Week-end en Ardèche - 29 septembre 2006


Semaine 38 .Lundi j’ai du me résoudre à « défaire »le ray grass semé au printemps (voir semis à croix de roche);il avait pourtant bien démarré, s’ était bien implanté mais la sécheresse l’a stoppé à 15 cm de haut et il a séché sur pied.Je l’avais bien fauché à l’arrivée de la pluie début aout,espérant une repousse.Résutat peu de ray grass ,beaucoup de mauvaises herbes.Du coup j’ai « mouliné » le tout avec un broyeur de jachères suivi d’un passage de cover crop pour émincer la terre sur une quinzaine de cm de profondeur en préparation du labour prochain
Mardi,mercredi,jeudi,sciage de bois pour le chauffage de la maison;il faut scier le bois abattu il y a 3 ans en bûches de 30 à40 cm, le transporter à la ferme, le rentrer dans le sous-sol à la brouette et l’empiler.Beaucoup de manutention,il ne faut pas compter ses heures
Ensuite week-end:un voyage organisé,en bus,très beaux paysages d’Ardèche qui nous changent de nos collines morvandelles,visites intéressantes pour notre petit groupe de gens sympa (20 personnes),sortie tout à fait réussie .Mais comme à chaque fois que l’on quitte la ferme,la veille c’est le casse-tête.Il faut trouver un gardien, une gardienne plutot,en l’occurence notre fille Caro pour les petits animaux,changer certains lots de bovins pour les mettre sur des prés où il sera facile de les capturer,au cas où,en établir la liste pour leur gardien du w-e,mon beau-frère en qui j’ai toute confiance,contacter mon frère pour le mettre au courant au sujet des cochons qui viennent d’arriver ,pour eux c’est le moment critique de l’adaptation et comme il est spécialiste en la matière il viendra s’en occuper.Il faut également vérifier le bon état des clôtures électriques, les abreuvoirs, etc…..On pourrait croire que je suis alarmiste mais l’expérience m’a appris à être méfiant et prévoyant.Même une petite sortie comme celle-la pourrait coûter très cher
Et le samedi matin à 4 heures ma femme trait les chèvres et je suis dans la porcherie,tiens! il y en a un de crevé, tant pis, rien d’anormal à ce stade
On a bien mérité notre sortie en Ardèche
A bientôt

Semaine 37 - 21 septembre 2006

Cette semaine dernière je l’ai pratiquement passée dans le tracteur auquel j’ai attelé un « broyeur de haies » pour l’entretien de celles-ci ; c’est un rotor équipé de couteaux tournant à grande vitesse monté sur un bras articulé. Sur la ferme j’en ai des kilomètres et les longer 3 fois pour un passage vertical pour l’élagage, un passage horizontal pour étêter à 1,20 m, 1,30 m, un passage horizontal au sol cette fois pour détruire ronces et épines qui ont tendance à pousser à l’écart de la haie et qui auraient vite fait d’envahir prés et champs sur plusieurs mètres de large, ceci à 2 km à l’heure en fait un travail qui devient vite fastidieux. Mais dans la cabine climatisée avec la radio et un thermos de café je tiens le coup, j’ai le temps de profiter du paysage que je connais par coeur mais que je regarde quand même ; la lente évolution vers la saison suivante est permanente.

Ce travail a été interrompu un après-midi par l’arrivée d’un lot de 250 porcelets qu’il a fallu installer dans la porcherie, les répartir dans les 22 loges par bandes de 12 et 13. Ils sont là pour 4 mois environ, nourris avec un aliment du commerce. Dans la galerie photo on voit le système d’alimentation: le nourrisoupe; le cochon actionne avec son groin un palette qui délivre un petite dose de granulés qui tombent dans l’assiette au bas du nourrisoupe qu’il délaye en « barbotant  » avec de l’eau qu’il fait couler en manipulant une « sucette » et il avale tout cà sous forme d’un soupe plus ou moins épaisse. Ils s’habituent très vite et mangent à volonté. Quand les nourrisseurs sont vides ils se remplissent automatiquement. Les cochons vivent sur des caillebotis et se tiennent toujours très propres, à une température constante de 23 degrés environ, avec une ventilation adaptée (pour eux, mais pas pour le voisinage). Malgré tout ils seraient sûrement plus heureux en plein air mais ça c’est une autre histoire.

A bientôt

Semaine 36 - 15 septembre 2006


Belle semaine dans l’ensemble ; j’ai pu finir de labourer pour semer mes fourragères. Je sème un mélange de ray grass anglais (15 kg) de fétuque des prés et de fétuque élevée (10 kg) de fléole (3 kg) et de trèfle blanc nain (1,5 kg) et une nouveauté, un trèfle hybride type ladino (1,5 kg) ce qui fait environ 31 kg à l’hectare. Avec le soleil la terre a bien grillé et s’est parfaitement travaillée. Cela devrait faire un beau pré l’an prochain… si tout va bien.

En milieu de semaine j’ai eu l’aide de mon frère pour remettre en état de fonctionner la porcherie ; la belle saison tirant à sa fin je vais remettre un lot de cochons en place ; en effet je ne les engraisse que pendant l’automne et l’hiver. Le batiment vieillit mal et il a fallu réparer des fenêtres, des portes de loge, l’isolation qui donne des signes de faiblesse, des fils électriques déteriorés par les rats etc… Pas agréable de travailler dans une porcherie vide.

Une journée entière à débarder du bois de chauffage dans une forêt pour un cousin qui vient parfois me donner la main ; il faut bien renvoyer l’ascenseur ; comme ça il peut bénéficier de mon matériel, mais cela n’a pas été de tout repos.

Cette semaine j’ai du me rendre à l’évidence que les hirondelles sont reparties, annonçant la fin de la belle saison.Au printemps,entre 5 et 10 couples sont arrivés pour nicher dans les étables et il ya quelques jours j’en ai compté plus de 60 posées sur un fil électrique, un jour de grisailles, et toutes n’étaient pas là. Comme tout les ans elles commençaient à se rassembler comme pour dire au revoir avant le grand départ de leur migration.

Sur la photo, c’est le tracteur de mon enfance, un Massey Ferguson TEA20, un « petit gris » que mon père avait acheté en 1955, que j’ai conduit dès que mes jambes ont été assez longues pour appuyer sur la pédale d’embrayage; il fonctionne à nouveau grâce à une associaton de collectionneurs de vieux matériel agricole. J’y reviendrai sans doute plus tard.

Dans mes billets je ne parle que des évènements les plus importants survenus dans la semaine mais je passe beaucoup de temps à diverses courses (atelier, coopérative, veto, magasins divers etc) ou bien avec des commerciaux en matériel0, aliment du bétail, ou engrais, des marchands de bestiaux, des voisins en quête d’aide ou de matériel ou tout simplement la famille et à des petites tâches insignifiantes mais prenantes.

A bientot

labour à l’ancienne - 5 septembre 2006


Une fois n’est pas coutume mais je n’écris pas ce billet pour vous parler de la ferme en Bourgogne mais d’une manifestation qui s’est déroulée samedi 2 septembre dans une commune voisine,Mesvres
Il y avait concours de labour à l’ancienne avec chevaux de trait Auxois et Comtois et vieilles charrues;12 attelages de 2 juments tirant de front ou en ligne charrues et brabants pour labourer en planches ou à plat sous l’oeil d’un jury de spécialistes mais aussi des anciens exploitants qui ont passé une grande partie de leur vie à travailler avec des chevaux .
L’épreuve qui dura bien trois heures a été interrompue par une démonstration peu courante,un magnifique caroussel réunissant 20 Auxoises marchant et galopant en ligne cote à cote;le second en comprenait 27;voir la galerie photo
Il y eut également une démonstration de battage à l’ancienne avec vieux tracteur et batteuse comme on en voyait autrefois allant de ferme en ferme battre la récolte, ancêtre de la moissonneuse batteuse.Bruit et poussière du battoir assurés! Etaient également présents maréchal ferrand et bourelier.
Ce magnifique spectacle préparé par des bénévoles,des mordus a réveillé bien des souvenirs au public intéressé qui en a pris plein les yeux
A bientot

Fin de mois pluvieuse - 1 septembre 2006

En effet la fin du mois est particulièrement froide et pluvieuse. Après l’avoir tant réclamée cette pluie salvatrice, je voudrais bien la voir cesser et le soleil briller de nouveau. Vous direz que les paysans ne sont jamais contents mais quand on est attendu sur les conditions météo pour gagner notre vie reconnaissez qu’on a des circonstances atténuantes et puis pour tout le monde un beau temps serait bien plus sympa.
Du coup mes travaux ont été perturbés; je pensais labourer pour semer une prairie, c’est le moment, mais j’ai été stoppé par les pluies: terrain trop détrempé et je n’ai pu semer qu’un tiers entre deux averses. Du coup j’ai épandu du lisier de bovins et de porcs. Sous la pluie c’est idéal, l’herbe est lavée instantanément, le produit entrainé dans le sol aussitot, ce qui promet un effet rapide et les narines sensibles du touriste ou des voisins ne souffrent pas longtemps .
J’ai également commencé l’entretien des haies; élaguer, tailler à un mètre de haut, nettoyer au pied sur des kilomètres pour toute la ferme prend beaucoup de temps; l’appareil est attelé en permanence au tracteur ce qui me permet de faire ce travail dès que j’ai du temps.
J’ai perdu un veau: A.V.C il s’est paralysé et malgré des soins appropriés j’ai du l’euthanasier mauvaise journée.
Ce temps désagéable a eu le mérite de faire pousser beaucoup d’herbe et juste avant elle, des quantités de champignons, des roses des prés et j’ai pu emmener mes petits-enfants qui n’avaient encore jamais vu ça en faire la cueillette; il y avait même ce qu’on appelle « le pied de boeuf« , un énorme champignon rose que l’on voit sur la photo. Les enfants étaient ravis.
J’espère quand même que septembre sera plus beau.
A bientôt.

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