Stockage pour l’hiver - 31 juillet 2007

Voilà pratiquement 3 semaines que je commençais à faucher et aujourd’hui j’ai terminé. Non sans mal, avec cette météo capricieuse. Maintenant il faut mettre toutes les balles de foin (environ 700) à l’abri. C’est un travail fastidieux surtout pour stocker dans les anciens fenils, situés à l’étage au dessus des étables : “les enhauts” (prononcé en-nau). Mais c’est les vacances, je ne manque pas de bras et personne ne rechigne pour me donner le coup de main. Et sur les “enhauts”, l’empilage des bottes de foin, pourtant pénible prend une forme ludique. Les soeurs se chamaillent, Camille et Matteo jouent dans le foin, dernière génération spectatrice de ce travail estival à l’ancienne, tout cela sous l’oeil moqueur de Sébastien qui n’a pas l’habitude de cette activité (gare aux courbatures).

La petite vidéo réalisée par ce dernier montre bien ce qu’a été le travail de la journée. Le soir tous les fenils sont pleins. Dans les jours qui viennent j’empilerai les balles de foin dans les hangars mais là, tout se fait au tracteur, mais de façon bien moins conviviale: personne dans l’aire d’évolution du tracteur.

A bientôt.

Premier coup de lame - 19 juillet 2007

11 juillet : Les Prévisions météo ont l’air optimistes. Je peux enfin atteler la faucheuse pour couper l’herbe qui n’a que trop attendu. Je commence à faucher les Grandes Aiguillères (environ 9 ha) . Par endroits, dans les “moulands”, c’est limite si le tracteur ne laisse pas d’ornières tellement le sol est humide.

12 juillet : Grand soleil; le matinée dès que la rosée est évaporée je vais faner ce que j’ai fauché la veille. Ensuite je laisse le soleil faire son oeuvre. On a beau avoir les matériels les plus sophistiqués,sans lui rien n’est possible, pour ce qui est de la fenaison en tout cas. Comme ça je peux passer l’après-midi au Tour de France qui cette année passe dans notre commune. Je n’avais encore jamais assisté à ce spectacle. Il faut l’avoir vu au moins une fois. Mais dès que la circulation est rétablie je rentre à la ferme et retourne faucher jusqu’au soir dans les Petites Aiguillères.

13 juillet : Très chaud. Un dernier coup de faneuse et en deuxième partie d’après-midi le foin est sec et bon à mettre en balles rondes. Mon beau-frère libéré de son travail (vive les 35 heures) est venu mettre en andains. Alors que le chantier avance bien les pannes surviennent en cascades. Du jamais vu. Le vieux tracteur MF 140 s’arrête net et ne veut pas redémarrer. On va chercher le tracteur inutilisé auquel on attelle l’andaineur et ce dernier tombe en panne au bout de 3 tours. Il faut partir à l’atelier; malgré l’heure tardive le mécano veut bien réparer (lui les 35 heures il ne connaît pas). Puis c’est au tour de la presse à balle rondes. Le boîtier électronique qui la pilote a du bugger. C’est un petit ordinateur avec écran et touches tactiles, installé dans la cabine du tracteur, qui commande tous les réglages (diamètre des balles, espacement de la ficelle,nombre de tours de ficelle sur les bords etc) et me renseigne en permanence sur la quantité de foin absorbée,me guide par des flèches pour faire entrer le foin à gauche ou à droite ou au centre en zigzaguant sur l’andain pour obtenir une balle bien régulière, me dicte de m’arrêter quand le diamètre souhaité est atteint, lance le liage et compte les balles pré par pré, et j’en passe. Mais là l’écran n’indique plus rien. Moment de solitude, surtout avec cette quantité à récolter et un week-end de 14 juillet en plus! Un petit rafraîchissement m’aide à y voir plus clair.

En fait tout va rentrer dans l’ordre plus facilement que je ne pensais. Le râteau andaineur est réparé et à 20 heures Alain peut finir de “mettre en roules” comme on dit ;pour la presse je vérifie tous les contacts,réinitialise quelques paramètres,et miracle, l’écran affiche à nouveau toutes les données. Je peux terminer. Le vieux tracteur est remorqué à la ferme et après avoir changé les filtres à gas-oil et nettoyé le circuit d’alimentation, il redémarre. Increvable malgré ses 35 ans.

14 juillet : Fanage le matin et une grande quantité à récolter, et le personnel( bénévole bien sûr) ne se bouscule pas ,normal, c’est le 14 juillet. Alors c’est Caro qui s’y colle. Elle passe son après-midi à mettre en roules avec le vieux tracteur. Point positif pour elle, l’endroit est idéal pour bronzer, la tête quand même protégée par une magnifique casquette remportée de haute lutte lors du passage de la caravane du Tour. 130 balles à nous deux.

15 juillet : Journée sans histoire, je peux terminer à botteler tout ce qui reste. Sur ce week-end j’aurai fait un peu plus de 310 balles rondes de 1,2mx1,2m d’un foin de qualité moyenne; Heureusement, car au moment où je poste ce billet la météo est moins favorable : 3omm d’eau cette nuit.

A bientôt

Mois de juin pourri - 4 juillet 2007


Il règne toujours un mauvais temps et pour nous éleveurs qui sommes tributaires de la météo les affaires ne s’arrangent vraiment pas. Encore rien de récolté et le fourrage perd de la qualité. Les orages et le vent ont couché l’herbe prête à être fauchée et la pluie la fait pourrir par en dessous; ça commence à me peser sur le moral comme à un bon nombre de voisins. Je me reconsole en me disant que j’ai déjà vu ça ,qu’on a même fini les foins au mois d’août et qu’on a bien survécu. Mais cela a un prix.

A la faveur de 2 journées consécutives un peu plus chaudes et ensoleillées, j’ai pu faire battre l’orge d’hiver par une entreprise de battage disponible ( dans l’Acqueduc à Bussière ) Elle était déjà en piteux état à cause des orages répétés; elle ne faisait plus guère que 30 cm de haut, des épis cassés étaient au sol et l’herbe commençait de pousser à travers. La coupe de la moissonneuse baissée à fond a permis d’en ramasser un maximum; Il était temps ,je pense que les pluies de ce début de semaine, auraient été fatales à ma parcelle d’orge.

Ce temps pourri a favorisé la prolifération de grand chardons que je n’ai pas l’habitude de voir dans mes prés. Par endroits il y en avait tellement que les vaches ne voulaient plus y pâturer ( environ 2 ha). Je les ai détruits par un passage du broyeur de refus tout neuf de la cuma de La Tagnière. Comme ça ils ne pourront pas venir à graines et se ressemer. D’ailleurs l’échardonnage est obligatoire car les milliers de graines de chaque fleur ,légères comme un duvet, peuvent être transportées par le vent sur des km et ensemencer prés et champs du voisinage. Sacré cadeau!

Le corps étranger,sûrement un terme inconnu pour celui qui n’élève pas d’animaux. C’est ainsi qu’on nomme un objet ,le plus souvent métallique, comme un clou,un morceau de barbelé,ou un morceau de métal pointu que le bovin peut avaler en mangeant de l’herbe ou du foin et qui se pique dans la paroi de la panse et la transperce. Il s’en suit infection, température, inrumination, perte d’appétit, et souffrance visible. C’est ce qui est arrivé à un de mes taurillons. C’est avec un détecteur de métaux (poêle à frire) que le véto a repéré le corps étranger quelque part dans l’abdomen. Le remède c’est de faire avaler à l’animal un aimant puissant ( un morceau de métal de 10 cm de long par 2 cm x2 cm environ ). L’ attraction magnétique est censée attirer le corps étranger qui se colle à l’aimant et le tout reste dans la panse, mais de façon inoffensive. Une bonne couverture antibiotique, des stimulants de la rumination et du foie pendant quelques jours et le tour est joué. Au bout de quelques temps tout rentre dans l’ordre. Enfin presque tout le temps, car cette fois mon taurillon a fini par en crever. Perte limitée (750 à800 euros quand même) car c’était le plus petit du lot. Il n’a pas eu de chance car auparavant ses congénères l’avaient esquinté et il souffrait terriblement du dos. Ces 2 “accidents” en sont venus à bout.
Quand je vous dis qu’il faut avoir le caractère mieux fait que la figure!!!!
A bientôt

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