Semaine du 15 août - 26 août 2006

Semaine au ralenti comme toute la France à cette époque. J’ai pris le temps d’aller à un concours de juments de trait de races auxoise, comtoises, et quelques ardenaises qui se déroulait à Etang sur Arroux. Une quarantaine d’animaux, un beau concours devant un large public ; ces animaux sont élevés pour le plaisir par des passionnés qui sont de plus en plus nombreux, le cheval de trait a encore de beaux jours devant lui dans notre région. Plus de photos dans la galerie photo.

Le 15 août passé j’ai épandu du fumier amassé pendant l’hiver ; cela m’a pris 2 jours ; je l’ai épandu sur du « frettis » pour le labourer et semer une nouvelle prairie dès que je pourrai.
les 2 derniers jours ont été consacrés à des petits travaux d’entretien divers à l’atelier, au jardin, tondre la pelouse de la cour, faire des courses et prendre le temps de vivre avec enfants et petits-enfants

A bientôt

Autour du four à pain - 18 août 2006

Ce 15 Août, avec mon épouse, nous avons décidé d’organiser une journée détente autour du vieux four à pain avec nos enfants et petits-enfants qui passent leurs vacances à la ferme.Après avoir fait le tour de surveillance matinale de tous les lots d’animaux (comme quoi, on n’est jamais tout à fait tranquille dans une ferme d’élevage) j’ai installé le bois dans le four : de la charbonnette de charme que j’avais pris soin de mettre à sécher à l’intérieur pendant la nuit car j’avais déjà fait du feu la veille pour réchauffer la brique réfractaire. C’est un feu d’enfer qu’il faut pour « chauffer à blanc »; en effet au début la fumée et la flamme noircissent la voûte et quand le feu est au paroxysme la suie se consomme et tout l’intérieur du four prend une teinte d’un blanc laiteux.

Quand le feu est retombé je répartis bien la braise sur toute la surface de la sole faite de carreaux réfractaires pour bien répartir la chaleur et quand tout est consumé j’enlève cendres et braises restantes.

Ensuite je nettoie la sole avec une serpillière mouillée fixée à un manche en bois  » la palouche » par des mouvements circulaires pour obtenir un fond parfaitement propre.

Mais voilà, sur un tel four il n’y a pas de thermostat, et pour être sûr d’avoir une bonne température (autour de 250°C je pense) j’envoie une petite poignée de farine à l’intérieur du four; si elle noircit : trop chaud; j’attends que la chaleur diminue et recommence l’opération jusqu’à ce que la farine prenne une teinte légèrement blonde.

A partir de ce moment, avec l’aide de tout le monde j’enfourne tout ce qu’il y a à cuire à l’aide de ma « pelle » ancestrale : pains, tartes, fougasses, clafoutis, gratin dauphinois et canard gras que chacun apporte solennellement. Et je ferme la porte.

Une demi-heure après on sort les fougasses aux olives et aux lardons qui sont englouties aussitôt avec un verre vin blanc frais par toute l’assistance avide de tester le résultat. Après c’est au tour des tartes et après une bonne heure ce sont les miches qui arrivent en fin de cuisson dorées et craquantes. Le gratin et le canard resteront plus longtemps. Le résultat est impressionnant.

Cela fait déjà 3 heures que j’ai allumé le feu et le repas sera le bienvenu. Ce n’est pas de tout repos. On se retrouve tous autour de la table dressée à l’ombre du saule pleureur pour déguster un repas entièrement cuit au feu de bois et ce pain au goût inimitable. Une belle journée sous le soleil d’Août.

La vidéo retrace les différentes étapes de la « fournée » et si vous êtes attentifs vous pouvez entendre le pain « craquer » le pain à la dernière séquence.

A bientôt.

P.S. : J’accepterais volontiers critiques ou conseils d’un professionnel ou d’un boulanger amateur comme moi.

Enfin la pluie - 15 août 2006

Je l’attendais avec impatience, mais ça y est plus de 100 mm. Les prés jaunis par la canicule ont bien reverdi et l’herbe commence à repousser en quantité. Heureusement car notre région connait des sècheresses répétées depuis 2002, avec un pause en 2004, ce qui a mis bien des trésoreries à mal tant il a fallu acheter de fourrage. Bien sûr pour le vacancier ce n’est pas très drôle et à celui qui s’en plaint je réponds qu’il faudrait que la pluie ne tombe que la nuit !

Mes travaux de la semaine passée ont été les suivants :

  • broyer des chardons qui envahissent les prés sur environ 12 Ha avant que la végétation ne reparte.
  • ramener au parc un lot de 15 vaches avec veaux (déparasités au passage) pour les conduire en remorque dans les prés de « Bussière » à 2 km de là, où elles ont trouvé de la bonne herbe.
  • élaguer les haies le long de chemins et routes pour dégager la visibilité.
  • fendre du bois pour le chauffage hivernal avec un fendeur hydraulique (photo ci-dessous).

Le bois est pour moi un combustible « bon marché » car je suis équipé pour l’abattre, le débiter en morceaux d’1 mètre, le fendre, le stocker plusieurs années pour séchage, le scier en bûches pour la chaudière, et le transporter… mais quelle fatigue ! C’est beaucoup de manutention pénible à chaque intervention. On dit que le bois nous a réchauffé bien des fois avant de le mettre dans le foyer pour chauffer la maison.

A bientôt.

la paulée - 6 août 2006

Cette fois ci les récoltes sont complètement terminées, les céréales dans les greniers, les balles de foin et de paille (pas loin de 1000) sont à l’abri dans les hangars. On appelle ce tout dernier jour de récolte la paulée; autrefois pour fêter cet événement c’était l’occasion pour le patron d’offrir un bon repas arrosé de quelques bonnes bouteilles à tous les participants, il paraît même qu’il y avait toujours un convive pour sortir l’accordéon ou l’harmonica pour faire danser l’assistance.

Aujourd’hui on ne fait que l’évoquer mais cela est synonyme que l’on va entrer dans une période plus creuse avant les travaux d’automne. Ce serait le moment de partir en vacances mais ce n’est pas le cas, même pour une semaine: des animaux, tous les jours ça mange, ça boit, ça peut tomber malade, périr ou se sauver, les chèvres, il faut les traire matin et soir, les volailles, les nourrir et les rentrer chaque soir pour ne pas les voir décimées par les renards. Aussi il faut trouver un remplaçant, efficace, qui aie l’oeil, capable de prendre des décisions. J’ai bien le service de remplacement mais 5 jours sur 7 et 35 heures, et pas le week-end. Si nous avons pu partir il y a quelques années une semaine entière, quand j’avais mes frères ou beau-frères ou enfants pour garder la ferme, maintenant que ceux-ci ont leur vie de famille où sont partis au loin et qu’il ne leur ait plus possible de le faire nous avons complètement abandonné le projet. Mais ça ne fait pas mourir, il faut se faire une philosophie et ne pas se dire qu’on est les derniers de la Terre si on ne part pas s’entasser sur les plages du midi où dans les grandes destinations touristiques, comme il nous le serait presque recommandé par notre société de consommation actuelle.

Aussi je mets aux lecteurs de ce billet quelques photos de notre lieu de vie pour leur faire voir que ce n’est pas le « bagne » que de vivre à la ferme en Bourgogne.

A bientôt.

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