Solstice - 8 juillet 2008
Voila déjà un mois que j’ai posté le denier billet. Comme le temps passe. Les derniers commentaires m’encouragent à reprendre l’écriture. Je dois reconnaître que j’avais perdu courage avec ce début juin pourri, cette grisaille permanente, et les conséquences désastreuses sur mon travail; les prés détrempés qui s’abîment, les céréales attaqués par les maladies, les premières récoltes retardées, les travaux prévus reportés à je ne sais quand, le tout couronné par les tracasseries de la vaccination contre la FCO. Aussi ne soyez pas surpris si le soir je n’avais aucune envie de raconter tout cela et si l’appareil photo est resté dans le fond de la cabine du tracteur.
Je me dois quand même de raconter deux faits marquants. Le 18 juin le dernier veau est né. Malgré une surveillance renforcée je n’ai pas vu la vache mettre bas. Je ne l’attendais pas spécialement ce jour là. Tout s’est bien passé et à ma visite du matin j’ai trouvé le jeune veau, à peine visible, tapi dans un rond d’orties. (photo du haut). Les veaux qui naissent au pré ont toujours cette habitude de se dissimuler dans des hautes herbes ,dans un roncier ou de pénétrer dans une haie,sans doute un reste d’instinct d’ animaux sauvages. Ils y parviennent très bien et si c’est parfois un casse-tête pour moi de les retrouver,les vaches connaissent très bien la cachette .
Au Murger j’avais un tas de paille, 70 balles rondes environ dont toutes le ficelles les liant avaient été coupées par les rongeurs. La moissonneuse-batteuse avait du mal faire son travail, du grain est resté dans la paille, et s’est retrouvé à l’intérieur des balles. Rats et souris y ont trouvé gîte et couvert et ont sectionné toutes les ficelles gênantes pour elles. Aussi j’étais en face d’un tas de paille en vrac, impossible à manipuler ou à transporter. Il a fallu tout repasser dans la presse à balles rondes. Dérouler la paille le long du hangar, retirer les ficelles, botteler, rempiler les nouvelles balles a pris une journée de travail à trois personnes. Travail peu gratifiant.
Puis avec le solstice, l’été est arrivé, avec le soleil,la chaleur et beaucoup de travail et encore peu de temps pour écrire. J’ai pu commencer les foins. J’en reparlerai plus tard. Les foins c’est important, cela vaut bien un billet; surtout que cette année ils vont prendre une tournure particulière.
La chaleur subite a fini de mûrir rapidement l’orge d’hiver et il a fallu la récolter le lundi 30 juin. Ne pouvant être à la fois au « four et au moulin » j’ai arrêté de faucher le foin car je savais bien qu’il me serait impossible de tout faire. Il me fallait 2 bennes à grains. Celle que je partage avec un mon voisin était chez celui-ci, toujours équipée pour l’ensilage,et légèrement cassée. Celle que me prête Roger, un autre voisin n’était pas opérationnelle non plus, n’avait pas ses rehausses à grains. En plus elle avait besoin d’un bon nettoyage car elle avait servi à transporter du fumier dernièrement. Comme je suis le premier à avoir moissonné j’ai du me farcir les 2 remorques à préparer. Après le battage j’ai stocké l‘orge sur le grenier, et bottelé la paille. En milieu d’après-midi il faisait une telle chaleur, la paille était tellement brûlante, que la presse faisait du vilain boulot. J’ai attendu le coucher du soleil pour terminer de 22 heures à 23h 30. La fraîcheur tombant, tout allait beaucoup mieux et j’ai pu faire de belles balles bien serrées.
Le lendemain les orages sont arrivés: entre 75 et 80 mm d’eau au mètre carré en 36 heures ! Des balles de foin qui se trouvaient dans de petites cuvettes on baigné dans l’eau. Les prés sont encore détrempés, les rigoles donnent à plein, la rivière se tient très haute. Jusqu’à aujourd’hui je n’ai pas pu retourner dans les prés que ce soit pour faucher ou ramener les bottes de foin à la ferme
A bientot , promis.

Ouf, te voilà enfin, Bernard!!!
C’est vrai qu’il a fallu se dépêcher pendant ce mois de juin. Chez nous, pas encore de moisson et les foins ne sont pas finis… Il va falloir faire les deux en même temps!
On comprend mieux en te lisant que tu n’aies pas eu le temps (ou l’envie) d’écrire. J’espère que cela reviendra. Ton journal est celui de toutes les fermes de Bourgogne… et d’ailleurs peut-être!
Quel bonheur de vous lire, c’est un vrai moment de plaisir en étant « enfermé » au bureau.
Bon courage en tous cas pour la saison d’été, et au plaisir de vous retrouver !
AHHHH ! Merci de vous retrouver, et le plaisir renouvelé à la lecture de vos lignes.
Bien sur quand le moral n’y est pas, on ne peut faire partager à ce moment là quoique ce soit. Mais…. ça va s’arranger. et en plus vos journées sont longues au labeur. Impressionnant la quantité d’eau relevée sur 36 heures !
Je suis contente des news reçues ce jour de Bourgogne. Merci et courage.
Voila un billet bien educatif sur les leurres , malheurs et deboires des paysans, cela devrait faire reflechir les citadins et citadines , peut etre lecteurs de ton blog,et revant d un retour bucolique et romantique aux champs!
Bernard, tu as toute ma sympathie.
COURAGE
Therese
Bonjour Bernard,
aïe aïe aïe pas facile le foin cette année :-/
très jolie la photo du petit veau dans les orties
au fait, j’ai eu mon bac agricole
je poursuis mon installation avec le stage 6 mois.
bonne continuation pour les foins, la paille et le blog !
Bonjour Ziala
Bravo et félicitations . Tu va finir par l’avoir ta ferme.
Si pendant les vacances tu venais à te perdre dans le Morvan
n’oublie pas que ça s’arrose. lol
Bonne continuation à toi aussi
Bonjour,
Même temps partout,1jour beau 3jours de pluie!
Bonjour Bernard.
On est bien contents que tu sois revenu sur le blog. Pas facile ce mois de juin, il y a de quoi être découragé en effet. On espère tous un retour du beau temps. Pour moi qui ne cultive que des fleurs ce n’est pas aussi important que pour vous tous, mais cette grisaille joue sur le moral tout de même.
Merci pour ce billet et on attend le prochain!
Bonjour ma famille est originaire d’Etang sur Arroux et je vis à Paris où je travaille pour un constructeure automobile. Je tombe avec beaucoup d’émotion et de plaisir sur vos billets. Une collègue morvandelle aussi, s’en va de notre département et je cherchais à lui faire une mot gentil en patois morvandiau et cherchais une source sur internet. Bravo! Merci de prendre le temps d’écrire. Je vais regarder les autres tranquillement de chez moi… peut-être faire un zoom sur votre ferme avec Google!! Luc
J’arrive avec un peu de retard, mais merci pour les photos de la cavalcade à Etang.
A bientôt!
Super la nouvelle mise en page du blog !
Je ne sais pas ce qu’en pensent tes lecteurs habituels, mais je le trouve très clair, agréable à regarder et l’idée du sondage est excellente !
a+
Très bien la nouvelle présentation du blog ; félicitations .
Je regarde très souvent sur votre site ( intéressant pour un vieux exploitant comme moi ) . Je retrouve plein de choses de ma vie dans une ferme .
Avec l’espoir de vous croiser sur la route ( en face chez vous ) car je passe souvent sur cette voie ( 3 Enfants à Dijon ) .
Le jour ou je vous vois je m’arrête vous saluer .
Salut , mes amitiés à Madame .
a voté !
Quoi ? Mais…..: Très bien Bien sûr