Noël - 28 décembre 2006
Bernard ayant trop bien fêté le réveillon c’est moi, Chantal qui passe quelques instants avec vous…
Au sujet de la ferme, je n’ai pas grand chose à dire : les volailles, quelques poules pour les oeufs frais. Les chèvres sont en gestation, elles feront les petits en mars, mais on en reparlera. Je les nourris matin et soir; puis elles vont au pré tous les après midi (une bonne ballade au bord de l’Arroux. Quel délice !) Sinon je donne la main à l’étable seulement au moment des vêlages, alors en ce moment je suis comme les loirs (au repos l’hiver)… enfin pas tout à fait.
Les vacanciers arrivent ! Quel plaisir ! 10 à la maison sur 15 jours environ (le ménage et surtout la cuisine ; c’est moi qui gère…) et ils aiment les bonnes choses « mes grigous », concoctées avec amour bien sûr !
Les petits et les grands tracent leur menu à tour de rôle. Camille demande en arrivant son île flottante, Stéphanie le bon riz au lait crémeux comme quand elle était à la maison, Jean-Charles parle d’une bonne tarte à la semoule et Caroline répond: « hum, oh oui encore tiède!! ». Sébastien et Béatrice (les rapportés) pensent au gigot d’agneau… il faut tenir le coup ! Pendant ce temps, Bernard ne dit rien, mais n’en pense pas moins, en traversant la cour, il hume le bon fumet qui s’échappe de la porte entrouverte. « C’est quoi le menu aujourd’hui? » – « C’est la surprise ! Attends encore un peu ! »
Bon vous aussi, si vous voulez savoir la suite. Je vous souhaite une bonne et heureuse année 2007, surtout une parfaite santé.
Chantal.
La trêve des confiseurs c’est valable pour moi aussi, ce qui explique ce billet mais je tiens à souhaiter à vous tous, les habitués de ce blog, une bonne année et vous présenter mes meilleurs voeux pour 2007.
A bientôt, Bernard
L’Usine - 21 décembre 2006

Pendant les mois d’hiver ou d’hivernage plutôt, de décembre à avril, en gros, je compare mon travail sur la ferme à un travail d’usine, tous les jours le même, derrière « le cul des vaches » comme on dit. Le matin deux heures, de 6 à 8, j’aime bien commencer tôt, trois heures l’après-midi, 15 h 30 à 18 h30, je n’aime pas traîner le soir dans les cours et les étables, cinq heures par jour, 7 jours par semaine, faites le compte.J’y reviendrai plus tard en détail. En plus de ça il faut bien faire tourner l’exploitation ce qui me procure beaucoup d’autres occupations comme la semaine passée la tonte des vaches (voir photo) enfin seulement celles qui sont attachées dans les anciens bâtiments. J’ai toujours fait ça mais maintenant cela se pratique beaucoup moins avec les bâtiments modernes;par hiver rigoureux il y gèle et les animaux ont besoin de leur fourrure. On tond depuis la queue ( photo ci-dessus)le dos sur sa largeur jusqu’à la tête en dégageant bien l’encolure ;ainsi les animaux restent plus propres,sont plus à l’aise (dans les anciennes étables il fait toujours assez chaud )et cela empêche les parasites de coloniser les zones de prédilection que sont le dos et l’encolure. En plus les grands poils broussailleux et disgracieux sont supprimés et ce n’est pas plus mal pour le coup d’oeil quand on entre dans l’étable. En général les animaux adorent ça; si les génisses sont un peu rétives la première fois, les vieilles vaches semblent attendre avec impatience et se trémoussent de plaisir au passage de la tondeuse électrique.
Mardi, très mauvaise journée;en arrivant au Murger j’ai fait la macabre découverte d’une jeune vache crevée; la pauvre bête a rompu son attache et après avoir déambulé à travers l’étable s’est retrouvée pour je ne sais quelle raison allongée dans l’auge sur le dos et n’a pu se relever et dans ce cas si on est pas là pour intervenir c’est la mort assurée;les gaz dégagés dans la panse ne sont plus évacués, l’animal gonfle (météorise) et meurt asphyxié. Je n’avais encore jamais vu ça mais depuis le temps, avec tout ce qui a pu arriver dans le genre je finis par être blindé, mais quand même, ça remue. Si j’étais passé le soir avant de me coucher comme dans les étables de Vernois ça ne se serait sûrement pas produit. En effet tous les soirs je passe jeter un coup d’oeil pour voir si tout va bien. Dans le billet précédent un commentaire me recommande de ne pas y aller la nuit de Noël. Une légende dit que les animaux parlent. Celle que je connais dit qu’un fermier avait voulu enfreindre cette interdiction et avait pénétré discrètement dans l’étable. Effectivement les animaux parlaient et il entendit un de ses boeufs, formidable animal de trait et compagnon de tous les jours demander aux autres s’ils savaient quel travail les attendait pour le lendemain et de s’entendre répondre qu’ils allaient conduire leur maître en terre. Le paysan frappé de stupeur décéda sur le champ. Si quelqu’un connaît une autre version le débat est ouvert. En tout cas je crois que je resterai à la maison le soir de la nativité.
Joyeux Noël à tous
A bientôt.
quand tout va de travers - 15 décembre 2006
Mes bâtiments sont prêts, le Désiré (service de remplacement) m’ a envoyé un ouvrier c’est le jour de rentrer le » gros de la troupe » de vaches. Ce matin je n’ai pas nourri dans les prés, comme ça quand les vaches me voient arriver, elles viennent à moi en courant, je donne le foin à l’extérieur du pré, sur le chemin, ouvre la barrière, elles s’y précipitent et le tour est joué ,elles se retrouvent hors du pré sans s’en apercevoir; pas besoin de marcher ou de courir dans les prés détrempés. Avec Chantal en renfort on commence par une bande de 15 qui se trouvent dans le pré le plus éloigné,elles sortent facilement grâce à mon stratagème font quelques dizaines de mètres sur le goudron et je ne sais quelle mouche les pique mais elles s’affolent,7 traversent la haie cassent la clôture et se retrouvent dans leur pré, on tente de continuer avec les 8 restantes qui elles aussi sautent à travers la haie et se retrouvent dans le pré d’un voisin, cette fois; et on est là sur le chemin ,bredouilles et découragés. L’urgence est de récupérer celles qui sont chez le voisin. Heureusement le pré est équipé d’un parc tout à l’autre extrémité mais on a besoin de barrière, de ruban électrifié, de la remorque (il faudra 2 voyages) pour les ramener. Si bien qu’ à midi on n’ a que 8 vaches en stabulation et 6 attachées car j’avais pris soin de les mettre en attente dans une rue proche des bâtiments.
13 heures,après un repas vite avalé direction Bussière avec la remorque pour ramener un lot de 11. Sortie de pré impeccable, à 200 mètres de route en ligne droite le parc d’un cousin, on a tout prévu, sauf une voiture qui arrive en sens inverse. La conductrice ne coupe pas le moteur quand le troupeau arrive à sa hauteur 3 vaches prennent peur et……… sautent à travers la haie dans le pré jouxtant la route: grand moment de découragement et d’énervement, gros mots etc… Heureusement mes 3 fuyardes suivent le déplacement de leurs congénères de l’autre coté de la haie et se retrouvent pratiquement au ras du parc au moment où les autres y entrent . Avec un peu de ruse et l’aide du fameux ruban électrifié on réussit à les remettre avec leurs compagnes; mais encore du temps perdu, et de la fatigue inutile, et du retard dans le timing. Ensuite ça se passe quand même mieux, les animaux se laissent bien faire pour monter, descendre de la bétaillère, se laisser attacher, si bien qu’en fin de journée on a réussi à rentrer une quarantaine d’animaux dont 28 transportées et attachées dans l’étable du murger
Le lendemain,à ma visite matinale aux 7 fugitives pour les nourrir je me rends vite compte, à leur attitude qu’elles sont toujours très nerveuses et ont peur de moi et qu’il sera impossible de les ramener à la ferme même avec de l’aide, surtout parce qu’il y a la route à traverser, ça pourrait être dangereux. Aussi je me décide pour la solution du parc mobile de la cuma que je pars chercher aussitôt pour le déployer dans le pré. Pendant 3 jours j’y dépose foin et farine matin et soir en ignorant (ou faisant semblant) les animaux; au bout de 2 jours elles s’habituent à venir manger même en ma présence et samedi alors que toutes sont attablées je referme le parc et l’attache solidement. (photo ci-dessus) Et après 2 rotations de bétaillère mes rebelles sont en stabulation. Elles ont tout l’hiver pour se calmer, mais avec les animaux rien n’est jamais acquis. C’est le récit à peu près fidèle d’un travail qui aurait du se faire aisément mais qui s’est compliqué mais sans le stress, la fatigue, l’énervement, le temps gris et humide, la boue, les bottes lourdes,etc… On est quand même mieux devant l’écran de l’ordi.
A bientôt.
Les semaines se suivent…. - 8 décembre 2006
Encore une de ces semaines de fin novembre que j’ai toujours redoutées,courtes, grises, dans le brouillard parfois égayées par un soleil blafard. Beaucoup de temps passé auprès des bovins; matin et soir pour les animaux déjà hivernés,ensuite pour ceux qui sont encore au pré auxquels je complémente la ration par du foin. Le passage répété des animaux et du tracteur dans les zones les plus fréquentées les transforment en champ de boue ce qui ne facilite pas le travail. Dire qu’il y a un mois tout était si vert ! Mais il ne faut pas se plaindre, il fait très doux et vendredi j’avais demandé au service de remplacement de m’envoyer un ouvrier pour m’aider à rentrer le reste des vaches mais il faisait tellement beau que j’ai reporté la rentrée à l’étable ( je repousse l’échéance au maximum ) et on est parti couper du bois,abattre des arbres à Corfeuil. Il y a toujours quelque chose à faire.
Mardi, j’ai fait pratiquer des échographies sur une quinzaine de vaches (photo ci contre) don j’avais des doutes sur leur gestation. C’est une méthode infaillible pour savoir précisément si elles sont pleines ( on ne dit pas enceinte pour les animaux ) et le véto expérimenté peut même dire approximativement la date de fécondation et donc de vêlage. Cela guide bien et permet de ne garder que les mères qui donneront un veau (si tout se passe bien) et de se séparer des autres qu’il serait inutile de nourrir tout l’hiver pour rien; résultat : 4 vides donc à vendre,elle partiront à l’engraissement ,moi je ne le fais pas ,je trouve que j’ai assez de travail comme ça, 2 retardées, elles ne vêleront qu’en mai, les autres sont ok. Pour toutes les autres j’essaie de faire mon diagnostic moi-même par une palpation du flanc droit de la mère à un endroit ou l’on peut sentir facilement la présence d’un foetus mais seulement quand celui-ci est suffisamment développé (à partir du septième mois)
Tiens, au fait ça porte combien de temps une vache? Comme sa patronne! répondait une voisine d’un air amusé.
A bientôt.