Activités de vacances - 25 août 2010

PROMENADE EN CANOES

Cela fait des années que lorsque je travaille pendant l’été dans les prés qui bordent la rivière, je vois des canoës descendre le cours de l’Arroux, avec à bord des gens souvent sympa, qui font de grands signes et disent bonjour dans diverses langues. Je remettais depuis longtemps de faire cette promenade mais cette année les enfants ont décidé de faire une descente de notre petit cours d’eau. Le 13 août nous avons donc loué 5 bateaux pour 10 personnes. (enfants ,petits enfants,et amis). Bien sûr ce ne sont pas les gorges de l’Ardèche ou les torrents alpins mais la promenade d’une durée prévue de 3 heures environ, qui va d’Etang sur arroux à Saint Nizier sur Arroux (une dizaine de km) s’est avérée très agréable. Sur cette rivière le maniement du canoë n’est pas très compliqué,mais ça n’empêche pas qu’on peut se retrouver dans le sens inverse de la marche ou s’ échouer sur un rocher. Les zones calmes où il faut ramer alternent avec des eaux plus vives où il suffit de diriger. Dans certains cas il a fallu descendre pour alléger le bateau qui raclait le fond. Petits et grands ont profité d’ une halte sur une « plage de sable » pour se baigner.
Depuis toujours j’ai vécu au bord de l’arroux, et là j’ai vu l’envers du décor: le Pont du Tacot par dessous, des rochers invisibles depuis la berge, les confluents de tous les ruisseaux qui se déversent dans l’Arroux, une végétation qui parait plus abondante et plus sauvage livrée à elle-même . On passe même à proximité d’un imposant menhir. On a peut-être dérangé quelques pêcheurs. Comme nous avons un peu traîné il a fallu ramer plus fort pour arriver à 17 heures, rejoindre la voiture et la remorque qui ramènent les marins d’eau douce et les canoës au point de départ.
Un après-midi bien agréable.

CHAMPIONNAT DE TOUTIN’K

Nous savions depuis longtemps que toute la famille serait réunie à la ferme pendant le week-end du 15 août . Camille avait donc décidé d’organiser un championnat du jeu inventé à Vernois. Pour l’instant nous ne pouvons former que 4 équipes de 2. D’après leurs inventeurs le toutin’k est un jeu de ballon, de vitesse et d’insultes (pas trop quand même). Lire ce billet
Camille,l’aînée des petits-enfants avait tout préparé avec coeur et professionnalisme depuis longtemps: Le recrutement des joueurs,les noms des équipes, l’ordre des matchs, la feuille de match, la finale, la petite finale,les récompenses etc…..
Donc le 14-8 on se retrouve tous sur le terrain de toutin’k. Après le tirage au sort des équipes et de leurs noms évocateurs ( les omelettes au lard, les dézingueurs, les hunters, les no limits), un échauffement en musique, les matchs ont commencé dans une sacrée ambiance. On ne dirait pas comme ça, mais on a vite fait de se prendre au jeu qui devient rapidement très physique. Chacun y met beaucoup d’ardeur. Avec un genou sensible et les épaules douloureuses, j’avoue que j’ai eu un peu de mal à suivre. Comme je faisais équipe avec Caro, double championne en titre nous aurions pu gagner la finale mais j’ai malheureusement cassé une ampoule. L’arbitre, inflexible, a remis notre compteur à zéro et nous n’avons pas pu revenir au score
Après la remise des badges et médailles nous nous sommes retrouvés autour de bonnes quatre-heures préparées par Chantal
Canoë le vendredi, toutin’k le samedi je n’ai pas eu besoin de berceuse pour m’endormir. Mais quel plaisir d’être poussé par la jeune classe!!!

A bientôt

Le Cordelier - 10 août 2010

A chaque fois que j’entre dans une pièce débarras mes yeux tombent sur le matériel à tresser des cordes qui attend depuis des années,pendu à une poutre. Ce n’est pas un matériel bien compliqué: 4 manivelles avec crochets,une planche à 2 poignées percée de 4 trous et un objet en bois que j’ai toujours entendu appeler « choûte » (avec accent circonflexe svp). Si quelqu’un connaît le nom,disons plus scientifique, je suis preneur. Il faut également un petit chariot avec une potence munie d’une manivelle et bien sur de la ficelle en sisal. On voit très bien tout cela sur la vidéo.
ET dimanche ,en fin d’après midi, après un peu de préparation, je me suis décidé à refaire quelques cordes comme on en faisait autrefois.
Tous les ans on faisait des longes pour les bovins, des « émouchets » pour attacher les petits veaux, des « cordes de char » de 5 ou 6 m de long et environ 3 ou 4 cm de diamètre pour sangler les chargements de foin en vrac, de petites bottes de foin ou de maillettes (gerbes) de blé, etc, etc. Notre fabrication artisanale a cessé il y a bien longtemps dans les années 60, avec l’arrivée de la ficelle nylon (polypropylène) qui a vite supplanté le sisal d’origine végétale. Le nylon est bien plus solide, imputrescible, et on trouve toutes sortes de cordages de toute catégories: longueur, diamètre,résistance, couleur ,etc
Donc en fin d’après-midi j’ai pas mal de curieux autour de moi pour faire quelques longes. Chacun veut m’aider, il faut être au moins 3 personnes, faire des photos et même filmer. Malgré quelques petits ratés, j’ai eu vite fait de retrouver la façon de faire. Les 2 cordes réalisées n’étaient peut-être pas parfaites, mais elles ont rapidement trouvé une utilisation: des cordes à sauter pour les enfants.
Je vous laisse regarder la petite vidéo qui vaut toutes les explications que je pourrais donner.
A bientôt.


Foins 2010 - 18 juillet 2010

Quand on raconte la vie d’une ferme on ne peut pas passer sous silence la période de la fenaison même si cela a été fait chaque année. Pour ceux qui ne savent pas, c’est en général sur juin et début juillet qu’il faut récolter et engranger dans les meilleures conditions possibles le fourrage qui servira à nourrir les animaux l’hiver à venir. Pour la plupart des gens habitant la campagne « faire les foins » évoque toujours un travail important pour la vie de la ferme, long, pénible qui demande beaucoup de main d’oeuvre. Il faut dire qu’avant la mécanisation que l’on connaît aujourd’hui et l’apparition des grosses balles rondes ou carrées, de l’enrubannage, les foins représentaient un sacré boulot dont une grande partie se faisait manuellement. (voir les foins année 80) Cette année les conditions météo ont été très favorables même si cela s’annonçait plutôt mal début juin. La récolte est maintenant finie dans toutes les exploitations ,toutefois il reste encore des balles rondes dans les prés.


NB les photos sont cliquables pour agrandir

L’avantage, avec ces grosse balles, c’est qu’elles ne craignent pas trop la pluie ( leur forme fait effet toit de chaume) et peuvent rester sur le terrain un certain temps; cela permet d’étaler le travail dans le temps.
Les surfaces à faucher sont de plus en plus importantes chez chacun mais le matériel a évolué. Depuis quelques années c’est la course au gigantisme et les machines énormes et performantes permettent de réduire énormément le temps de travail. Si le beau temps et la chaleur sont de la partie, comme cette année, pour beaucoup la fenaison n’est qu’une question de jours. Aujourd’hui beaucoup voudraient « avoir fini avant d’avoir commencé ». Enfin, il faut voir le prix de revient.
Pour ma part, les foins se sont déroulés bien calmement; 17 hectares,ce n’est pas la mer à boire.J’ai été surpris par la quantité car fin mai l’herbe ne semblait pas vouloir pousser malgré l’ épandage d’engrais.Tout est terminé depuis une semaine. Des petites pannes m’ont un peu retardé mais rien de grave. J’ai quand même dû emprunter une faneuse à un voisin sympa pour terminer. J’ai juste eu un peu d’aide le dernier jour. Mon beau-frère Alain est venu « mettre en roules » (andainer).


C’est pour stocker les balles dans les fenils des vieux bâtiments que j’ai le plus de mal. Mais là aussi j’ai eu de l’aide de gars costauds et en deux matinées et les greniers ont été rapidement comblés.
Je peux donc attendre sereinement l’hiver.

A bientôt.

Coup d’oeil dans le rétro - 18 juin 2010

Il me restait 15 balles rondes de paille stockées sous le hangar du Murger. Les souris ont coupé les ficelles et 12 n’étaient pas transportables. Il fallait bien faire quelque chose de ce tas de paille en vrac. Refaire des balles rondes n’était pas facile à cause de la place restreinte sous le hangar. J’ai donc pensé à faire des petites bottes de moyenne densité. La presse ancienne est plus pratique à faire fonctionner en statique. Et puis c’est toujours bon d’avoir des petites bottes sous la main. Elles sont bien utiles quand on élève des petits animaux comme les volailles, les chèvres, ou soutenir pendant la tétée un veau qui ne se tient pas encore debout seul.
Les presses à moyenne densité (c’est comme çà qu’on les appelle) en état de marche sont maintenant bien rares dans la région.. Il y a belle lurette que toutes les exploitations agricoles sont passées à la balle ronde et même à la grosse balle carrée. J’ ai quand même trouvé l’oiseau rare chez un cousin. C’est une presse Renault, fabriquée par Claas, semblable à celle que j’ai utilisé pendant longtemps dans les années 60 et 70
Comme elle n’avait pas « tourné » depuis 2 ans j’ai du graisser, huiler les organes mobiles et dégripper certaines pièces du système de liage. J’ai été surpris de la facilité avec laquelle j’ai retrouvé les gestes d’entretien, l’emplacement des graisseurs, les chaines et pignons à lubrifier, le réglage de la grosseur et du serrage des bottes.
Arrivé sur place, je dépile les balles informes,les déroule grossièrement et mets la paille à la fourche dans la veille presse. Le début est un peu difficile. Le célèbre noueur Claas a des ratés. Les premières bottes sont mal liées, les noeuds ne tiennent pas; il faut repasser la paille une fois de plus dans l’engin. C’est un peu décourageant. Puis après une pulvérisation de lubrifiant aux endroits stratégiques tout s’arrange. Le piston vorace avale bien la paille poussée par les bras ameneurs et les petites bottes bien faites sortent de la presse.
Touène, qui avait appris ce que je faisais n’a pu s’empêcher de venir voir et bien sur me prêter main forte. Cela lui a rappelé son jeune temps, quand il travaillait dans les fermes. Il n’était pas peu fier de »faire le char »: empiler au mieux les bottes que le lui passais sur la remorque. C’est tout un art d’empiler les bottes, en faire croiser chaque rang, monter les cotés bien verticaux. Le chargement doit pouvoir être transporté sans encombres, sans s’écrouler au moindre chaos ou à la moindre déclivité. Là cela ne risquait pas d’arriver, le « char » n’était pas très haut.

Je profite de ce billet pour vous faire connaître un nouveau site mis en ligne à la demande de la profession pour promouvoir le boeuf trop souvent décrié. On y parle du boeuf dans son milieu, de biodiversité, de campagne, et de viande bien sûr. Vous y retrouverez des blogs d’éleveurs dont le mien. Cliquez sur leboeufbonparnature.com

A bientôt

Derniers vêlages laborieux - 23 mai 2010

Alors que côté vêlage ça ne s’était pas trop mal passé pendant l’hiver, les dernières naissances m’ont donné bien du souci.
Déjà il faut surveiller étroitement les vaches au pré; ce n’est pas si facile qu’à l’écurie où on les a en permanence sous les yeux et qu’on peut les toucher.
Il faut les ramener à l’écurie dès que l’on pense que la mise-bas approche. Pour cela j’ai une technique imparable; Tous les jours, matin et soir je distribue une toute petite quantité de farine dans une auge à l’intérieur du parc. Même pas la peine d’appeler les gourmandes, le bruit du moulin suffit à les faire venir manger leur friandise. Elle ne se méfient pas lorsque je ferme la barrière sur elles.
25 avril : Césarienne. Le veau n’est pas exceptionnel mais trop gros pour la vache. Même avec le véto on n’a pas pu le sortir naturellement. La césarienne est un acte courant mais qui coûte 210 euros quand même.Tout a bien marché jusqu’au jusqu’au 13 mai où j’ai trouvé le veau crevé, juste après avoir tété,certainement d’un crise cardiaque
26 avril: j’aide une vache à mettre-bas, aide facile comme on dit. Seulement le veau est légèrement handicapé des pattes avant. Il marche sur les boulets (voir photo), pieds repliés. Cela a duré plusieurs jours. D’abord un pied est revenu normal. J’étais prêt à faire plâtrer l’autre mais j’ai mis le veau au pré et tout est rentré dans l’ordre.
27 avril/ Nouveau vêlage. Le veau, une femelle s’engage bien, avec une légère traction, mais reste bloquée aux hanches. Bloquée pour de bon. Après avoir tout essayé je décide de tirer, fort ,très fort., conjuguant mes tractions avec les efforts de poussée de la vache qui met pourtant du sien. Le veau finit par sortir mais le lendemain je ne peux que constater que le veau, une mulotte, a la cuisse démolie. Je lui fais une attèle qu’un rebouteux m’avait enseigné il y a bien longtemps: un collier autour du cou, un petit collier au pied, un sandow qui relie les deux. Ce dernier empêche la patte de partir en arrière et la ramène automatiquement vers l’avant si le veau veut marcher. Ce dispositif m’ a sauvé bien des veaux mais celle ci est trop atteinte. Elle va finir en veau de boucherie. J’ai pourtant eu un sacré boulot pour la faire téter jusqu’à temps qu’elle puisse se mettre debout.
5 mai: en fin de soirée une génisse attardée commence à avoir des contractions. Elle va me tenir éveillé une bonne partie de la nuit car ce n’est que vers 4 h du matin que je peux la fouiller. Le veau de taille normale se présente le « cul le premier » en fait les pattes arrière les les premières, et sur une génisse, ça ne pardonne pas,je suis bon pour la césarienne. D’ailleurs je n’attends pas le véto pour tout préparer.Je n’avais encore jamais vu un veau sortir de cette manière. C’est très spectaculaire. Quand il est léché et sec j’essaie de le faire téter mais il ne se tient pas debout. Ses jarrets en position étendue dans le ventre de la vache sont droits, voire pliés en sens contraire. C’est du travail pour le faire téter pendant plusieurs jours. En général les pattes reprennent un forme normale au bout de quelque temps. Là encore c’est au pré que tout va s’arranger.
16 mai- 21 mai. La, c’est une autre histoire. On devait partir dans le midi chez les enfants pendant le week-end de l’ascension. Mais quelques jours avant 2 vaches commencent à présenter les symptômes d’un vêlage imminent. Je décide d’annuler le voyage. Pour rien en fait car la 1ère va vêler 2 jours après la date de retour prévue et l’autre 6 jours . C’est rageant mais ce n’est pas une science exacte et je ne voulais pas prendre le risque. Le voyage aurait pu me coûter cher. Surtout qu’il fallait être là; une s’est relevée alors que le veau était à moitié sorti. Pas facile d’installer la vêleuse avec le veau hurlant pendu au cul de la vache qui remue dans tout les sens cherchant le veau qu’elle croit né. La seconde n’a pas voulu se coucher. Quand j’ai vu qu’elle allait expulser le veau en position debout, que la tête sortait, j’ai vite mis la vêleuse pour aider et heureusement car ce n’était pas un petit et j’ai du tirer fort. Pour couronner le tout,ces 2 derniers faits ne sont pas très futés et n’arrivent pas encore à se nourrir seuls
Aujourd’hui, dimanche de Pentecôte après midi, devinez quoi? encore une césarienne Après-midi foutu pour la sortie prévue
Quand je vous dis qu’on ne fait pas un métier facile!
A bientôt.

Retour au pré - 2 mai 2010


Avril ne te découvre pas d’un fil,mai va comme il te plaît. A part que cette année avril a ressemblé plus à un mois d’été qu’à une fin d’hiver. Cela m’a permis de réaliser une mise au pré idéale pour tous les animaux qui étaient encore à l’étable.
Les vaches avec leurs jeunes veaux ont trouvé des conditions exceptionnelles à leur sortie, sur des prés bien ressuyés où l’herbe commençait à pousser. Des gelées blanches ont cependant persisté jusqu’ à la dernière semaine, pas trop gênantes mais limitant la pousse. Pour moi ce n’est pas plus mal. Les vaches ne trouvant pas une herbe abondante n’ont pas beaucoup de lait. Ainsi les jeunes veaux ( les 1ers ne sont nés qu’en février ) ne se trouvent pas confrontés à des pis gorgés de lait très riche, trop abondant pour eux, juste bon à déclencher des diarrhées et des problèmes digestifs. Malgré la fraîcheur matinale et le vent du nord les petits veaux ont bien débuté leur vie à l’extérieur. Pas de congestion intestinale,ballonnement, coliques, coup de froid, etc comme je l’ai souvent connu lors de mauvais printemps.
Avec ce beau temps persistant j’ai bien pu prendre mon temps pour lâcher, une petite semaine. Avant de les dispatcher sur les prés qui donnent sur la cour de la ferme, j’ai pu prendre le temps de passer chaque « paquet » par les parcs. J’ai pu employer le temps qu’il fallait pour que chaque veau s’accoutume à l’ambiance extérieure, reconnaisse sa mère, retrouve le pis . Quand tout semblait ok j’ ouvrais la barrière et le résultat a été assez positif . Un seul veau est resté bloqué à la barrière mais sa mère est revenue le chercher le soir. Procéder ainsi évite bien de la fatigue et de l’énervement.
Pour aller dans les prés plus éloignés, c’est en remorque que les animaux ont fait le voyage: 3 veaux dans le compartiment avant, les vaches à l‘arrière. Pour les faire monter dans la bétaillère j’ai eu besoin de l’aide de Chantal. Arrivé dans le pré j’ouvre les portes, tous descendent et là, la reconnaissance vache-veau est parfois plus délicate. En général cela s’arrange dans la journée.
Parfois un veau craintif et désorienté ne retrouve pas sa mère et lors de ma visite du soir je le retrouve affamé, gueulant à la recherche de sa mère. Souvent il vient à mon devant chercher du secours auprès de moi. Alors je tente de le conduire vers sa vache et si celle-ci ne me fuit pas, j’essaie de le guider vers la zone du pis. Il reconnaît les odeurs qui lui sont familières et c’est gagné; il se met tout de suite à téter. Si un plus dégourdi est passé avant il boit ce qui reste et ne quitte plus sa mère. Désormais il va faire attention, c’est l’apprentissage de la vie.
Je n’ai eu que 2 retours à l’étable. Un veau que j’avais mis au pré plus tôt, début avril a été atteint de coccidiose. Des bactéries détruisent l’intérieur des intestins ce qui se traduit par une diarrhée très sanguinolente, mortelle si elle n’est pas soignée à temps. Après soins adaptés, le veau ,costaud, a été vite remis. Du coup j’ai fait un traitement préventif à tous les autres en plus du déparasitage habituel d’avant mise au pré: poux et vers de toute sorte
j’ai du ramener une vache qui souffrait terriblement du pis. Sous l’action conjuguée du soleil, du vent, et de la bave du veau, deux des quatre trayons déjà très gros d’avance se sont enflammés, craquelés. Ils lui faisaient tellement mal qu’elle se couchait pour empêcher le veau de téter. Même à l’écurie j’ai du me fâcher, l’ attacher fermement et lui mettre la « mouchette » (instrument de contention que l’on met dans les naseaux) pour permettre au veau de téter et dégonfler les tétines Une semaine d’écurie, d’application de pommade et tout est rentré dans l’ordre.
A l’heure actuelle il ne reste plus que 3 vaches qui viennent de vêler et je ne vais pas tarder à les sortir, mais 4 autres vont venir les remplacer car le moment du vêlage s’approche.Je préfère les avoir sous la main pour les surveiller et intervenir au besoin.

A bientôt.

Le Vent de la messe des Rameaux - 29 mars 2010


L’équinoxe de printemps vient de passer, L’hiver est derrière nous. Mais ce n’est pas pour tout ça que nous connaissons le beau temps. Aujourd’hui c’est dimanche des rameaux; les gens de la campagne, les anciens tout au moins regardent dans quelle direction souffle le vent; certains disent même qu’il faut regarder pendant la messe des rameaux. En général ce sera le vent dominant pour une bonne partie de l’année. Si cette croyance se justifie, 2010 ne devrait pas connaître la sécheresse car il a plu abondamment durant toute la matinée avec vent d’ouest – sud ouest. Normalement, une année humide est plus favorable pour l’agriculture mais je redoute toujours l’ excès d’eau. Les terres de Vernois n’aiment pas ça. On en reparle en fin d’année.
Depuis une quinzaine de jours j’ai pu commencer les travaux habituels de printemps
J’ai révisé et remis en état les clôtures électrifiées. Cette année elles n’étaient pas trop abîmées, même le long de la rivière qui n’a connu qu’une crue de petite importance. J’aime bien être prêt à mettre quelques animaux dehors dès les premiers jours de soleil: 2 ou 3 vaches par pré, une dizaine de jeunes sur 2 parcelles, 5 génisses de 2 ans sur une autre parcelles,les taureaux ailleurs, etc. Ainsi j’en ai déjà 35 au pré. Quand arrive le printemps je n’aime pas voir les animaux dans les bâtiments, j’ai l’impression qu’ils sont mal et ont trop envie de retrouver l’herbe. Le travail journalier se trouve allégé. Même si je dois alimenter les animaux lâchés, j’utilise bien moins de fourrage. Les stocks sont bas même après avoir acheté un chargement de foin.
L’azote est épandu sur les cultures ainsi qu’un engrais à base de chaux sur une partie du Grand Pré où la végétation traduit un excès d’ acidité. J’espère que cet amendement donnera un peu d’appétence à l’herbe et que les animaux laisseront moins de refus. J’ai fait appel comme depuis plusieurs années déjà à une entreprise pour faire ce travail. Cette fois c’était un quad tractant un semoir qui épand sur 24 m de large; C’est rapide, efficace et très spectaculaire. Les possibilités de franchissement de cet engin sont vraiment incroyables.
Entre 2 vêlages j’ai pu labourer et semer de l’avoine à Corfeuil. Il faisait très beau en début de semaine dernière, la terre s’est bien prêtée à ce semis. Au printemps je trouve toujours agréable de travailler cette parcelle qui domine la vallée de l »Arroux avec vue imprenable sur les collines du Morvan. Chantal a profité de ce moment privilégié pour m’apporter un pique-nique.
L’avoine est une céréale secondaire, mais très « rafraîchissante »pour les bovins et stimulante voire excitante. En fin d’hiver je trouve qu’elle tient les vaches en bonne forme et facilite le retour en chaleur. D’ailleurs sur les génisses je n’ai jamais eu recours au groupage de chaleurs par hormones. Une bonne cure d’avoine début avril permettait de voir une bande de 12 à 15 taures « demander les boeufs » (comme on dit) et être saillies en une dizaine de jours. J’en ai fait plusieurs fois l’expérience.
Les vêlages ne sont pas encore terminés. Je n’ai que les 2/3 des veaux qui sont nés. D’après le vétérinaire que je n’ai d’ailleurs guère vu cet hiver, ce retard dans les naissances est assez général dans la région. Il attribue cela à la vaccination FCO de ces dernières années. Le vaccin a peut-être troublé la fécondation et la gestation.
Même si mon travail est allégé dans l’ensemble, je me trouve encore bien occupé

A bientôt

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  • Bernard
    Bienvenue sur
    Journal d'une ferme
    en Bourgogne

    Je voudrais à travers ce blog vous faire partager simplement la vie dans une ferme d’élevage charollais traditionnel dans notre belle région du Sud Morvan.

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