J’ai semé du sarrasin - 7 juin 2008
A la Croix de Roche,il me restait environ 1,70 ha de terre inculte. Je pensais y semer de l’avoine en mars, mais étant trop pris par les vêlages je n’ai pas pu le faire au moment propice. Ensuite les gelées, puis le mauvais temps m’ont empêché d’emblaver. A un moment j’avais penser laisser cette parcelle en jachère, mais voyant le prix des céréales et de l’aliment du commerce, je me suis ravisé. Au 20 mai, en terre légère je n’avais guère d’autre solution que de semer du sarrasin. C’est ce qu’on appelait le blé noir, dont on a fait du pain pendant longtemps. Dans les années d’après-guerre il s’en cultivait bien dans la région. Réduit en farine il entrait dans la nourriture des porcs et avait la particularité de les faire graisser un maximum. Il faut dire que lard et saindoux étaient recherchés. A cette époque la récolte en fin d’été était difficile. Le grain n’est pas enfermé dans un épi et il se détache très facilement de la tige lorsqu’il est mur. Le sarrasin était coupé à la faux, les gerbes liées à la main et maniées avec précaution pour ne pas perdre de grain. Aujourd’hui, avec la moissonneuse-batteuse on ne connaît plus ces problèmes. Autre particularité de cette céréale, l’important couvert végétal qu’elle développe, étouffe les mauvaises herbes concurrentes et rend le sol propre après la récolte. Un vrai désherbant biologique. J’ai donc labouré, hersé, semé dans un décor de fleurs, de végétation en plein essor avec en toile de fond les collines du Morvan noyées dans la verdure. Avec le temps lourd et humide qui a suivi, 8 jours après le semis je connaissais déjà les rangs.
Comme tous les ans, j’ai nettoyé les bâtiments. Cette année je l’ai fait plus tard. J’ai transporté le fumier accumulé durant l’hiver à Croix de Roche, dans un tas où il va pourrir. Il sera sur place pour l’épandre après la récolte. Les étables « entravées » ont été lavées à haute pression et particulièrement celle qui jouxte la maison. Elle va sûrement servir de terrain de jeux à nos petits-enfants pendant les vacances d’été.
Dernièrement j’ai rencontré un problème inhabituel sur un veau. Fin avril il avait pris mal au pied arrière gauche. Je l’ai soigné pour un mal blanc (panaris). Un antibiotique longue action (genre clamoxyl) est habituellement radical pour ce genre d’infection. Un léger mieux a été suivi d’une rechute et son pied enflé le faisait vraiment souffrir. Le véto m’a fait essayer un autre antibio, des anti-inflammatoires; à chaque fois amélioration mais rechute, grosse infection et souffrance : dernier diagnostic, arthrite. Il a donc fallu amputer l’onglon infecté et une parie du pied. Après anesthésie, le véto coupe à la scie-fil, chirurgie d’un autre temps, pas beau à voir. Mais difficile de s’apitoyer, on a du faire bien pire en Chine ou en Thaïlande après les catastrophes. Un bon pansement, et le veau s ‘appuyait le soir même sur l’onglon restant. Cela fait bientôt 15 jours que l’opération à eu lieu et la cicatrisation progresse lentement. Pourvu qu’il s’en sorte car je pense que le montant des frais vétérinaires dépasse largement la valeur du veau.
A bientôt

Bernard,je trouve ton idee de semer du Sarasin particulierement interressante,parcque c est aussi une culture en voie de disparition .Il faut faire tout son possible pour que toute les varietes de plantes soient conservees aussi pour la recherche.Il ya quelques temps,j ai vu a la tele Allemande une emission ou ils presentaient un local ou etaient preservees toutes sortes de varitees de semence de plantes qui parfois sont presque tombees dans l oublis.
Elevez-vous des porcs aussi ? Et ce sarrazin serai-t-il pour leur alimentation, sinon quelle en sera son utilisation chez vous ? Je me souviens qu’on faisait pour les cochons des pâtées de pommes de terres écrasées avec de l’eau ou du petit lait (la mémoire me fait défaut) auxquelles on rajoutait du son. Les animaux se jetaient la dessus avec gourmandise.
En tant qu’ancienne charcutière, j’en ai eu des remarques sur le porc et son gras ! Quant à moi, je l’appréciais ce gras qui contribuait à la qualité de la viande. mais, on n’en trouve plus, il ne doit y avoir que des illuminés comme moi pour apprécier, et ne pas avoir peur du cholestérol.
Et les bonnes « grilles » fondues, croustillantes, sur le coin du fourneau ! avec une bonne tranche de pain hummmmm j’en ai l’eau à la bouche.
boujour ,je suis eleveur blanc bleu belge en belgique;pourquoi n’avez vous pas semer du mais ensilage pour remplacer les aliments hors de prix du comerce?
MARIE-PAULE
Jusqu’à l’année dernière j’engraissais 500 cochons par an ( de 25 à 120 kg ) en batterie et tous les ans on en tuait un . J’en ai d’ailleurs parlé dans un billet
PHILIPPE
En fait il s’agit d’une parcelle éloignée de terrain très léger et séchant qui ne convient pas du tout pour faire du maïs et a vrai dire je n’ai pas envie d’en cultiver
Bernard,
quelle belle photo, une palette de degrades de couleurs , pense a commercialiser ton talent de photographe….
Quant au sarrasin, il me semblait que c etait plutot en Bretagne qu on le cultivait?
Je t envoie des photos des inondations aux USA, les prix du mais flambent, tout est pourri!!! ( sur ton mel)
Petite suggestion, si tu regardes, sur http://www.youtube.com, tu pourrais pour etoffer ton propos, incorporer dans ton blog un clip, par ex si tu vas sur le site et que tu tapes sarrasin, a part le clip du celebre film » les Visiteurs » et l attaque des Sarrasins…Il y a aussi un reportage tres interessant sur culture sarrasin en Bretagne.Desolee , je n ai pu le mettre en piece attachee sur mon message…
Je t envoie du beau soleil d ici apres 3 jours de chaleur enfer humide.
Bonne soiree
Therese
Bernard,juste une question ou en êtes vous avec les vaccins FCO sur les reproducteurs,comment les éleveurs d’Etang,Toulon s’organisent ils?Car c’était tendu avec les vétérinaires dans votre secteur
Pour mon élevage j’ai commencé mais avec les étables entravées j’attache toutes les bêtes,deux lots sont déjà fait,c’est la pagaille,les vaches se battent et ne veulent pas rentrer,une fois attachées il faut attendre le véto ensuite tout remettre au pré,le pire il faudra recommencé dans 3 semaines .Je ne sais pas si je ferais le reste des vaches car en plus du temps passé,la vaccination augmente nos frais sans garantie d’efficacité.
Depuis une dizaine d’années toutes ces maladies (IBR ,BVD,Vache folle,Fièvre aphteuse,Grippe aviaire,Leucose,et j’en passe des plus anciennes)nous épuisent et la prochaine quelle sera telle?
Bonne soirée en attendant le soleil pour nous redonner un peu le moral
Bonjour!
Je vois que tu n’as n’as pas chômé pendant notre absence.
Bravo pour ce reportage et ta prestation à Clos Vougeot!
Bien ton idée de semer du sarrazin plutôt que du maïs. Le maïs demande beaucoup d’eau, as-tu des parcelles suffisamment humides à Vernois?
Tu parles de ton élevage de cochons à l’imparfait cela veut-il dire que tu as diminué cette année? On voit plus souvent les photos des bovins tu pourrais nous en montrer quelques uns de tes cochons?
En tout merci pour ces belles photos de la campagne étangoise, c’est très agréable!
A bientôt!
Bonjour Bernard,
ce sont les foins qui t’occupent autant ?
un mois sans nouveau billet sur le journal du Vernois, quel suspense !
Bonsoir Bernard,
Rien de fâcheux pour vous ou votre famille après le semis de sarrasin?
Ici au Roeulx j’ai pu avancer dans les foins la semaine dernière malgré une météo instable nous nous en sommes bien sortis; un seul jour sans soleil avec quelques averses légéres. Par contre d’autres régions n’ont pas été épargnées. J’ai pu balloter dimanche, lundi et mardi dernier. Reste cependant encore 2 parcelles à couper mais j’attends le retour du soleil.
A bientôt,
Yves
Trop de travail, trop de fatigue, en ces mois de fenaison, moisson, pour nous en faire les récits ? Ce petit passage pour vous souhaiter bon courage.