Hivernage - 16 décembre 2007
Dans mon dernier billet je me réjouissais du beau temps qui prolongeait le séjour au pré des animaux mais cela a été de courte durée. Les pluies abondantes m’ont obligé à rentrer tout le monde ou presque à l’étable. J’ai fait ça avec l’aide de Mathieu un ouvrier du service de remplacement. Quand il pleut beaucoup à cette saison, la végétation n’est plus là pour pomper cette eau, les vers remontent la terre à la surface et rapidement les animaux ne trouvent pus rien pour se nourrir, plus guère de place pour se reposer. Les haies défeuillées n’offrent plus d’abri des vents. Les endroits où je les nourris deviennent rapidement des bourbiers. Cette année les vaches ne se sont pas fait prier pour sortir des prés, même les plus vieilles,plus rusées, qui habituellement semblent ignorer la barrière ce jour là.
Je me doute bien que pendant 4 mois à l’attache elles ne doivent pas être trop bien, mais elles savent ce qui les attend et aucune ne renâcle pour entrer et se mettre en place. Je prends soin quand même de placer une vache aux pattes sensibles à un endroit où elle ne sera pas gênée pour se reposer. Je ne vais pas mettre une petite vache craintive à coté d’une bagarreuse qui sait se servir de se cornes et va la martyriser tout l’hiver et l’empêcher de se nourrir correctement. J’en ai une presque aveugle, elle est à la porte et profite de la lumière du jour et du soleil. Elle voit mieux que dans la pénombre de l’écurie. Le taureau est dans son coin, l’ancien abat-foin,qu’on appelle aussi « mêleu »ou « môlu ». Autrefois on y faisait descendre chaque jour le foin stocké en vrac dans le fenil au-dessus. Des fois, il parait qu’il se passait de drôles de choses dans le môlu ??. Treize privilégiées passeront l’hiver dans la grange en stabulation libre. C’est ce système d’ hivernage que l’on prône actuellement. De grands bâtiments spacieux, fonctionnels, qui facilitent bien le travail et permettent à un seul homme d’élever beaucoup plus d’animaux. N’empêche, c’est quand même dans des bâtiments comme les miens, désuets aujourd’hui, que depuis des centaines d’années la race charolaise a acquis ses lettres de noblesses.
Dans la journée le gros du cheptel est à l’abri. Seules les génisses de 18 mois resteront encore un peu dehors à Bussière dans un pré qui convient . Le terrain est sain et bien protégé des vents. Une fois les écuries de Vernois remplies on a transporté les animaux restants au Murger en faisant attention d’ emmener les mères qui vêleront plus tardivement .Et le soir premier repas sec.
Une journée bien remplie.
A bientôt.
Bon séjour à l’abri pour ces dames les vaches, qui, on le sent bien, sont bien chouchoutées. Garder une vache aveugle doit être, assez rare je suppose, et jugé plutôt encombrante.
Bravo pour votre site et vos magnifiques billets.
La fin de l’année avec ses jours les plus courts n’est cependant pas la période la moins chargée en travail. Je suis moi-même un peu dans le milieu en tant qu’éleveur amateur de moutons Texel. Je vous souhaite de bonnes fêtes ainsi qu’une bonne année 2008.
Bonjour, la rentrée des vaches à l’écurie c’est toute une histoire. Les faits les plus marquants chez moi sont généralement l’attache des génisses de 20 mois qui avaient été hivernées en stabulation libre leur premier hiver ou l’attache des futures primipares qui sont pas encore très dociles.
Nous avons aussi quelques vaches à la maison qui ont des défaults de vue. Je citerai entre autre notre chère « 1462″ qui m’avait dans le temps meurtri une cuisse pendant une bonne semaine. En effet inconscient, je me suis fait prendre en préparant sa voisine de crêche à une césarienne, la tondeuse à la main.Ces animaux handicapés par leurs sens nécessitent un peu plus d’attention.
J’ai souvenir aussi qu’un ancien m’avait dit qu’il fallait éviter de rentrer dans l’étable lors du réveillon de Noël ou de l’an (je sais plus trop) car c’est pendant cette nuit que les vaches parlent de leur propriétaire. Les vôtres chouchoutées comme elles le sont, devront dire que du bien de vous.
Bonnes fêtes de fin d’année.
Ah! si tes vaches pouvaient lire ce que tu écris sur elles!!
Je suis sûre qu’elles sentent bien l’attention et l’amour que tu leur portes. Très beau billet, merci!
Bonsoir!
Etant donné le temps que nous avons tous eu le week-end dernier,les vaches étaient sûrement mieux à l’abri.Heureusement ce genre de temps n’est pas trop fréquent chez nous comparé au nombre de jours dans l’année. Mais je mesure en vous lisant à quel point nous avons de la chance de pouvoir laisser les vaches dehors . Le veau le plus jeune a presque un mois,les autres entre 3 et 5 mois, donc relativement résistant,biensur c’est de la surveillance(état et comportement général et sutout pour les veaux leur appétit:ils sont alimentés àla farine et aux granulés en plus du lait maternel) et en ce moment il faut surveiller les points d’eau. Le matin , les veaux sont souvent allongés de tout leur long à l’abri du vent dans les feuilles ,c’est beau à voir . Tous ont une grosse épaisseur de poils , quand il fait vraiment froid et humide il y a du givre sur les dos . Les vaches sont dispercées en plusieurs lots,les terres portent,biensur c’est la gadoue autour des rateliers mais ça ne monte jamais au dessus des jarrets. On a parfois des problèmes de panaris à cause des petites blessures dues aux petites cailloux et à la boue mais asser peu finalement.
Nous avons des limousines ,c’est la race du terroir donc bien adaptée au site. Il y a asser peu d’élevage de charolaises dans notre département ,je n’en avais qu’un sur ma tournée d’inséminatrice et j’aimais bien sa façon de travailler.
Très bonnes fêtes de fin d’année à vous et vos proches . A bientôt
Manu
Pour faciliter l’attache des génisses à la crèche, ce qui est toujours épineux je les mets un dizaine de jours en stabul et je les prends au cornadis et j’en profite pour faire quelques interventions et après qu’elles aient tiré au renard et qu’elles ne gagnent pas elles sont beaucoup plus faciles à attacher