Vive 2012 - 3 janvier 2012

C’est avec un léger retard ( dû à un petit problème technique ) que je viens présenter mes meilleurs vœux à tous les lecteurs du Journal d’une Ferme en Bourgogne. Je souhaite à tous une très bonne année 2012, une bonne santé, un peu de sous dans les poches, et tout le bonheur du monde. Pour en avoir, faites comme nous, embrassez vous sous le gui,en vous souhaitant une BONNE ANNÉE.

A bientôt

Témoignages. - 14 décembre 2011

J’ai eu la chance de vivre mes premières 24 premières années avec mémé Françoise ma grand-mère maternelle. A cette époque c’était habituel que plusieurs générations vivent sous le même toit. Même si des conflits existaient les anciens n’étaient pas abandonnés dans une maison de retraite ou un hospice. Notre grand-mère, née en 1877 a connu une évolution inimaginable et on aimait beaucoup lui faire parler de sa vie, de la vie dans les fermes à la fin des années 1900.
Mon père, dans les années 80 avait écrit l’histoire de notre famille, de quoi faire un sacré arbre généalogique; il était le dernier d’une fratrie de 14 et les aïeuls étaient nombreux. A la fin il avait consigné ce qu’il avait retenu des dires de sa mère quand elle parlait de sa vie à la ferme de La Rivière située à environ 3 km de la Ferme en Bourgogne également au bord de l’Arroux. C’est un tableau réel de la vie campagnarde, des tranches de vie ni romancées ni noircies, ce qui en fait un témoignage d’autant plus véridique. Je vous les livre pêle-mêle, un peu succinctes, comme mon père les a rapportées, comme Françoise nous les racontait parfois,même si on n’y prêtait pas grande attention.

La communauté

La famille de mémé Françoise vivait en grande communauté sur la ferme de la Rivière. Il y avait son grand-père Jean et sa femme Françoise, qui était sa marraine, oncle François et sa femme, tante Francine, Jean-marie, qui à ce moment était enfant, le père B et sa femme, Eugénie et Mimie; il y avait bien sûr son père Jean,sa mère, son frère Jean et sa soeur Maria, sans compter un ou deux domestiques. Voyez la promiscuité dans laquelle tout le monde vivait quand on sait qu’ils ne disposaient que trois pièces, assez grandes il est vrai. Il y avait des lits partout; bonjour l’intimité. Voyez également la tablée. ils tuaient 3 cochons de plus de 300 kg. Il n’était pas question d’aller chez le boucher, si, pour les fêtes où ils achetaient du pot au feu. Les enfants étaient toujours servis les derniers. Certains n’avaient pas de grosses parts. Malgré tout ils étaient heureux.
Le vieux grand-père avait connu l’invasion des Russes et des Prussiens pendant les guerres napoléoniennes. il avait même été réquisitionné avec un char et 2 boeufs pour emmener du grain jusqu’à Gueugnon ou Digoin, ayant peur de ne jamais revenir.
C’était le grand-père, donc le père de Françoise qui était un peu le chef. C’est lui qui faisait le commerce ,allait aux foires. Un jour il avait livré un lot de cochons, il s’était amusé et avait bu plus que de coutume. Il était rentré très tard, et pris d’un besoin pressant, ne sachant pas trop ce qu’il faisait, il perdit le portefeuille contenant l’argent du lot de porcs. C’était catastrophique pour la communauté. Aussi sont-ils partis à plusieurs, avec de la lumière pour retrouver l’endroit où il s’était arrêté. Ils le retrouvèrent mais l’argent avait disparu. Si bien qu’il dût rembourser à son frère François et au père b la part qui leur revenait. il aimait bien boire le coup; il faut dire qu’à la maison on ne buvait du vin que les dimanches et les jours de fêtes. C’était tout juste si chacun avait un verre. Ils se déplaçaient tour à tour pour aller boire « au bassin » (une espèce de louche) directement dans le seau d’eau tirée du puits

Le travail

Tout le travail se faisait à la main et le charrois avec les boeufs. Tout était très lent. Durant l’été tout le monde était dans les champs. les foins étaient coupés à la faux et retourné avec de petites fourches en bois de noisetier que les hommes ne manquaient pas de mettre en forme dans les haies ou dans les bois. La moisson se faisait à la faucille et les gerbes façonnées à la main. Même si tout le monde était occupé à ce travail cela devait durer assez longtemps car le débit n’était pas grand
Les gerbes de blé se battaient au fléau. Ils attendaient l’hiver pour faire ce travail qui était très pénible. Ensuite le grain était séparé de la balle avec un « van » à main en osier muni de deux poignées.
En 1893 il y eut un été terrible, la récolte de foin avait été nulle. Les hommes coupaient des branches de frêne et autres arbres pour nourrir les animaux. Ils les emmenaient également paître dans les bois. Cet été torride a été suivi d’un hiver très rigoureux. On pouvait traverser l’Arroux, sur la glace, avec les boeufs. Des chênes coupés sur les berges tombaient sur la glace sans la casser. C’est cette année que le chemin de fer d’Etang /A à Digoin a été construit; c’était un événement. Les équipes de terrassiers et ouvriers logeaient dans les fermes.

Le chanvre

La vie était quand même dure, les soirées d’hiver étaient très longues avec peu de lumière. Cela n’empêchait pas les femmes de filer au fuseau la laine et le chanvre. Dans chaque ferme un petit carré de terre bien soigné était réservé à la culture du chanvre. Ce chanvre était « teillé » pendant les soirées d’hiver,et pendu en belles nattes dans la maison ou au grenier. Puis venait dans les beaux jours un homme qu’ils appelaient le « barbançon » qui lui, peignait ce chanvre avec des peignes et cardes spéciales. C’était très dur à faire pour ne pas gagner grand-chose autre que le gîte et le couvert. Après ce passage au peigne il devait y avoir trois fils: les fils longs, les moyens et le petit déchet qui était l’étoupe. Avec les longs fils les femmes se mettaient à filer durant l’hiver suivant en attendant le tisserand. avec son métier manuel il tissait la toile pour draps et même chemises. Tous les habits, chemises d’homme de femmes, pantalons, tabliers, blouses, etc….. étaient confectionnés à la ferme avec du tissu acheté au mètre. Les femmes étaient toutes vêtues de longues blouses et jupons jusqu’à la cheville depuis le plus jeune âge; il ne faisait pas bon montrer son mollet !

Les veillées

A la Rivière se passaient de bonnes veillées devant le feu de cheminée. Le poêle n’existait pour les paysans que dans les histoires. Au moment du teillage du chanvre les voisins venaient à pied bien sûr, donner un coup de main, à charge de revanche. Ils faisaient une petite collation vers 22- 23 heures. Il se trouvait toujours un chanteur dans la bande et la soirée se passait assez gaiement surtout quand il y avait des filles.
Comme à la Rivière on entre de plain-pied, le jour de Noël, les hommes amenaient un gros tronc avec les boeufs jusqu’à la porte et il fallait ensuite tout le monde pour le pousser dans l’âtre. Ce tronc qui brûlait plusieurs jours donnait un air un peu plus festif aux veillées de Noël. Mais c’était très encombrant et ce n’était pas facile de faire bouillir la soupe et faire les « crâpiauds » dans la cheminée.

La couverte

Il y avait aussi la « couverte ». Ce jour-là était le jour des femmes.Elles se réunissaient avec les femmes des fermes des alentours pour confectionner une couverture (pour lit) piquée à la main. De la laine finement cardée était disposée régulièrement entre 2 carrés de tissu (2m par 2m environ) installés, tendus sur un métier spécial. Les piqueuses, disposées autour de ce métier cousaient à petits points ces 2 tissus ensemble en suivant un croquis tracé à la craie. Ce pouvait être une rosace, des arabesques,un quadrillage, etc… Ce travail long et besogneux se déroulait sur une journée.Les discussions allaient bon train. Le soir venu, arrivaient les garçons d’alentours ( qui à cette époque ne manquaient pas ) C’était un des rares divertissements avec la fête locale. Alors au son d’une vielle, d’un accordéon ou d’un harmonica ils se mettaient à danser avec leurs sabots directement sur les dalles de granit. Ce jour-là il y avait un peu de vin.

L’arracheur de dents

Il y avait aussi l’arracheur de dents.Mémé Françoise racontait qu’un jour, alors qu’elle avait environ 16 ans une dent se mit à lui faire mal. Au bout d’un moment, n’y tenant plus, on décida de l’envoyer à St Nizier/ Arroux, chez le père Vaudiau qui possédait une pince à arracher les dents. Sans plus de forme il la fit asseoir et maintenir par deux aides et il lui arracha la dent. Le remède était bien pire que le mal; Elle en a gardé un très mauvais souvenir et n’y est plus jamais retournée

J’espère que ces quelques témoignages vous donneront une petite idée de ce qui se passait dans les fermes vers la fin du 19ème siècle

A bientôt

Automne - 13 novembre 2011


La fin de l’année s’approche à grands pas et je peux d’ores et déjà dresser un bilan; et il n’est pas fameux. Le revenu annuel espéré n’est pas au rendez-vous. Encore une année à travailler, à se faire du souci, pour peu de profit . Cette fois c’est la météo qui en est la principale cause et ce n’est pas facile de lutter contre, si ce n’est de se débrouiller et faire pour le mieux.
La sécheresse du printemps exceptionnellement chaud que nous avons connu m’ a privé du fourrage destiné à l’hivernage des animaux. Le temps gris et humide de juillet a permis d’éviter la grosse catastrophe car les prés ont pu reverdir. Mais depuis août, notre région, notre coin, devrais-je dire, n’a reçu que d’infimes quantités de pluie, des « queues » d’orage; Cela n’a donné qu’une eau superficielle qui a entretenu la verdure sans donner une croissance valable à l’herbe. De bonnes précipitations m’auraient pourtant permis de me rattraper un peu en récoltant du regain ou une culture dérobée comme cela a été le cas à quelques km d’ici J’avais choisi d’ensemencer après la moisson 4 ha d’un mélange avoine- vesces de printemps . Une bonne averse le lendemain du semis avait permis une belle levée rapide de la culture laissant envisager une possible récolte. Ensuite plus rien ou presque. Ce qui fait que je n’ai récolté que 24 balles enrubannées. une misère, quoi! ….mais des frais.
Alors il m’a bien fallu pallier ce manque. J’ai acheté de l’orge au moment de la moisson. J’ai fait rentrer de la paille, 2 camions-remorque de 20- 21- tonnes chacun (entre 2000 et 2500 euros le chargement). dernièrement je me suis rendu dans le Jura et j’ai trouvé et acheté environ 10 tonnes de regain. Là-bas ils n’en manquent pas; encore 1500 euro environ
En ce moment je dois nourrir au pré. L’herbe se fait rare. Je ne peux que donner de la paille. Mais celle-ci n’a aucune valeur nutritive. Alors je l’asperge de mélasse, un sous-produit des sucreries, enrichi en protéines, qui donne un peu de qualité et d’appétence. Un container de 1000 litres (400 euros) est vite écoulé, toujours des frais. Pas plus tard qu’hier j’ai passé commande d’un aliment granulé riche en tourteaux divers ,luzerne,pulpe de betterave….etc (264 euros/tonne ) pour distribuer l’hiver avec les céréales dont je dispose. Ce mélange donné aux animaux avec de la paille, pour l’encombrement et la rumination, est censé remplacer l’alimentation produite habituellement sur la ferme. Je ne sais pas combien il m’en faudra pour attendre le printemps. Encore des frais.
Tout cela fait mal au compte en banque et je ne suis pas seul dans ce cas. Je pense que bon nombre d’exploitations vont se retrouver en très mauvaise situation financière à la sortie de l’hiver.
Mais rien ne sert de se plaindre, je n’aime d’ailleurs pas trop cela, ce n’est pas dans mes habitudes; Je vais donc terminer sur une note positive. On vient de recevoir 70 – 80 – mm de pluie. Le niveau de l’Arroux que je ne crois pas avoir vu aussi bas en novembre a fait un bond d’un mètre. il est bien sur redescendu mais la rivière coule quand même plus fort. On peut enfin labourer pour réaliser les semis d’automne ce qui était impossible ou presque dans certains terrains. Maintenant il fait beau et doux, les animaux sont bien au pré et paradoxalement je ne souhaite plus de pluies importantes et persistantes qui m’obligeraient à rentrer rapidement une bonne partie du troupeau.Pourtant je l’ai assez attendue ,cette pluie!
Autre note positive, la vente des bovins est très active et les cours ont bien progressé depuis quelque temps. Du coup je me suis séparé d’un maximum de bêtes à des prix corrects, anticipant parfois certaines ventes de plusieurs mois. Je devrais dire « à des prix que l’on n’a pas connu depuis longtemps » mais qui restent encore inférieurs à ceux que l’on a connu il y a ………20 ans. Ces bêtes vendues, pour lesquelles j’ai pourtant de la place dans les bâtiments auraient peut-être pris de la valeur d’ici le printemps mais auraient coûté cher à nourrir pendant l’hiver. Alors……. Certains diront que j’ai « vendu le blé en herbe » mais comme ça le problème est réglé.
Moins d’animaux donc moins de travail, moins de souci, moins de dépenses, j’envisage la « mauvaise saison » avec plus de sérénité

A bientôt

L’été s’enfuit pas à pas - 13 octobre 2011

L’ automne avec ses couleurs flamboyantes prend place , il faut cependant attendre les premiers frimas, les feuilles se laisseront pousser par le vent .L’ été s’ en va pour de bon , pourtant la chaleur de la semaine dernière nous replonge dans la belle saison, mais les journées raccourcissent , les nuits sont plus fraîches , plus de repas du soir au balcon . Et oui, il faut se rendre à l’ évidence !
Quelle année! Drôle d’ année ! Pour les gens de la terre . Triste année ! Ce décalage de saison nous a beaucoup perturbé et surtout le manque d’ eau …… Mais bon , c’ est un autre sujet.
Parlons un peu de ma basse cour !
Quelques volailles bonnes pour le congélateur . Cette année, pas d’ oie , au grand désespoir de Jean Charles qui prenait malin plaisir à faire attaquer ses soeurs …. les bonnes habitudes ne s’ oublient pas!!!!! Mais je prépare Noël quand même, j’ ai quelques dindes qui sont ma foi bien belles, dodues et brillantes à souhait .Un peu de « fraîche » pour faire des petits cadeaux à ma marmaille. Bien agréable!
Quant à mes chèvres, elles se portent très bien, je leur ai trouvé un compagnon en pleine forme, qui n’ a pas tardé à leur faire la cour!! Le seul inconvénient il pue….Oh oui il pue vraiment, mais bon, elles s’ en accommodent très bien . C’ est pour elles, après tout…..
Voilà déjà les vacances! Je vais bientôt reprendre mon rôle de grand mère, la date du 22 est pointée sur le calendrier.Je fais des essais, des brownies , par exemple, qui ont ravi le « maître » des lieux. Je ne sais pas encore ce qu’ ils vont me faire cuisiner, si je vous disais en plein mois d’ août j’ ai fait des beignets de carnaval alors je m’ attends à tout ……mais bon ce sont des moments forts qu’ il faut apprécier et qui resteront dans les mémoires…..
Ces petits seront si vite des grands…… et nous si vite ……..
Tiens, au fait , j’ ai un Sexagénaire à la maison depuis peu …..Eh oui, on en a profité pour réunir la famille proche (une tablée de 25 ), une bonne soirée bien arrosée. Qu’ est ce qu’on a ri !!!!! Je ne regrette pas le soucis des préparatifs .
Si vous avez des vacanciers ou pas , je vous donne la recette de mes petites douceurs (brownies) oh ces mots anglais !!!!

200 gr de chocolat
120 gr de sucre
3 oeufs
130 gr de beurre
60 gr de farine
120 gr de noix
cuire 25 min , thermostat 180°

Bon appétit et A bientôt !

PS: Le bouc si beau est à vendre ! Avis aux amateurs !

Chantal

Le camion usine - 12 septembre 2011

Vendredi, c’était opération « portes ouvertes » à la petite entreprise créée par mon frère voilà 4 ou 5 ans. Avec son camion-usine il se rend dans les exploitations pour moudre ou aplatir des céréales et faire des mélanges à la demande du client et rendre un produit fini. En 2008 j’avais déjà écrit un billet à ce sujet lorsque j’avais eu recours à ses services. Depuis il a ajouté d’autres cordes à son arc en faisant commerce d’aliments divers, de minéraux, de semences fourragères, etc…..
Il avait donc invité tous ses clients et fournisseurs à son entrepôt pour faire connaître son activité et leur faire passer un bon moment.. C’était aussi pour présenter sa nouvelle acquisition, un nouveau camion-usine flambant neuf disposant des dernières innovations techniques. Devant un auditoire intéressé mon frère a dit le succès rencontré par cette prestation de service, la saturation de son premier matériel, l’impossibilité de satisfaire de nouveaux clients, etc.. Malgré l’investissement très lourd que cela représente, il a du se résoudre à acheter un nouvel appareil, plus puissant, plus performant. Sa nouvelle usine, comme il l’appelle, entraînée par un moteur de 300 cv peut moudre jusqu’ à 24 tonnes à l’heure. Les céréales sont dépoussiérées et pesées. La cuve peut malaxer environ 8 tonnes d’ aliment instantanément ou presque. Un complément liquide peut être incorporé…… Un bel outil commandé par un tableau de commande moderne.
Puis arriva le moment récréatif ,attendu de tout le monde, venu parfois de loin. Pendant l’apéritif, bienvenu car il faisait bien chaud, chacun a pu faire connaissance, échanger ses points de vue, discuter. Après c’est un bon repas qui nous attendait: plats de charcuterie, jambon à la broche, fromage dessert le tout bien arrosé. Tout cela provenait bien sur d’exploitations ou mon frère fabrique l’aliment avec les matières premières produites sur place. Qualité assurée
Une journée parfaite pour un semi retraité comme moi.

A bientôt

Bulletin météo - 11 août 2011

Depuis le printemps on nous avait prédit un été très chaud et très sec, encore un coup de plus de ce foutu réchauffement climatique…… Raté! Pas un prévisionniste n’avait vu arriver cette vague de pluie et fraîcheur humide qui dure. Pourtant aux journaux télévisés on avait eu droit au passage de personnage au titre ronflant « d’ingénieur météorologiste » ayant à sa disposition une technologie de pointe: des satellites, divers capteurs disposés sur la planète, des ordinateurs superpuissants capables d’effectuer des milliers d’opérations en quelque secondes. Et tout ça pour quoi? pour donner de mauvaises informations quand ce ne sont pas des prévisions carrément fausses. De deux choses l’une: ou on a à faire à des gens qui s’en fichent et font mal leur boulot ou alors ce sont desincompétents. Il arrive bien sûr que les prévisions soient bonnes. Heureusement ils sont là pour ça! Mais on ne peut pas compter sur une information juste, fiable pour se projeter dans l’avenir pour l’organisation de son travail. Quand un phénomène exceptionnel « Qu’on n’avait pas vu venir » engendre une catastrophe, on entend dire « on ne pouvait pas prévoir » A quoi servent ils? J’ ai envie de dire: changez de métier!
Toutes ces informations sont bien sûr relayées par tous les médias, internet, et même des sites non spécialisés intègrent une fenêtre météo dans leur contenu. On ne risque pas de passer à côté. D’ailleurs j’ai trois sites dans mes favoris qui s’ouvrent d’un clic. Hélas, souvent ils ne sont pas complètement, voire pas du tout d’accord. Parfois je me raccroche à celui dont la prévision me convient le mieux….. pas très malin!
Je reconnais être un accro de la météo à la télé mais souvent je peste contre les présentateurs ou les belles présentatrices. Je trouve qu’ils débitent leur texte sans porter attention à ce qu’ils disent. Alors on peut, par exemple, entendre dire par l’un, qu’un après-midi d’une (hypothétique) pluie va régler les problèmes de sécheresse, ou par une autre, que des averses sont annoncées et c’est tant mieux pour la nappe phréatique, N’importe quoi! Il faut dire que ces gens là, depuis leur bulle parisienne sont complètement déconnectés de la vie en province. L’impact de la pluie ou du soleil n’est pas du tout le même sur le béton et l’asphalte des villes que sur le sol, la végétation, les rivières, la nature. Mais ce qui m’exaspère le plus, c’est quand un bulletin météo donné le soir à 20 h 30 avec un indice de confiance 4 est complètement changé le lendemain à 8 h sans même un mot d’excuse et que la prévision à 6 jours est régulièrement modifiée.
indice de confiance 4 : à peu près sûr
indice de confiance 3 : 1 chance sur 2 …..s’il ne pleut pas il fera beau
indice de confiance 2 : on ne sait pas, vous verrez bien
Je me doute bien qu’il doit être difficile de prévoir juste sur un endroit précis. A l’intérieur même d’un département, voire dans un rayon de 20 km il peut y avoir de grandes disparités. Mais d’une manière globale il y a de gros progrès à faire.
Il ne faut pas croire qu’une mauvaise prévision comme celle faite ce printemps dernier est sans conséquence pour nous éleveurs. Le moral en prend un coup, le souci s’installe, on change de stratégie, on envisage une autre façon de travailler. Quand la pluie que l’on n’ attendait plus arrive, on se dit qu’on a peut-être fait des erreurs. Et tout cela se paie comptant.
La pluie est arrivée le 12 juillet et même si le mal était fait la situation a bien changé. Heureusement pour nous que la prévision était fausse. Maintenant c’est une autre tranche de la population qui s’énerve, les vacanciers, et je les comprends. A eux aussi on avait promis le beau temps. Se réjouir si longtemps à l’avance et se retrouver sur son lieu de villégiature sous un temps humide et frais, il y a de quoi rager. S’ils avaient été mieux informés ils auraient peut- être pu prendre d’autres dispositions.
De tout façon on ne peut pas changer le temps, et heureusement. Il faut se dire qu’on a de la chance de vivre sous un beau climat même si cette année il ne nous satisfait pas.
Je trouve qu’un vieux dicton résume bien la situation que nous avons connue et celle que nous connaissons: « Le mauvais temps est celui qui dure longtemps »

A bientôt.

Sinistré ! - 10 juillet 2011

Juillet est déjà bien entamé et la situation n’a guère évolué. Je dirai même qu’elle s’est détériorée. La sécheresse persiste et ses effets toujours autant déprimants. Ce n’est pas le temps mi-figue, mi-raisin de juin et les rares averses qui ont changé quelque chose. En plus, c’est un temps qui n’a arrangé personne, ni ceux qui ne voient que par le soleil, ni les paysans qui attendaient de bonnes quantités de pluie. Hormis les forêts et les carrés de maïs chétif, la campagne a pris la couleur jaune de l’herbe desséchée. Pour moi les foins ont été vite faits. Sur les 14 ha que j’avais envisagé de faucher je n’ai récolté que 3,5 ha: 42 balles balles rondes de 1,2 m de diamètre. Sans commentaire.
Les vaches sont au régime sec et à la diète forcée. Je me demande bien ce qu’elles trouvent à manger. Je les change de pré de temps en temps. Sur le coup elles paraissent contentes, dévorent le peu de verdure qui a poussé à la faveur d’une averse. Ensuite elles doivent se contenter de ce qu’elles avaient dédaigné lors de leur précédent passage, les « refus », qu’habituellement je broie pour nettoyer le pré et faire place à de la bonne herbe en repousse. Je n’ai encore rien distribué dans les prés pour pallier le manque d’herbe. Je repousse cette échéance au maximum. quand on a commencé de nourrir ou de donner un supplément de nourriture au pré, les animaux ne comptent plus que sur nous pour manger, réclament bruyamment le matin ou à chaque fois qu’elles entendent un bruit de tracteur. C’est déprimant de les entendre gueuler ainsi quand on sait que c’est la faim qui en est la cause.
En plus j’ai le sentiment d’être abandonné, incompris. Les médias ne parlent même plus ou peu de la situation des éleveurs. Et quand ils en parlent c’est souvent de manière maladroite car la plupart du temps les journalistes ne connaissent strictement rien à l’agriculture et sont capables de dire des inepties parfois très préjudiciables à notre profession.
Les politiques ont l’air de s’en foutre totalement. On ne les entend même pas. Pourtant 70 départements sont soumis à des restrictions d’eau. C’est bien un vrai problème!
J’attends la suite des événements avec inquiétude

A bientôt

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  • Bernard
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