Panier façon Vernois - 19 mars 2008
Aujourd’hui je veux vous parler de la fabrication de paniers d’osier comme j’en ai toujours vu faire autrefois au cours de veillées.Mais comme je ne sais malheureusement pas les faire, je laisse à mon beau-frère Alain le soin d’expliquer la façon de faire qu’il a su perpétuer, illustrée par de nombreuses photos prises à chaque étape de la fabrication par ma soeur Jacqueline.
FABRICATION DE PANIER EN OSIER PAR UN AMATEUR
Le premier travail est de repérer ce que nous appelons le bois de panier. C’est ce que je fais l’été lors de mes promenades à moto.
Il faut voir où il y a eu des coupes dans des forêts de châtaignier pour qu’au moment venu ( c’est-à-dire après la chute des feuilles ) aller cueillir ce fameux bois de panier.
Ce sont les jeunes pousses d’arbres (sur les souches) d’un ou deux ans qui se prêteront parfaitement à la forme qu’il sera nécessaire de leur donner pour la réalisation du panier ou corbeille.
Bien sur ce serait trop facile si il ne fallait pas regarder la lune, en effet ce bois doit se couper en vielle lune, c’est au dernier quartier de la lune de décembre que je choisi de collecter celui-ci
C’est toujours une expédition car bien sur cette cueillette se fait sur autrui et il faut prendre garde à ne pas tomber sur le propriétaire de l’endroit choisi. Quelques fois je demande l’autorisation mais j’avoue que c’est rare, donc je maraude.
Le bois de panier cueilli, je me mets en quête d’osiers, mais la c’est plus facile car je possède près de ma maison ce que nous appelons des gilles ou osières Une fois tout ce matériel rassemblé, je peux commencer mon panier. Cette année mon fils Olivier a pour la première fois fait un panier sans que j’ai à mettre la main pour l’aider.
Le premier travail consiste à choisir un bois pour tourner l’anse , l’anse tournée il faut faire le tour supérieur du panier qui sera avec l’anse la base de départ.
Pour faire ce tour il faut jouer du couteau pour couper en deux un bois également bien choisi. C’est une opération délicate et il faut s’aider du genou pour fendre ce bois parfaitement en deux en inversant le rayon pliage afin de suivre le fil du bois.
L’anse faite et le tour il faut assembler ces deux pièces avec un osier et faire ce que nous appelons l’œil de perdrix .
Pour travailler l’osier il faut fendre la tige celui-ci en trois ou en quatre suivant la grosseur avec ce que nous appelons dans notre jargon une choute (choute à trois, choute à quatre)
Ensuite il faut travailler l’osier sur le genou pour lui apporter souplesse et le rendre malléable en réduisant son épaisseur.
Le panier est bien commencé , maintenant il faut adjoindre ce que nous appelons des péchauds (patois).
Ces péchauds s’obtiennent de la même façon que le tour du panier, il faut user du couteau et du genou.
Ensuite il faut les travailler pour les rendre réguliers et les appointer des deux cotés en ayant pris soin de calculer exactement la longueur nécessaire à ceux-ci pour donner peu à peu la forme de notre panier .
Les péchauds se mettent par quatre ou huit (toujours multiple de deux), question de passage des osiers pour que ceux-ci soient une fois dessus, une fois dessous nos péchauds.
Ensuite il faut préparer des osiers les placer à la suite les uns des autres pour tapisser le panier complètement .
Le panier peut être de forme ronde, rectangulaire, ovale, carré, enfin de la forme que l’on souhaite obtenir si on a de l’imagination.
Pour ma part après mes réalisation terminées, je les passent toujours au vernis je les trouve plus jolis, et cela colle les osiers et les péchauds ensemble.
Il est possible de faire des paniers blancs également et pour cela il faut faire bouillir les osiers pour enlever tout simplement l’écorce que nous pourrions appeler la peau.
Malgré toutes ces explications, il ne faut pas croire que faire un panier ou une corbeille à pain par exemple c’est aussi simple que cela , mais la retraite arrive et je suis prêt à faire connaître ce passe temps à d’autres personnes.
Dès que je disposerai de plus de temps pour mes loisirs je crois que je serai un de ses premiers élèves
A bientôt
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Dans mon village, il existait quelqu’un (jusqu’à l’année dernière, car il est mort notre Maurice) qui savait aussi fabriquer les paniers mais il avait du mal à faire les fonds. Néanmoins, presque toutes les maisons de la commune sont ornées de ses oeuvres. Chacun pense à lui en prenant son panier pour aller au bois ou aux pommes de terre. C’est une sorte de pérennité.
Bravo, Alain d’avoir su transmettre ce savoir-faire à ton fils.
Et je suis preneuse d’un de tes paniers car pour moi la retraite pour apprendre à les faire est encore loin….
Ca fait un moment que je n’étais pas passée par ici et je vois que ton blog est toujours aussi instructif.
J’adore ces paniers.
Passe de bonnes fêtes.
super ces paniers, et c’est du solide…mais dextérité et patience, un apprentissage dans lequel j’aimerais bien me lancer…pour le moment je les achète au marché fermier chez une amie…
Bonjour Bernard Autrefois dans les annes 50 -60,la fabrication de la goutte etait tout un theatre,une scene de la vie rurale au meme titre que les semailles ou la moisson.Sur la scene le bouilleur de cru personnage haut en couleur,avec sa face coloree et sa voix rauque toujours prete a fermer la gueule des contestataires!Le ballet, c etait les vignerons juches sur leur tracteur enjambeurs tirant des remorques remplies du precieux marc de raisin;Ceux la il n aurait pas fallu leur faire souffler dans le ballon.Parfois il y avait aussi une vielle camionnette avec des tonneaux remplie de fruits en fermentation(un particulier).Le service d ordre c etait les “Rats de cave”caches dans un endroit ou on les attend le moins.Et enfin les spectateurs (les curieux,certains attires par les effluves de l alcool et esperant dans le fond d eux meme un petit verre afin de donner leur avis sur la qualite d u produit).Les horaires etaient precis,souvent entre 7h du matin et 6 h du soir.Entre temps,une piece importante de la machine a distiler etait de posee a la mairie pour eviter toute fraude.Autour de la machine c etait la foire,chacun y allait de son histoire et les verres circulaient et malgres tout,il etaient souvent vides.Un jour,a St Bris j ai vu un viticulteur vider le contenu d une bombonne dans le caniveau car les “Rats de caves “caches dans l ecole juste en face de la machine a distiller s apprettaient a le verbaliser. Ici en Alsace,les gens aimaient biens le schnapps et une bouteille ne durait rarement plus d une semaine surtout si la famille etait acceuillante. Amicalement Latil
Bonjour Bernard.
Une fois de plus tu nous replonges dans nos souvenirs d’enfance…Mon grand-père faisait les mêmes les soirs d’hiver dans la cuisine, j’en ai gardé quelques uns. Bravo à ton frère de perpétuer ce savoir-faire et merci à tous les 2.
Bonjour Bernard,
pourquoi les paniers ont l’air plus “blancs” à l’intérieur qu’à l’extérieur ?
en tout cas, ils ont l’air solides ces paniers
Salut Ziala une question de plus !
les tiges d’osier sont fendues en 2, 3 ou quatre et c’est l’intérieur de la tige qui est blanc. mais comme on laisse l’écorce (jaune orangée) on obtient une lanière d’osier de 2 couleurs et le vannier , en tressant, s’arrange pour avoir à l’extérieur du panier le coté orange
(l’écorce est plus solide ) et la partie blanche à l’intérieur. On le voit très bien sur certaines photos en les agrandissant (regarde les bien Ziala) et tu devrais comprendre car je ne sais pas si mes explications sont très claires.
Mais on peut obtenir des paniers tout blancs très jolis en enlevant l’écorce. En général ils servent pour la maison (oeufs,fruits,courses etc)
Salut Bernard
je me prén Christian, je me permet de t’écrire un petit mot car j’ai habité ta région pendant des années. J’ai vécu à Boudedey à coté de Laizy pendant 12ans, en y arrivant en 1963 placé chez des gens car je suis d’origine de la daass. En parcourant ton album photo, tu ma remis dans un contest d’il y a 45 ans je t’en remercie car le souvenir de la ferme me restera à jamais gravé, et je dois au monde paysans un respect sans limite, car la force qu’il ma fallue pour m’en sortir le l’ai puisée à travers votre éducation merci et restons en contact à bientot
Parfaite l’explication pour fabriquer un panier ( ou une rasse ) .
J’en ai fait des centaines dans ma jeunesse .
J’ai encore sur mon grenier au moins 10 ronds ( anses ) de panier et rasses ; en Batardes ( églantiniers ) les meilleures .
Depuis les Années elles sont surement foutues ; quoique ?????
coupées en vieille Lune et tournées ( mise en forme ) sur un bon brasier ; çà devient dûr comme du fer .
Salut à tous .