Marche des pierres qui croulent 2016 - 18 mai 2016

Ce dimanche 15 mai c’était la 25ème édition de la marche des pierres qui croulent . Cette année elle se déroulait sur la commune d’Uchon, « perle du Morvan » Trois parcours étaient proposés, 7km, 11km, et pour les plus aguerris 20 km. Nous avons opté pour le parcours de 11 km J’en ai rapporté quelques photos

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Bureau d’inscription Les bénévoles n’ont pas trop chaud,il ne fait guère que 8°

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la griffe du diable On distingue nettement de profonds sillons. Une légende dit que c’est le diable qui les a faits en saisissant le bloc de pierre

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Des empilements rocheux

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panorama

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premier ravitaillement

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2ème ravitaillement qui est le bienvenu. Il fait froid dans la bise. On peut même déguster un vin chaud

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un grand hêtre

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nous avons rencontré de nombreux étangs

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Arrivée en musique folklorique.

Nous ne sommes pas mécontents d’avoir terminé. Sur la colline d’Uchon il ne faut pas s’attendre à une randonnée facile et on a été servis. Ce n’est que succession de montées usantes et de descentes qui fatiguent les genoux. Mais nous avons l’habitude et nous avons bien aimé. Comme d’habitude un repas attendait les randonneurs mais nous n’avons pas pu y participer, n’ayant pas commandé au moment de l’inscription. du coup nous avons terminé notre escapade à l’auberge d’Uchon

A bientôt

L’échange blé – pain - 3 avril 2016

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L’échange blé-pain était une façon de procéder qui mettait en relation le paysan producteur de blé, le meunier et le boulanger. C’était en fait un droit dont disposaient les exploitants agricoles reconnus cultivant du blé sur leurs terres.
J’ai connu l’ existence de ce droit grâce à nos voisins avec qui nous faisions les gros travaux d’été. C’était dans les années 1970. J’ai toujours le souvenir de leurs gros pains et des couronnes sur lesquelles Nana traçait une croix de la pointe du couteau avant de les entamer. Ils faisaient encore valoir leur droit et nous exhortaient à faire comme eux pour le perpétuer. A l’époque ça ne m’intéressait guère et je ne m’en suis jamais occupé.
J’ai donc demandé à des anciens exploitants et boulangers des précisions à ce sujet. L’agriculteur livrait son blé chez le meunier de son choix. Celui-ci se chargeait de le transformer en farine et la livrer chez un boulanger désigné. Bien sûr ce n’était pas la propre farine du producteur, mais la quantité déclarée, faisant partie d’une livraison. 100 kg de blé donnaient 80 kg de farine pour le boulanger ce qui équivalait à 120 kg de pain pour l’agriculteur. Celui-ci ne pouvait pas livrer plus de 3 quintaux de blé par personne faisant partie du foyer fiscal. En général il livrait, si il le pouvait, du blé pour couvrir ses besoins en pain pour une année. Lorsqu’il allait à la boulangerie il ne payait rien. Tout le pain délivré par le boulanger était pesé et le poids soigneusement noté sur un carnet. L’ayant-droit devait quand même payer  « la façon » c’est à dire le travail du boulanger, ce qui se faisait en général au mois. Tout était répertorié, depuis le départ du blé de l’exploitation pour la minoterie ( il fallait un laissez- passer délivré par les débits de tabac ) jusqu’ au fournil. L’administration surveillait étroitement toutes ces transactions par l’intermédiaire du service de douanes. (les gabelous comme disent les anciens ) Tous ceux que j’ai questionné m’ont assuré qu’il fallait beaucoup de paperasse et de contraintes.
Dans la région cette façon de faire s’est perdue fin des années 1970
Si quelqu’un veut apporter des précisions ou des compléments d’information j’accepte volontiers tout commentaire.

A bientôt

Le boulanger - 11 mars 2016

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Aujourd’hui je veux encore parler d’un métier qui tend à disparaitre, c’est celui de boulanger, boulanger rural, s’entend. Auparavant toutes les communes possédaient une boulangerie, voire deux. C’était un travail pénible. Le boulanger passait une bonne partie de la nuit dans le fournil pour pétrir, façonner, cuire le pain. Tout se faisait à la main. Durant la journée il partait faire sa « tournée » vendre le pain dans les fermes, les hameaux éloignés de la commune et des environs.
Comme je dis souvent, j’ai été élevé au pain de « Tabet » Badet de son vrai nom, boulanger à La Tagnière. Il passait 2 fois par semaine livrer couronnes et gros pains longs. Nous étions nombreux à la maison et il se consommait beaucoup de pain. En fait c’était la base de notre alimentation. Il ne proposait pas plusieurs variétés de pain, comme on trouve maintenant dans les boulangeries; c’était un pain au levain tout simple (farine,eau, sel, levain) mais très bon et qui se conservait facilement plusieurs jours. Avant de repartir il n’oubliait jamais de donner le « bon poids »: c’était un morceau de pain d’environ 150 – 200 grammes qu’il découpait dans une couronne pour compenser un éventuel manque de poids sur la commande. La pesée de la pâte était approximative car il ne disposait pas du matériel sophistiqué utilisés aujourd’hui dans les fournils. C’était aussi un petit geste commercial.
Après son départ à la retraite sa boulangerie ferma. C’est Camille, boulanger à La Tagnière lui aussi, qui reprit sa tournée. Il faisait également un pain qu’on appréciait beaucoup. Camille était un bon vivant, parfois très drôle qui prenait le temps de rouler et fumer une cigarette avec mon père ou d’entrer à la maison boire un canon. Alors, un longue discussion pouvait s’engager, il nous rapportait les potins de la campagne proche ou refaisait le monde avec une philosophie bien à lui. Ce n’était pas triste !
Lorsqu’il cessa, des jeunes boulangers se succédèrent mais aucun ne put faire fonctionner la boulangerie correctement: pénibilité du travail, mauvaise gestion, manque de motivation….Alors ce fut la fermeture définitive.
Et c’est ce qui s’est passé dans toutes les petites communes qui se sont retrouvées sans boulangerie. Souvent elles ont été remplacées par des dépôts de pain alimentés par des boulangers bien équipés en matériel, capables de fabriquer et fournir du pain en quantité importante. Certains assurent encore des tournées et nous nous sommes adaptés.

A suivre L’échange blé – pain

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L’hongreur ,le châtroux - 17 janvier 2016

Aujourd’hui je veux vous parler d’un métier que j’ai connu et que j’ai vu disparaitre. C’est celui de l’hongreur, du châtroux comme on disait dans notre patois. Pratiquement toutes les exploitations d’élevage avaient à un moment ou à un autre recours aux services de l’hongreur. Il agissait sur un grand secteur.
Autrefois tous les bovins mâles destinés à l’engraissement étaient castrés pour en faire ce qu’on appelait les « châtrons », les boeufs pour le grand public. Bien sûr les mâles destinés à la reproduction échappaient à son intervention. Bon nombre d’exploitations possédaient un petit élevage de porcs. Quand les truies avaient mis-bas on l’appelait pour castrer les porcelets mâles. Ce n’était pas envisageable de garder des verrats pour l’engraissement. Je crois qu’il intervenait aussi sur les poulains si on voulait en garder pour des travaux agricoles demandant de la puissance; la castration calmait leurs ardeurs. C’était plus rare car dans les fermes on préférait conserver les femelles qui assuraient le travail dans les champs, mais aussi poulinaient; un revenu supplémentaire. Je pense qu’il savait aussi castrer chiens, chats ou ânes.
Je me souviens de cet homme jovial, à la silhouette trapue, coiffé de son éternelle casquette, arborant une imposante moustache gauloise, aux mains d’une étonnante puissance. Il faut dire qu’il castrait les bovins âgés d’environ un an à la main,sans aucun appareil, ce qui demandait beaucoup de force dans les mains et les bras. Sa façon de procéder, le bistournage, je crois, m’a toujours intrigué. Je n’ai jamais su comment il s’y prenait exactement et je n’ai jamais osé demander. Enfant, je voyais le châtroux comme un personnage mystérieux voire inquiétant Ce dont je me souviens c’est que les animaux passés entre ses mains prenaient une bonne enflure qui les faisaient souffrir quelques jours.
A partir des années 70 on a assisté à une diminution de la demande en châtrons au profit du taurillon qui l’a rapidement supplanté. En même temps le nombre de petits élevages porcins s’est fortement réduit. Dans les grandes porcheries l’exploitant a appris à castrer lui-même ses porcelets. On n’avait plus besoin du châtroux
Aujourd’hui certains éleveurs élèvent encore quelques boeufs pour produire une viande haut de gamme. Ces animaux ont été castrés à l’aide d’une pince spéciale qui facilite bien la tâche.

A bientôt

Vive 2016 - 30 décembre 2015

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2015 s’achève; Je pense que c’est une année qui marquera les mémoires par son aspect négatif; crise bien installée, attentats, météorologie déréglée, etc. Je pense aussi au monde de l’élevage qui a souffert de la sécheresse, de la FCO (fièvre catarrhale ovine) qui a désorganisé les marchés et fait chuter les cours.
J’espère que 2016 ne sera pas de même et je souhaite une bonne année, une meilleure année, dans tous les domaines, et une bonne santé à tous

Meilleurs vœux et à bientôt

la pêche à la main au Vernois - 22 septembre 2015

l'Arroux

De tout temps la rivière, l’Arroux, longeant les terrains de la ferme a été un pôle d’attraction pour ceux qui l’exploitaient et y vivaient. Pour les anciens, mes aînés, la pêche était un loisir, une occupation naturelle, un moyen de se nourrir. Je me demande s’ils savaient pêcher à la ligne, de façon conventionnelle. Je les ai vus pêcher au clou (voir le billet « tendre de cordes ») à la nasse, au carrelet, au filet, à l’épervier,( mon oncle Jean le lançait avec adresse). Je les ai vus aussi pêcher de la façon la plus simple qui soit, pêcher à la main. D’ailleurs je m’en suis largement inspiré plus tard.
Tous les étés,quand l’Arroux était basse et adoucie par la chaleur le rituel était le même: baignade et pêche à la main; cela faisait partie des distractions dominicales; ce pouvait être aussi par des après midi très chauds lorsque les travaux agricoles se faisaient moins urgents. Une distraction comme une autre
Parfois des oncles et tantes se donnaient rendez-vous à la ferme pour une partie de pêche à la main, bien sûr suivie d’ un pique-nique au bord de la rivière A peine arrivés les hommes se mettaient à l’eau et ils ne tardaient pas à lancer sur la berge ou sur le pré leurs prises qu’on se dépêchait de ramasser. Les poissons étaient écaillés, vidés, un foyer rudimentaire improvisé entre 4 ou 5 grosses pierres prises dans le lit de la rivière. Vers midi les femmes faisaient cuire la friture dans un grand poêlon plein d’huile que la braise faisait bouillonner. La « marande » était appréciée. Tout le monde était ravi.
J’ai un autre souvenir de pêche à la main qui m’amuse toujours quand je revois la scène. Au moment de la « paulée des foins ou des moissons on voyait arriver le Pîtot et le Guèguè, les deux « vieux gars » de la ferme voisine. A leur air mystérieux et leur sourire on se doutait qu’il allaient pêcher à la main; alors on les accompagnait. Ils se mettaient à l’eau tout habillés, tricot de peau, pantalon de bleu de travail, sabots aux pieds. Je n’ai jamais su si c’était par pudeur, pour ne pas s’exposer au soleil, se protéger des branchages des rives,ou ne pas se montrer en slip. (j’ai toujours supposé qu’ils n’en connaissaient pas l’usage). La partie de pêche terminée, il repartaient, tenant par la gueule leur grand sac en toile de jute chargé de poissons. C’était plusieurs repas d’assurés, toujours ça de pris! Ils ne pêchaient pas que pour le plaisir

Pour ma part c’est à partir du moment où les parents m’ont laissé partir seul ou accompagné de copains, vers la rivière et que j’ai su nager que je me suis initié à la pêche à la main. C’est vite devenu une addiction. Etait-ce le côté illicite de cette façon de pêcher, était-ce pour braver l’interdit ou surtout vivre avec la rivière, dénicher les poissons dans leur milieu naturel, les toucher, les capturer ?
La pêche à la main se pratique en été, lorsqu’il fait très chaud, voire lourd et orageux. A ce moment les poissons se « calent » dans les endroits frais et restent ainsi: sous les roches présentant une cavité, sous les racines des berges ombragées, sous les limons ou les embâcles.Je crois que j’ai fini par connaître toutes les repaires des poissons sur la partie de l’Arroux qui longe nos prés. J’ai appris à reconnaitre les poissons rien qu’au toucher: la truite fario méfiante et sauvage uniquement en eaux vives, la perche à la peau râpeuse, immobile se laissant manipuler comme un vulgaire morceau de bois jusqu’à ce qu’on la sorte de l’eau la lotte très glissante, très difficile à saisir, le chevesne aux écailles bien reconnaissables,le barbillon ( barbeau) gros et puissant poisson mais peu combatif, facile à prendre et de peu intérêt culinaire que je capturais juste pour le plaisir. Parfois il fallait plonger et rester en apnée pour prendre un poisson sous une roche. Quelle excitation si j’en touchais un gros. J’approchais doucement les mains, le caressais, passais une main sur le nez, l’autre vers la queue, évaluais la taille de l’animal. Au bon moment je refermais mes doigts comme un étau au niveau de ses ouïes . Il était pris. Parfois Le poisson se débattait furieusement, et sa peau glissante aidant , arrivait à se dégager. D’autrefois il fuyait au premier contact. Espoir déçu! mais quelle fierté lorsque je rentrais à la ferme avec des truites ou des perches pour toute la maisonnée. Souvenirs, souvenirs!
Encore aujourd’hui, si je vais me baigner je ne résiste pas à l’envie de chercher sous une roche où systématiquement se cachait une truite, ou sous une autre dont la cavité profonde, en cul de sac, abritait une lotte. C’est juste pour retrouver les sensations, je n’essaie même pas de les prendre. L’ambiance n’est plus là, le plaisir non plus. L’Arroux n’est plus tout à fait la même, les berges, la végétation ont changé. Le lit de la rivière aussi s’est un peu modifié. En fait, 40 ou 50 ans se sont écoulés

A bientôt

Marande: repas de midi, déjeuner
Vieux gars: célibataires
Paulée: dernier jour des récoltes (foins ou moissons)

jeudi de pays - 13 août 2015

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Photo JSL

Cette fois je veux vous parler d’un rassemblement à la fois festif et commercial qui a lieu chaque jeudi dans la région qui connait un grand succès si bien après de la population locale que des touristes.
Cela fait 11 ans, je crois, que l’idée a été lancée par un élu de notre commune qui voulait faire « bouger les choses »,créer une animation estivale, promouvoir notre canton dans le cadre de la communauté de commune Beuvray- Val d’Arroux . Le concept a bien plu. Le démarrage a bien sur été hésitant mais le succès fut vite au rendez-vous. Aujourd’hui les Jeudis de Pays sont devenus une sortie hebdomadaire incontournable attirant une foule considérable chaque semaine dans une commune différente.
Cette année nous nous sommes rendus à deux des neuf dates proposées. A chaque fois le principe reste le même. La commune qui reçoit fournit l’emplacement pour la fête, le parking, une salle, des barnums. Ce sont des associations communales comme le comité des fêtes, le foyer rural, un club sportif ou le club des ainés qui assurent l’intendance.
Cette fête qui commence en théorie vers 18 heures est composée d’un vide-grenier brocante. Lés étals y sont toujours très nombreux et il est facile de trouver son bonheur dans ce bric à brac géant. Les producteurs locaux viennent aussi nombreux présenter leurs spécialités Ce sont essentiellement des produits de bouche. Les amateurs s’y pressent toujours. La gastronomie locale plait beaucoup. En début de soirée on peut diner sur place.L’ association communale fournit un plat unique. Cela peut être du jambon à la broche gratin dauphinois, de l’andouillette, une entrecôte – frites un magret de canard légumes etc..; pour 8 à 12 euros. Cependant on peut se composer un repas plus conséquent en achetant des spécialités chez les producteurs locaux qui ont ce qu’il faut à consommer sur place. Si on se retrouve à plusieurs, un achète l’entrée, un autre pain et vin, un autre le fromage, un autre le dessert et on s’installe sous le chapiteau. A chaque fois ce sont plusieurs centaines de personnes qui participent à ce repas, parfois à l’extérieur si le temps s’y prête. La file d’attente est parfois longue pour obtenir son repas et les places assises sont chères. La plupart du temps un petit orchestre local ou folklorique assure l’ambiance musicale. Le repas se poursuit jusque tard dans la nuit dans une grande convivialité.

A bientôt

les photos des jeudis de pays à Saint Didier sur Arroux 71

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  • Bernard
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    Journal d'une ferme
    en Bourgogne

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