Canicule - 28 juillet 2006

Canicule, canicule le leit-motiv des journalistes et des médias de tout poil qui nous serinent depuis leurs studios climatisés un mot qui énerve qui affole tout le monde et donne l’impression d’avoir encore plus chaud qu’il ne fait. Ouf j’ai survécu !!!

Toujours est il que j’ai eu bien chaud pour terminer les moissons mais c’est supportable et j’ai légèrement décalé les heures de travail : commencé de faucher plus tôt dans la matinée, et bottelé très tôt (6 heures) ; de cette façon la paille est moins broyée par les machines que par la forte chaleur et au final on en obtient une quantité plus importante en procédant ainsi Il faut dire que la paille est devenue une denrée précieuse par ces années très sèches car on s’en sert comme fourrage grossier auquel on ajoute un aliment concentré du commerce lorsque il n’y a plus rien dans les prés grillés par le soleil.

J’ai ainsi récolté le mélange de céréales d’hiver (avoine blé triticale) du blé et du triticale à Croix de Roche (photo) et tout stocké dans les greniers. C’était une semaine « au ralenti » à cause de la chaleur mais j’ai quand même récupéré un lot de vaches et veaux que j’ai vermifugés triés et dispatchés sur des prés ou il reste un semblant d’herbe ; j’ai vendu les génisses que j’avais triées et elles sont parties pour l’Italie

A bientôt

semaine du 14 juillet - 18 juillet 2006

Les foins sont terminés ,les dernières balles sont engrangées c’est fini pour cette année, assez bonne récolte en quantité et qualité. Il faut déjà penser aux moissons, avec cette chaleur les céréales murissent très vite ; du coup j’ai appelé l’entreprise de battage pour couper l’orge d’hiver, 2 ha c’est vite fait; environ 110 quintaux ; pour nos terres à vocation herbagère ce n’est pas trop mal, j’ai pu botteler la paille dans la foulée.

La semaine dernière j’ai trié vaches et génisses destinées à être vendues et j’en ai profité pour déparasiter une deuxième fois les génisses pendant que je les avais sous la main dans les parcs car je trouvais qu’elles toussaient anormalement (bronchite vermineuse)

Elaguer des haies,remettre les clôtures électriques et abreuvoirs en ordre pour changer les lots de bêtes de pâturage m’ont occupé le reste de la semaine qui a été courte avec le 14 juillet et un vrai week-end tranquille avec enfants et petits-enfants venus passer un peu de vacances à la campagne

A bientôt

les foins années 80 - 7 juillet 2006

La semaine dernière encore dans les foins, au début pour rentrer les balles restées sur le terrain et, l’épisode orageux passé, j’ai recommencé à faucher et à récolter ; la grande chaleur facilite le travail. Je me rends compte que maintenant avec le matériel je fais ce travail tout seul et même si j’ai une aide ponctuelle de mon frère on passe toute la journée dans un tracteur sans s’adresser la parole et se voir juste à midi.

Quatre heures à Bussière, juin 83Je me souviens des années 80 ou il en était tout autrement. On faisait les foins avec une ferme voisine tenue par deux célibataires, le frère et la soeur, alors il arrivait de se retrouver à 6 personnes dans le pré ; le foin était mis en petits ballots (forme morceau de sucre) de 10 à15 kg mais on pouvait en faire 1000 dans la journée qu’il fallait mettre au fenil chaque jour, contrairement à la balle ronde actuelle qui peut rester sur le terrain plusieurs jours ; cela faisait beaucoup de manutention et de longues journées. Le matin dès 5 heures trente on était 4 ou 5 dans le fenil pour empiler les ballots on parlait, on racontait des histoires, on commentait la journée de la veille ou à venir, on refaisait le monde. Les après-midi pour charger les remorques on était nombreux, on avait de l’aide de la famille et là aussi les commentaires allaient bon train. Après 16 heures quand la fatigue commençait à se manifester on guettait du coté de la barrière la grande silhouette de la demoiselle, Nana, portant son grand cabas noir plein de victuailles dans un bras et dans l’autre un panier avec les bouteilles de vin clair et frais de Joseph qui sortaient d’une fontaine glacée toute proche ; quand elle était là on se rassemblait à l’ombre d’un chêne, chacun sortait son couteau de sa poche (si t’en n’as pas t’es pas un homme) et on faisait les quatre heures, un véritable repas que chacun attendait qui se déroulait dans la bonne humeur et la convivialité : ces fameuses quatre heures morvandelles. Et le chargement des ballots recommençait, les « faiseurs de char » rivalisaient d’adresse pour réaliser le plus gros chargement et « les chargeurs » de force pour soulever le plus haut possible ; le soir on amenait tout à la ferme et après un rapide bouillon chacun rentrait chez lui car le lendemain le même travail nous attendait.

 Dans le malefroid en 1968  avec le Maurice, le Guste qui boit à la bouteille et le JulesTout les acteurs de ces journées sont maintenant disparus : mon père, les voisins Joseph et Nana, mes oncles Maurice et Palu qui venaient prêter la main, les commis qui se sont succédés qui avaient pour nom le Jules, le François, le Guste ou le Séverin et je reste un des rares témoins de ces pratiques des années 70-80 dont je garde un peu de nostalgie et c’est ce que je veux vous faire partager.

A bientot.

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