Les fils de la vierge - 27 octobre 2006

Les fils de la vierge ou fil Notre-Dame,c’est un phénomène qui se produit parfois par les belles journées ensoleillées d’octobre et il n y a guère que nous les paysans qui puissions l’observer et je veux le faire connaitre à mes lecteurs.C’est comme des fils très fins d’une toile d’araignée qui s’accrochent aux moindres branches,herbes,et même aspérités du sol;en fin d’après-midi il y en a tellement que les rayons rasants du soleil d’automne s’y reflètent et là on se rend compte que champs et prés sont comme emballés dans une immense résille scintillante et éphèmère;parfois ces fils se rassemblent pour former de petits échevaux blancs si légers que la moindre brise les emporte à son gré.Les anciens disaient que c’était de bonne augure pour le semis du blé.C’est ce à quoi j’ai assisté lundi en finissant de semer l’orge dans l’acqueduc et en semant le blé dans la Beurche-dodo.

Mardi j’ai sorti des prés un lot de vaches et un lot de génisses pour les mettre sur les pâtures voisines à l’herbe bien touffue;cette année nous avons une pousse d’herbe extraordinaire.Après être allé chercher la « rigoleuse » au hangar de la CUMA j’ai fait les rigoles pour faire écouler l’eau en bout des champs semés dernièrement.Dans l’Acqueduc j’arrive un peu tard,l’eau a déjà trop stagné et la semence a pourri dans la terre sur quelques ares.Dans les terres argileuses de la ferme il est primordial d’entretenir fossés et rigoles.

Aussi mercredi, pendant que j’ai l’appareil, j’en profite pour en faire quelques centaines de mètres dans des endroits stratégiques. Je ferai celles des prés plus tard quand les animaux seront à l’étable. Ensuite il a fallu nettoyer le matériel et le ramener au hangar.

Jeudi journée fumier ; j’ai épandu dans la Plaine un tas stocké en bout de champ qui attendait depuis l’hiver et vendredi j’ai du laver l’épandeur et le ramener au hangar de la cuma.Si du point de vue économique je trouve intéressant d’acheter du matériel en commun je reconnais que je perds pas mal de temps sur la route en aller-retour à la Tagnière pour me procurer et rendre le matériel.Après avoir remis au pré la vache soignée dernièrement j’en ai ramené une autre qui boîte d’une patte avant ; le véto m’apprend qu’elle a un abcès dans le sabot. Les soins terminés je lui demande de réexaminer la génisse, le mal dans la gorge ne semble pas guérir.

Samedi plus cool,mais j’ai quand même lavé un tracteur et le chargeur à fumier, la voiture,nettoyer le coin des chèvres,la grange, fait du feu.J’ai terminé la semaine par une visite à mes voisins hollandais du Murger

A bientot

Travaux d’automne - 19 octobre 2006

Octobre, dans la région c’est l’époque des concours de taureaux reproducteurs de la race charolaise.
Lundi 9 c’était celui d’Etang sur Arroux et un bon nombre d’élevages des environs inscrits ou non au herd-book de la race charolaise ont amené leur plus beaux sujets bien toilettés, un centaine d’animaux environ, pour les présenter à un jury de spécialistes, en général des grosses « pointures » de l’élevage charolais. Un prix à un concours non seulement fait plaisir mais facilite la vente et fait connaitre l’élevage des lauréats, une vitrine en fait. Bien que le beau temps ait retenu pas mal de gens dans les champs pour les semis d’automne le foirail a été bien fréquenté ; il faut dire que c’est une journée conviviale avec, le concours par lui-même, la buvette ou l’on peut se retrouver entre amis autour d’un verre, la cérémonie de remise des prix, les discours, et bien sur un repas qui se termine tard dans l’après-midi ; le tout assuré par des bénévoles ! J’y ai passé la matinée, et l’après-midi j’ai « rompu une pâture » (labouré) envahie par les rouaines ; il y en avait tellement que j’ai du les réduire avec le broyeur de jachères auparavant.

Le lendemain j’ai terminé le labour dans l’Acqueduc à Bussière et ensuite je suis allé herser à Croix de Roche la parcelle où j’avais été interrompu par la pluie. L’après-midi contrôle des services vétérinaires. J’ai été soulagé quand les deux charmantes contrôleuses m’ont informé que leur visite ne concernait que la porcherie. Je m’y étais bien préparé et en fait c’était plus une visite informelle, pédagogique que répressive. Tout était en ordre. Après avoir discuté un bon moment sur divers points de la législation,elles sont reparties et j’ai pu aller finir de semer à Croix de Roche.

J’ai passé mon mercredi matin à enlever des clôtures électriques de l’Acqeduc labouré, je ne le resèmerai pas en prairie avant quelques années ; je pensais y semer l’orge l’après-midi mais c’était bien trop humide et le temps menaçant. Alors je suis allé à Autun à l’inauguration des nouveaux locaux d’une coop, à laquelle j’étais invité. J’y ai passé une bonne partie de l’après-midi. Je suis rentré sous la pluie

Jeudi, j’ai encore enlevé les clôtures d’un pré que je veux labourer à Vernois cette fois, le Malfond (nom officiel), on l’a toujours appelé la Beurche-dodo, rien à voir, et également broyé les refus.

Vendredi, j’ai ramené le bouc à son propriétaire. Les chèvres au bouc, ça… c’est quelque chose ! Ca mérite bien un billet spécial ; peut-être un jour. Esuite direction le cabinet vétérinaire ; la génisse soignée la semaine dernière rechute et il me faut des remèdes. Au retour je m’arrête saluer mes voisins, des Anglais qui passent quelques jours dans le Morvan et je les invite à un apéro ; j’ améliore mon anglais et eux, leur français. L’Europe, chez nous c’est du concret. Hollandais, Anglais, Allemands ont acheté une grande partie des fermettes et locateries, abandonnées par manque de rentabilité, et même des corps de batiment de ferme que les propriétaires se hâtent de vendre dès qu’ils le peuvent. Pour eux c’est une aubaine car les étrangers dotés d’un pouvoir d’achat important ont fait exploser le prix de l’immobilier au grand dam des agriculteurs et surtout des jeunes qui débutent et qui se retrouvent à louer des terres sans batiment ou presque voire sans maison d’habitation. L’exode rural s’accélère et la machine à exclure les petits paysans qu’est la PAC (politique agricole commune) n’est pas prêt d’inverser la tendance. L’après-midi, labour de la beurche-dodo.

Samedi, j’ai embauché Caro pour m’aider à élaguer les arbres de la haie de la Beurche-dodo, les branches basses gènent le passage du tracteur. Je me suis installé dans le godet et c’est elle qui a pris les commandes pour déplacer le tracteur et monter ou descendre le chargeur pour me permettre de scier les branches à la tronçonneuse (photo ci contre). L’après-midi j’ai pu semer l’orge dans l’Acqueduc, la terrre s’y prêtait bien. J’ai du y retourner une demi-heure le dimanche matin pour labourer la chiainte.

Encore une semaine bien remplie. A bientot

L’automne s’installe - 12 octobre 2006

Semaine 40

Lundi après-midi après avoir vaqué à mes occupations matinales habituelles je décide d’aller terminer mes semis à Croix de Roche ; pour gagner du temps je mets une partie de la semence de triticale en sacs et l’emmène en voiture sur place. C’est quoi du triticale ? Une céréale fourragère apparue dans les années 60-70, hybride seigle-blé convenant bien en terrains pauvres alliant les qualités de chacun d’eux. Mais arrivé sur place je ne peux que constater que le terrain est trop humide à cause des dernières pluies. Je dépose les sacs dans la cabane et m’en retourne déçu. En arrivant j’attèle quand même le semoir pour le remplir et régler le débit. L’après midi après avoir tergiversé, style, un rayon de soleil j’y vais, un nuage noir j’y vais pas, je retourne à Croix de roche avec tracteur et semoir ; après un essai à la herse ça ne se présente pas trop mal et je peux semer, enfin une partie car la pluie m’arrête à nouveau en fin d’après-midi. Retour à Vernois prématuré.

Mardi. Pluie le matin : peindre des volets. L’après-midi, tempête, vent terrible poussant une bruine désagréable avec des rafales à « écorner les boeufs ». Je profite d’une accalmie pour aller voir une vache qui boite depuis plusieurs jours et après l’avoir isolée avec son veau dans le parc je vais la chercher avec la remorque bétaillère pour la mettre à l’étable. Le soir le téléphone m’apprend qu’un chêne, un gros, est déraciné et tombé en travers du « chemin du tacot » ancienne voie ferrée métrique devenue chemin de traverse. Je me rends sur place, les pompiers sont déjà à l’ouvrage pour dégager le passage et je retourne chercher le tracteur avec godet avant pour pousser le branchage et les billes de bois; il fait nuit quand je rentre à la maison.

Je passe mon mercredi matin à trier des paquets pour desserrer des lots. Il y a tellement d’herbe que je préfère les mettre par petits groupes dans chaque pré ; une petite bande abime moins les sols détrempés et donc l’herbe avec leurs sabots. Un gros verne (aulne) a été couché par le vent à Bussière en plein dans le passage qui conduit les animaux au ruisseau et je passe une bonne partie de l’après-midi à le tronçonner et le tirer au tracteur. Tout seul c’est du boulot et limite dangereux.

Jeudi grand nettoyage de l’atelier garage et de la pièce contigue où s’est entassé un véritable capharnaüm ; un bon feu (loin des batiments bien sur) fait place nette et me libère pas mal de place.

Vendredi il me faut récupérer les 15 génisses de 18 mois. Il y en a une qui fait un bruit de gorge inquiétant en respirant. Seul pour ce genre de travail j’ai adopté la technique du ruban électrifié tendu pour les guider en direction du parc et du seau de farine pour attirer les plus gourmandes que les autres s’empressent de suivre. Je ramène l’animal à l’étable. Après-midi j’appelle le véto pour la vache et la génisse ; pour celle-ci c’est une infection de la gorge (genre angine). On couche la vache pour examiner le pied arrière gauche, il n’est pas en trop mauvais état et a juste besoin d’un léger parage et là on découvre une plaie à l’intérieur de la cuisse, en haut vers le pis, invisible quand l’animal est debout. On en déduit qu’elle a du sûrement se blesser sur un « ragot » de bois dans le ruisseau qui traverse le pré. Antibiotique et repos.

Samedi. J’ai été prévenu que j’aurais un contrôle des services vétérinaires et du coup je passe une bonne partie de la journée à remettre de l’ordre dans la pharmacie, trier les médicaments, jeter les périmés, classer les ordonnances, les répertorier dans un registre. Je n’en mène pas large, on ne sait jamais ce qui va ressortir d’une telle visite et quelles en seront les conséquences. Encore une semaine bien remplie que j’ai à peine eu le temps de voir passer.

A bientôt

Travaux d’automne - 6 octobre 2006

Semaine 39

Voilà la fin septembre et, vu que le temps s’y prête, dans toutes les fermes des alentours c’est le moment des labours d’automne dans les champs qui seront ensemencés en céréales pour la récolte 2007 destinés à l’alimentation des animaux pour l’hiver 2007-2008 ; il faut prévoir l’avenir et donc engager des frais bien longtemps à l’avance ! Et la victoire n’est pas assurée ! Ici nous sommes en pays d’élevage et ce ne sont que de petites surfaces qui sont emblavées (une dizaine d’hectares environ par exploitation, et encore) sur des petites parcelles de quelques hectares ; rien à voir avec les régions céréalières. Il y a longtemps que plus personne ne cultive de blé panifiable qu’on pouvait livrer à 2 organismes stockeurs de la commune : rendement trop faible, prix presque divisé par 2 depuis la fin des années 80. Mais cela permet d’assurer une rotation culture-prairie sur les parcelles qui s’y prêtent et après quelques années de culture la prairie n’en repousse que plus belle et plus performante. Aussi je n’ai pas dérogé à la règle et j’ai labouré les 3 premiers jours de la semaine à Croix de Roche et à Bussière, ça allait plutôt bien quoique un peu humide à Bussière.

Jeudi, peu de travail à la ferme : le matin rendez-vous à la « banque verte »et là petit ennui, je casse mes lunettes et donc l’après-midi direction Autun (20 km) pour en commander de nouvelles et faire quelques achats. A vrai dire je n’aime pas trop faire les magasins mais il faut bien de temps à autre. Petite journée.

Vendredi j’ai préparé mon mélange de céréales à semer : 70 kg de triticale, 70 kg de blé, 40 kg d’avoine (pour 1 ha) et comme la terre a bien ressuyé et grillé j’ai pu semer entre 2,5 et 3 ha l’après-midi. Il était temps car le samedi la pluie (toute la journée) m’a obligé à rester à l’abri et vue la quantité d’eau tombée aujourd’hui je pense que je ne pourrai encore pas retourner travailler cette parcelle.

Semaine bien occupée quand même
A bientôt

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