sous une pluie battante. Plus tard je pourrai faire les femelles nées en 2007. A chaque fois il faut amener les animaux dans les parcs et attendre le vétérinaire. C’est beaucoup de travail et de temps passé.
Le commerce s’en est trouvé perturbé car il faut attendre 2 mois après la 2ème injection pour commercialiser. On ne peut plus vendre quand on veut. Aussi on s’est trouvé avec des périodes sans pouvoir faire de commerce alors qu’une demande importante tirait les prix vers le haut. Et quand la durée de rétention était terminée l’afflux d’animaux vaccinés faisait « craquer » les cours.Je ne suis pas trop mal tombé pour les 7 premiers vendus car ils avaient été vaccinés avant le 1er mai; un seul mois d’attente suffisait (allez comprendre pourquoi) et j’ai pu les vendre à un moment ou le marché n’était pas trop encombré.
Mais en juin le gros morceau à avaler a été la vaccination du troupeau reproducteur. Ce n’est pas obligatoire mais fortement conseillé. J’ai un peu tergiversé. Mais les effets possibles de la FCO sur les vaches, maladie ,avortement, stérilité, voire mort, veaux nés pas viables, le tout exagéré par la rumeur, m’ont poussé à vacciner. Il a fallu prendre rendez-vous car immuniser des milliers de vaches et parfois de veaux n’est pas une mince affaire et la liste d’attente a eu vite fait de s’allonger chez le véto. Alors pas trop de choix de la date et de l’heure. C’était fixé pour le 12-6 et le 3-7 les après-midi. A cette heure les animaux sont plus difficiles à manipuler. J’ai demandé du renfort aux voisins qui sont venus à 3 pour m’aider à amener les 4 troupeaux; les mettre en parc. On en a même mis en attente dans une rue, la rue des Chambons, à proximité pour être prêts à l’heure dite. Un sacré boulot. La vaccination elle-même est très rapide; 2 cc vers la queue en sous-cutané.
On aurait pu faire beaucoup plus facile en vaccinant nous même à des moments plus favorables,sans précipitation et sans stress. On a tous l’habitude de faire certains vaccins. Pourquoi pas celui-là? Une polémique s’était d’ailleurs engagée entre éleveurs et vétérinaires. Pour ceux-ci, ces milliers de vaccins sont venus comme une manne inespérée et bon nombre d’entre eux n’ont pas voulu, et c’était leur droit, délivrer les doses. Il faut cependant dire que certains ont joué le jeu et on laissé vacciner leurs clients eux-mêmes.
Chez moi je crois qu’ils sont venus 8 fois,pour environ 200 vaccins. je me demande combien cela va coûter. On entend parler de 0,90 euro le coup d’aiguille (par tête ) et 30 euros à chaque vacation. Cela reste à voir et il va falloir discuter.
Et tout ce travail risque d’être remis en cause. Ce dont je viens de vous parler concerne le virus de la FCO stérotype 8. Mais on commence à nous prévenir que le stérotype 1 remonte d’Espagne et que les mêmes problèmes vont se représenter avec en premier lieu la difficulté d’exportation vers l’Italie et encore une chute des cours
je trouve que les perdants sont toujours les mêmes et que si on continue comme ça l’élevage allaitant va connaître une crise majeure dans les mois qui viennent
A bientôt

