Le prix de la dynamique agricole - 29 mai 2008

Voilà 2 ans que j’ écris sur ce blog et quand j’ai commencé j’étais loin de me douter que cela allait m’ entraîner dans des situations très diverses et me sortir de mon train-train quotidien.
D’abord écrire. Je ne l’avais plus fait depuis l’école ou alors pour remplir des questionnaires ou des dossiers pour l’administration.
Faire des photos, je n’y pensais même pas, ou alors avec un appareil jetable. Et parfois il était oublié au fond d’un tiroir et les clichés étaient roses parce que développés trop tard. Aujourd’hui mon petit appareil numérique tout simple est génial.
Ce blog m’a permis de correspondre avec des gens de différents milieux, de différents pays, comme Thérèse, une morvandelle à New-York, Roger un canadien qui aurait aimé être agriculteur,ou Béatrice du Cameroun qui me demande des conseils pour démarrer un élevage de porcs.
Cela m’a permis d’avoir des contacts avec des journalistes de la presse écrite, parlée, et même de la télé ( Public Sénat ) et dernièrement FR3 Bourgogne. En répondant à l’interview j’ai pu découvrir les coulisses d’une émission en direct, une équipe autonome avec car-régie, véhicule de retransmission satellite,studio mobile et toute l’équipe technique.
Un épisode plutôt agréable a été celui que j’ai vécu au mois de mars avec la Banque Populaire. Un des cadres, fan du journal de la ferme m’avait poussé à participer à un concours organisé par la banque: le prix de la dynamique agricole. Je m’y suis donc inscrit dans la catégorie des nouvelles technologies. Il a fallu monter un dossier, prouver la bonne santé de l’exploitation, expliquer la motivation. J’ai peut-être échoué au niveau national mais j’ai été retenu au niveau de la région Bourgogne Franche-Comté. Et le 7 mars c’ était la réception en grande pompe de la clientèle agricole régionale dans le cadre prestigieux du château de Clos Vougeot au coeur du vignoble de Cote d’Or. Je me suis donc retrouvé avec 9 autres lauréats,chacun dans une catégorie bien définie, dans une grande salle du château. Il faut voir la créativité,l’ingéniosité dont certains font preuve pour innover au sein de leur exploitation agricole, que ce soit en matière de nouvelles productions,de techniques de commercialisation, de génétique, d’agriculture biologique, de tourisme à la ferme, de techniques culturales, etc. Chaque lauréat passe à la tribune présenter sa réalisation devant des centaines de collègues du monde paysan pendant qu’un diaporama présente l’exploitation. A ce sujet j’avais eu droit quelques semaines auparavant à une séance photo de 2 heures, mais prendre la pause pour chacun de mes gestes quotidiens ne m’avait pas trop emballé. Puis le grand chef remet les récompenses: une fleur pour madame, un diplôme pour moi et…….un chèque, conséquent , ils ne se sont pas fichu de moi. Ensuite ce fut le buffet, somptueux, dans la tradition de la gastronomie bourguignonne pendant lequel on a pu faire connaissance et échanger avec d’autres personnes du monde agricole .
Rien que pour vivre une telle journée je me dis que c’est bien agréable d’écrire le journal d’une ferme en Bourgogne
A bientôt
Z@ppez + Net - 27 mai 2008
J’ai récemment eu la chance d’être interviewé par Christophe Joly de l’émission Z@ppez + Net sur France 3. Voici l’émission en question :
Il était temps - 13 mai 2008
Dimanche 27 avril et lundi 28 déluge d’eau,avec les désagréments qui en découlent. Apparemment, c’était les dernières grosses pluies et le mois de mai est arrivé en sauveur avec son soleil et ses températures en hausse. Il était temps, je commençais à désespérer. Et dire que ce n’est plus qu’un mauvais souvenir mais qui va sûrement laisser des traces.
Avec ces sols détrempés et cette chaleur presque estivale, la végétation a littéralement explosé. Cela a bien accéléré le ressuyage. Les prés se sont bien garnis d’herbe. Les haies, les arbres, les fleurs ont rattrapé leur retard. C’est ce qui donne au mois de mai cette ambiance que l’on ne retrouve à aucun autre moment de l’année. La visite aux animaux prend une tournure très agréable, tôt le matin, dans cette atmosphère éthérée, pleine d’arômes de toutes les plantes renaissant, au milieu d’une activité animale en plein essor; le printemps quoi! Et là, il faut être paysan, amoureux de la nature et… lève-tôt, ouvrir les yeux bien sur, pour le vivre.
Cette belle première quinzaine de mai m’a permis de décompresser un peu. Les animaux sont tous au pré. Les broutards (12-15 mois) avaient quitté la stabulation début avril. Les génisses de 2 ans également, ennuyeux car elles seront saillies un peu tard à mon goût. Toutes et tous étaient contents de retrouver l’herbe. Aujourd’hui, ces animaux ont déjà bien changé et profitent de l’herbe et du soleil.Les vaches et leurs veaux ne sont parties que la dernière semaine d’ avril. J’ai effectué le lacher sur 4 journées, bien fatigantes d’ailleurs. Le mauvais temps des derniers jours d’avril m’avaient fait craindre le pire pour la santé des petits veaux, mais celui-ci a été évité avec l’arrivée du soleil. Maintenant elles coulent des jours paisibles dans les prés riverains de l’Arroux.
Côté céréales, je m’inquiétais un peu. Là encore les intempéries m’avaient empêché d’épandre une première dose d’azote début mars. Avec le recul je ne le regrette pas car je pense qu’une bonne partie de l’engrais aurait été lessivée. L’épandage ne s’est fait qu’en une seule fois au mois d’avril. Cette année encore j’ai fait appel à une entreprise qui a épandu l’engrais avec un quad. En fin de compte les cultures se sont bien refaites. L’orge d’hiver semble prometteuse et le mélange blé triticale avoine d’hiver, moins exigeant ne s’en tire pas trop mal. Seul le blé, heureusement il y en peu (1,30 ha)n’ a pas assez “tallé” ( épaissi, pour que chaque pied donne plus d’épis ).
Comme ça tout semble aller pour le mieux mais une ombre vient ternir le tableau. Une vache est au sol, les reins cassés. Je l’ai trouvée un matin se déplaçant avec difficulté et le soir elle ne pouvait plus se relever. Je me doutais bien de l’issue, les anti-inflamatoires du véto ayant été sans résultat. Je lui ai quand même laissé sa chance pendant le “viaduc du 8 mai” et je l’ai nourrie et abreuvée au pré. Maintenant il va falloir la faire euthanasier,ce n’est pourtant pas dans ma logique, et son veau me reste sur les bras.
Il y a quelques années de cela un animal blessé comme cette vache n’aurait pas été perdue. J’aurais demandé son abattage d’urgence et l’abattoir aurait procédé à celui-ci, même un jour férié. Aujourd’hui on ne cherche pas à comprendre,c’est l’équarrissage. En plus si on se risque à faire abattre un animal accidenté qui peut encore se déplacer et qu’il soit refusé pour la consommation humaine, à la perte de l’animal il faut ajouter les frais d’abattoir . Des taxes pour la majeure partie.
Autre point noir, sûrement plus grave ,la fièvre catarrhale qui menace, qui plombe le commerce et donne un surcroît de travail et de soucis avec la vaccination des animaux rendue bien difficile car ceux-ci sont dans les pâturages.
A bientot
Divers travaux d’hiver - 1 mai 2008
C’est le printemps. Enfin il devrait être là. Mais comme il n’est pas au rendez-vous il n’est pas encore trop tard pour moi de vous parler de travaux que j’ai réalisés au cours de ces derniers mois d’hiver pendant les moments de liberté que me laissaient les soins aux animaux.
Par exemple, la réfection du plancher de ma remorque bétaillère m’a occupé quelques jours. Il était complètement pourri par la rouille au point qu’une patte de taureau était passée à travers. J’ai donc recouvert le fond avec des tôles d’aluminium striées légères,résistantes et antidérapantes. Alain était venu me prêter main forte. IL faut dire que prendre des mesures ,travailler la ferraille, ça le connaît. Et il a fallu couper, meuler, donner la forme, percer, boulonner, etc.. Mon nouveau plancher s’avère très efficace.
Autre travail,couper une haie, la désépaissir plutôt. C’était une haie haute de bois de charme dont la ramure retombante empêchait le passage du tracteur et des engins agricoles. J’ ai seulement coupé les charmes les plus gênants. Il reste encore une belle haie haute.Il n’y en a déjà plus guère; la plupart sont taillées à 1 mètre de haut. Du coup j’ai fait un peu de bois de chauffage, mais surtout de la charbonnette et des fagots. Comme autrefois. D’ailleurs Touène le bûcheron me reprochait ce retour en arrière. Mais c’est un combustible idéal pour chauffer mon four à pain. et j’ai bien l’intention de faire quelques fournées dès que ce bois sera sec.
Epandre le lisier occupe bon nombre de journées. Quand le terrain supporte le passage de l’attelage tracteur- tonne à lisier de 6 m3, tout va bien. C’est un boulot pas très agréable mais pas compliqué qui demande des heures de tracteur. Mais quand l’état du terrain interdit le passage, comme au mois de février, j’emploie le système D: un coude à la place de la buse d’épandage, une bonne pression, et le lisier est projeté par dessus les haies des prés ou des champs depuis un chemin ou une petite route. Une ou deux citernes épandues ainsi permettent de patienter quelques jours en attendant le ressuyage du terrain.
En février j’ai fait l’entretien des rigoles dans les prés de Vernois. Il en faut tout un réseau. Chacune est tracée suivant la moindre pente, dans ces prés qui paraissent pourtant si plats; elle apporte son eau dans une autre plus importante. Celle-ci va à son tour se déverser dans le fossé qui conduit l’eau à l’Arroux. Au jour où j’écris elles “travaillent” à plein, suffisent à peine à absorber les quantités incroyables de pluie tombée ces jours derniers. Quand le les ai curées ,comme on dit, la terre était déjà très humide. J’avais du profiter des gelées matinales qui croûtaient légèrement la surface du sol. Cela facilitait le passage du tracteur à qui il m’arrivait de demander de ne surtout pas s’arrêter car c’était l’embourbement (enlisement) assuré. Enfin de compte il m’a bien écouté. J’y ai passé 4 matinées quand même.
Voilà résumés quelques exemples de travaux auxquels j’ai eu à faire face. Et je trouve que c’est cette diversité qui donne un peu de charme au travail de paysan.
A bientôt.

