En attendant le soleil - 22 juin 2007


Oui, je l’attends ce soleil,ce beau temps d’été qui fait faute pour “faire les foins”. C’est un travail important pour moi car le foin constitue la majeure partie de la nourriture hivernale pour les animaux. Les orages, averses, nuages, pluies et temps frais se succèdent et ce n’est pas les quelques apparitions du soleil qui permettent de commencer. C’est dommage, il est grand temps de faucher car le fourrage perd de qualité de jour en jour.
Mais comme je le répète souvent, j’ai toujours du travail qui attend et qui occupe bien les journées.
Un exemple, un chantier de fabrication de piquets de clôture, m’a occupé deux jours. C’est fendre en 2 ou 4 des rondins de châtaignier ou d’acacia et les affûter. Pour cela je me suis procuré les matériels ad-hoc, le fendeur de bûches et l‘affûte-piquets auprès de la cuma de la Chandeleur. Touène (le bûcheron) est venu me prêter main forte.
Un autre jour, j’ai démonté les “cabanes” à veaux du grand-pré et des chambons. On les avait construites avec mon père, il y a bien 25 ans. Rondins d’acacia,perches de jeunes sapins provenant d’éclaircies, et tôles ondulées ont tenu à l’abri des intempéries les petits veaux pendant bien des années.Elles ont bien tenu le coup, mais elles étaient usées de vétusté et j’ai du me résoudre à les démolir, ramener les tôles et brûler la charpente pour faire place nette.
Un jour de pluie, j’ai nettoyé le grenier de stockage de céréales. Après avoir pelleté, balayé le grain dispersé à travers le grenier, le tas récupéré était tellement poussiéreux que j’ai du le passer au vannoir (on dit “vent”ou “van”). C’est un engin qui date de Mathusalem; le grain tombe de la trémie devant des pales qui en tournant produisent un vent assez puissant pour chasser la poussière mais pas le grain qui redescend au sol par un plan incliné en grillage qui affine le nettoyage. J’ai quand même remplacé la manivelle (elle m’avait traumatisé dans ma jeunesse) par un entraînement électrique mais ça reste un travail d’un autre temps. Ensuite j’ai du pulvérisé un insecticide pour détruire les charançons qui veulent coloniser le grenier.
Autre travail ponctuel, le parage de pieds; une vache boite, je la conduis au parc, et une fois dans le couloir de contention je lui soulève la patte. La corne a poussé de façon anarchique et forme une excroissance sous le pied. J’enlève le surplus à l’aide de pinces spéciales et de rénettes. Ce travail terminé, je ramène la vache au pré. Mine de rien une matinée s’est écoulée.
Voilà un petit aperçu de quelques journées bien occupées parmi tant d’autres.
A bientôt.

Le marché au cadran - 11 juin 2007


Qu’est ce que c’est? C’est un marché aux bestiaux un peu particulier. Les animaux y sont vendus aux enchères, au plus offrant. Plus rien à voir avec la transaction, entourée de mystère, d’homme à homme, entre le paysan et le maquignon, qui se terminait en se tapant dans la main: tope là, marché conclu.
C’est à Moulins-Engilbert, village de la Nièvre, que ce marché hebdomadaire est implanté. Chaque premier mardi du mois se tient également un important marché où un nombre impressionnant de vendeurs ambulants déballent leur marchandise. Attirées par ce marché là, Chantal et Caroline m’ont accompagné; moi j’étais plus préoccupé par le cadran où il est facile de ” prendre la température” comme on dit, pour ce qui est de l’ambiance commerciale et des cours des bovins.
La vente commence à 6 heures du matin. Donc très tôt c’est le ballet des bétaillères agricoles, des camions des éleveurs locaux et des marchands régionaux,et des énormes camions-remorques ou semi-remorques à double pont qui emmèneront les animaux morvandiaux à travers la France, l’Italie, l’Espagne, etc, sur des régions d’engraissement.
Pour vendre sur ce marché l’éleveur doit annoncer la semaine précédente ce qu’il va proposer à la vente. En arrivant sur place les animaux sont pris en charge par les bouviers qui leur attribuent un numéro de lot et les stockent dans des parcs adaptés. Puis un par un, chaque lot d’animaux est conduit vers le lieu de vente non sans avoir été pesé au passage. La pesée faite les bouviers font entrer les animaux dans “l’arène” autour de laquelle les acheteurs sont installés à des tables disposées comme dans un amphitheatre. Les derniers gradins sont réservés au public. Sur le côté, trone dans une cabine vitrée le crieur qui annonce la marchandise au micro et manipule la console électronique qui commande le tableau piloté par ordinateur. Le tableau lumineux nous renseigne sur le département d’origine, l’âge des bovins,le poids moyen et d’éventuelles qualifications commerciales ou sanitaires et bien sûr le tarif de départ fixé par le crieur. Aussitôt les enchères démarrent et de 10 en 10 euros on voit l’ offre évoluer. Ce qui est intéressant pour moi c’est d’avoir sous les yeux les animaux, leur conformation, leur poids (je peux comparer avec les miens) le prix moyen, le prix au kg et même en francs. Il faut dire que, en ferme, le Franc est encore employé dans la majorité des cas aussi bien coté éleveur que coté maquignon.On convertit en euros après pour établir la facture. Pour enchérir l’ acheteur installé à sa table dispose d’un bouton sur lequel il peut presser discrètement à l’insu de ses concurrents. Une fois, deux fois,trois fois, (en l’occurrence 3 feux lumineux) vendu au dernier enchérisseur. Ou invendu; le vendeur reste maître de ses animaux et peut refuser de les céder si le prix ne lui convient pas. Les animaux sont évacués vers les parcs réservés à chaque acheteur d’où ils seront embarqués dans les camions;puis un nouveau lot est présenté à la vente. Dans la journée des centaines d’animaux (jusqu’à 1700) vont changer de propriétaires. Bien sur, faire du commerce sur ce marché a un coût, à la charge et de l’acheteur et du vendeur. Chose importante le vendeur bénéficie de la sécurité de paiement.
Après avoir vu vendre un centaine de taurillons, cela m’a confirmé que les cours ont terriblement chuté par rapport à l’an dernier, mais cela m’a donné une bonne idée pour fixer le prix (à débattre de toute façon) de ceux que je veux vendre à la ferme.
Nous avons terminé la matinée sur le marché ambulant,fait quelques achats,et nous sommes rentrés à Vernois.
A bientôt

Géraldine - 6 juin 2007


Géraldine, c’est une sympathique étudiante en journalisme. Après avoir découvert mon blog, elle m’avait contacté fin janvier pour écrire un article à ce sujet. C’était pour participer à un concours dont le thème était ” les aventuriers du numérique”. Comme je trouvais que ce terme s’appliquait bien à moi, j’ai tout de suite été conquis et quelques e-mails plus tard, rendez- vous était pris pour une visite éclair à la ferme en Bourgogne. Une vraie journaliste!
Je vais donc la chercher à la gare à Etang, et comme il est l’heure du déjeuner on se retrouve autour d’un repas fermier. Comme nous n’avons pas beaucoup de temps, Géraldine, la fourchette dans une main, le stylo dans l’autre, commence l’interview. L’après-midi, je lui fais faire connaissance avec Timoun, visiter les étables, et l’emmène en tracteur en allant livrer une benne de farine au Murger, tout en discutant et commentant le paysage. Puis c’est la séance photo et il est déjà l’heure de raccompagner la journaliste “en herbe” à la gare.
De cette journée qui a du bien la changer de la vie parisienne il en est ressorti l’article ci- joint. Comme Géraldine a été une des gagnantes du concours son “papier” a été publié dans Le Pèlerin paru le 24 mai.
Bravo à Géraldine qui a bien mérité cette victoire car elle s’est donné bien du mal en s’y prenant comme une vraie journaliste. Je garde un bon souvenir de cette journée
A bientôt.

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