Le camion-usine - 29 avril 2007
Cette semaine, c’est d’une nouveauté dans la région, tout simplement géniale dont je veux vous parler. C’est un camion usine destiné à faire de l’aliment pour bétail, à la ferme, avec les céréales et matières premières dont dispose l’exploitant pour obtenir le mélange désiré par celui-ci. C’est une véritable petite unité de fabrication très complète, montée sur un camion , entraînée par un moteur auxiliaire puissant (240 cv) et facile à mettre en oeuvre. Les céréales sont aspirés dans le stockage (grenier ou cellule à grains), dépoussiérés au passage et pesés. Ensuite ils sont aplatis ou broyés selon la destination (ruminants ou porcs ou volailles). Le produit obtenu peut être transporté par une vis sans fin vers un stockage ou envoyés dans la cuve pour être mélangés avec des compléments tels que tourteaux, luzerne, pulpe, minéraux, etc. Ce mélange bien homogène peut être pulsé ou convoyé par la vis dans le stockage désiré.
C’est mon frère secondé d’un associé, qui s’est lancé dans cette aventure. Il me reste pas mal de céréales sur le grenier, au Murger; pour éviter une importante manutention pour ramener le grain vers mon aplatisseur à Vernois, je lui ai demandé de venir jeudi dernier avec son camion-usine. J’ avais profité de l’occasion pour inviter des collègues susceptibles d’être intéressés par cette prestation. On s’est retrouvé une bonne trentaine de personnes pour regarder le fonctionnement de l’appareil et écouter les explications de mon frère, fier de présenter son usine ambulante. Il y eut beaucoup de questions posées par des gens intéressés et surpris des performances de ce matériel innovant. En quelques minutes 3 tonnes de triticale on été aplatis. La démonstration bien réussie s’est terminée par le pot de l’amitié.
A bientôt.
Un an déjà - 24 avril 2007
Le printemps n’aura duré que quelques jours et nous voilà déjà en été alors que nous sommes toujours en avril qui est habituellement un mois frais, voire froid et humide. Je ne me souviens pas d’avoir vu la végétation exploser comme cette année à une date si avancée pour notre région au climat continental. Mis à part les frênes, tous les arbres sont déjà bien feuillés même les chênes dont les bourgeons n’éclosent habituellement qu’après le 1er mai. Les arbres à fruits ont été couverts de fleurs comme jamais, et même tous les fruitiers sauvages ont paré de blanc toutes les haies et bois environnants. L’aubépine qui ne fleurit que vers la mi-mai est déjà bien blanche et parfumée.
Du coup les animaux ont bénéficié d’un temps exceptionnel pour la mise à l’herbe. Celle-ci ne s’annonçait pourtant pas trop bien après les pluies de mars. J’ai dû attendre le beau temps de la fin du mois pour lâcher les animaux d’un an et deux ans mais j’ai pu vider l’étable du Murger des vaches et veaux juste avant Pâques. Le travail du pansage journalier s’en est trouvé allégé d’un seul coup. Il était temps. J’en avais vraiment marre. La fatigue accumulée durant l’hiver se faisant durement ressentir. A cette époque tout est à faire en même temps : remettre les clôtures en état, mettre les animaux au pré, ce qui implique de reprendre la surveillance journalière, surtout au début, continuer de soigner les animaux encore à l’étable, faire des vêlages et s’occuper des nouveaux-nés; mais aussi épandre de l’engrais, du fumier, du lisier, labourer et semer un peu de mélange orge-avoine de printemps (2 hectares) etc etc.. Aussi durant ces dernières semaines je n’ai pas eu une minute à moi, même pour mettre un billet sur le blog. Heureusement qu’il y avait Camille pour rédiger l’article précédent.
Depuis quelques jours la tension est retombée et je peux à nouveau me remettre à l’ordi. J’ai pas mal de retard à rattraper.
Voilà juste un an que j’ouvrais ce blog à la demande de mes enfants, timidement d’abord, car cela était pour moi une aventure. Aujourd’hui j’ai un peu la crainte d’être répétitif car dans une ferme ce sont les mêmes travaux qui reviennent aux mêmes saisons chaque année. Mais voyant que la fréquentation est en constante progression (250 à 300 visites/jour), que les photos sont très regardées (12000 agrandissements) et que ce blog a pris une forme pédagogique pour certains, je pense trouver quelques sujets qui vous passionneront et je vais repartir pour la Saison 2 du Journal d’une Ferme en Bourgogne.
A bientôt.
Vacances pour le blogger - 8 avril 2007
Me voici en vacances de Pâques à Vernois pour 15 jours chez mes grands-parents : Machal et Bar (Chantal et Bernard). Eh oui, c’est moi, Camille qui vais vous écrire un billet pour cette fois ! Je vais vous raconter ce que je fais pendant mes vacances à Vernois avec mon petit frère Matteo et ma tante.
On s’amuse vraiment beaucoup et à chaque fois j’ai hâte de venir.
Voici en gros ce que je fais en une journée:
Je me réveille et je prends mon petit déjeuner en vitesse pour vite aller profiter du beau temps dehors en jouant avec les animaux. Si Machal n’a pas encore sorti les chèvres, je m’en occupe avec plaisir. Puis grande découverte ce matin, 4 poussins accompagnaient une jolie poule noire, trop mignons ! 2 noirs et 2 jaunes facilement attrapables sauf que la maman poule les protège et peut être agressive. Heureusement Machal est là pour les kidnapper quelques minutes.. Biensûr on lui rend après les avoir serrés dans nos bras.
Pour faire plaisir à mon frère on fait ensuite une balade à vélo, il adore car ça ne fait pas si longtemps qu’il sait en faire sans roulettes…
Machal nous appelle pour déjeuner, et on arrive en courant. A la fin du repas on a le ventre plein, une sieste télé nous fait plaisir, on retrouve nos dessins animés préférés.
Et hop on renfile nos bottes pour rendre visite aux petits veaux ravis de se faire câliner. Eh ! Vous entendez ? C’est Timoun qui nous appelle !! On court chercher un morceau de pain sec et on file le voir.
De temps en temps on fait un petit tour de quad, ça décoiffe !
J’aime aussi beaucoup grimper dans les arbres depuis toute petite; il y’en a un pas mal à côté du pré de Timoun.
Après le goûter, une promenade dans la rue des “Champs bons” est agréable.. Tiens! au retour on voit les chèvres qui attendent d’être rentrées; d’abord je les sors du pré, ensuite je les dirige vers l’écurie avec l’aide de Samba, je leur ouvre la porte et les attache à leur place habituelle. Petite précision: j’ai une chèvre qui s’appelle Lily, vous pouvez la voir: la beige. Machal va bientôt arriver avec ses seaux pour les traire, je l’attraperai sur le chemin pour l’aider. Mais il y a une technique spéciale pour faire sortir le lait du pis, pas facile facile !
Après avoir cherché un nid de poule, j’ai trouvé 3 beaux oeufs que je pourrai manger demain midi à la coque.
Bar commence à sortir ses vaches dans les prés, mais il en reste dans les écuries près de la maison. J’aime bien rester avec lui pendant le pansage et je fais ce que je peux pour l’aider.
Après une journée très chargée, on est bien fatigué, il commence à faire froid, on rentre donc pour terminer la soirée..
Au revoir et j’espère à bientôt.
Camille, 9 ans 3/4.
La césarienne - 1 avril 2007
Tous les éleveurs de bovins de race à viande connaissent l’accouchement par césarienne. On en a tous quelques unes dans l’année, ou beaucoup plus si on se spécialise dans la bête épaisse ou dans certaines races comme le blanc bleu belge. C’est une technique éprouvée que les vétérinaires pratiquent couramment. Du fait de son coût (plus de 200 euros) bon nombre d’éleveurs font cette opération eux-mêmes, avec succès d’ailleurs. Mais on en arrive à un point que ceux-ci ne recherchent que le veau “phénomène”et ont recours systématiquement ou presque à la césarienne. Autrefois cette technique n’existait pas. Les vaches accouchaient naturellement, et si par malheur le veau ne pouvait pas sortir du fait de sa taille trop importante, après avoir tiré tout ce qu’on pouvait sans succès, il fallait découper le veau dans le ventre de la vache avec une scie-fil et le sortir en morceaux. En général cela se terminait très mal pour la mère aussi. L’arrivée de la césarienne et des antibiotiques a bien facilité l’obstétrique vétérinaire.
Aussi pour les gens qui ne sont pas du milieu agricole ou tout simplement de l’élevage je vais vous décrire celle que le véto a du réaliser chez moi dimanche dernier avec photos à l’appui. Ames sensibles s’abstenir .
A la vue du diamètre des pattes du veau à naître je n’ai pas attendu le vétérinaire pour tondre le flanc de la vache coté gauche, coté de la panse, et commencé à laver avec de l’eau savonneuse. Le véto arrive et ne peut que constater qu’il faut ouvrir. Après s’être préparé et improvisé un bloc opératoire il peut commencer. Après une injection au niveau de la queue pour supprimer les contractions, il désinfecte la zone à opérer avec un produit ad equat. Ensuite il pratique une anesthésie locale par des injections espacées de quelques cm à l’endroit de l’incision sur environ 30 cm Après quelques minutes il incise la peau, ce qui découvre le muscle, et celui-ci découpé c’est au tour du péritoine. Alors le véto plonge les mains par l’ouverture pour repérer les pattes arrières du veau et inciser la matrice . L’extraction du veau peut commencer en sortant les postérieures autour desquelles je passe une corde pour tirer ; le cordon ombilical coupé,on tire pour sortir totalement le veau et le déposer plus loin. Pendant qu’on s’occupe du veau,un “mulot”, la vache attend, placide, le flanc béant. Puis le véto sort la matrice, la coupure face à lui, et la laisse reposer sur le flanc. Je la soutiens légèrement à l’aide d’un pince. Puis commence la suture en prenant soin de laisser le placenta encore accroché, à l’ intérieur. Suture double, pour un étanchéité parfaite. La matrice est nettoyée, et après avoir vidé les eaux de la cavité abdominale il la replace à l’intérieur sans oublier d’y ajouter une dose d’antibiotiques Ensuite il suture muscle et péritoine (les 2 à la fois) et enfin la peau. Le fil employé se résorbera tout seul. Opération terminée. On nettoie tout, la vache est détachée et elle peut lécher son veau.
Sur les photos on voit que la propreté n’est pas de mise. On est loin de la super hygiène des hôpitaux ou les infections nosocomiales sont pourtant un réel problème. Ici ,en général aucune infection ne se déclare. Une couverture antibiotique de 48 heures est mise en place par sécurité.
Je suis toujours surpris par la résistance des vaches opérées ainsi. La souffrance est visible quand l’effet de l’anesthésiant cesse, mais quelques heures après, la vache se couche, se lève, marche,comme si de rien n’était et le lendemain tout est rentré dans l’ordre; la rumination est le signe que le rétablissement est en bonne voie.
A l’heure ou j’écris, une semaine après l’intervention, la cicatrisation semble parfaite, la mère se porte bien, le veau aussi malgré un petit problème cardiaque fréquent sur de tels sujets .
A bientôt.